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Voter ? Une question de respect et de cohérence pour le bien commun

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Norbert Grisay / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Affiches de campagne pour les élections régionales du 20 et 27 juin 2021.

Père Pierre Vivarès - Publié le 18/06/21

Les Français sont appelés aux urnes ce dimanche 20 juin pour les élections régionales et départementales. Les élections sont le lieu où nous pouvons dire que nous nous sentons concernés par le bien commun, par la vie de la nation, par les décisions prises pour tous.

Il semblerait que nous votions dimanche prochain pour les régionales et les départementales. Entre l’euro de football et la Covid, la fin du port du masque en extérieur et l’arrêt du couvre-feu, cette élection ne déchaîne pas les passions. Il faut dire que le découpage des régions françaises est d’une telle incohérence géographique et historique que beaucoup ne se sentent pas ou plus concernés. J’aurais bien proposé à l’État qu’il copie sur les quinze provinces ecclésiastiques françaises qui me semblent bien plus logiques mais certains auraient encore hurlé le mot « laïcité ». Que l’Église puisse dire quelque chose sur la vie de la Nation et ses lois est une sorte de Godwin point infranchissable. 

Ce que disent les chrétiens

Il faut dire que nous sommes un peu trop lucides sur les régimes et la façon de gouverner les peuples et l’on nous fait payer la dénonciation de l’idolâtrie républicaine. Depuis l’Ancien Testament, le croyant regarde rois et juges, princes et gouverneurs, présidents et assemblées avec le respect qui leur est dû tout en se rappelant qu’ils n’auraient aucun pouvoir s’ils ne l’avaient reçu d’en haut (Jn 19, 11). On me répondra que c’est par la volonté du peuple que dans une démocratie les mandats sont reçus. Le fait qu’une majorité puisse avoir raison pour choisir ce qui est bon et l’imposer aux autres m’a toujours laissé perplexe mais comme disait Churchill, « la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes ». 

Nous voyons passer les Républiques, les unes après les autres, comme nous regardions passer les monarques de l’Ancien Régime, les uns après les autres. Nous regardons aussi passer les élus et, avec la meilleure volonté du monde, nous essayons de travailler avec eux pour le bien commun, du moins avec ceux assez intelligents pour reconnaître que nous connaissons le peuple, bien mieux qu’eux-mêmes parfois, que nous voulons son bien et ne sommes pas là pour défendre des intérêts particuliers mais la dignité de la personne humaine : certains l’entendent, d’autres non, tant pis !

Le difficile service du bien commun

Cependant c’est cette notion de bien commun qui me paraît en ce moment très fragile et c’est peut-être la raison pour laquelle les élections sont de plus en plus délaissées. D’un côté certains votent pour défendre des intérêts partisans, communautaristes, et d’un autre certains ne votent plus car ils se désintéressent du bien commun. Quelle place reste-t-il pour ceux qui voudraient construire l’articulation entre les légitimes besoins personnels de l’individu et la marche générale de la nation dans le respect de tous, grâce justement au fait politique qui est au service de cette articulation ? 

Je suis extrêmement peiné lorsque je me promène et que je regarde les panneaux électoraux dans les rues. Les affiches des candidats avec leur slogan sont systématiquement gribouillées voire le lieu d’insultes grossières. Ce manque de respect pour les personnes et pour leur engagement est le signe du mépris pour le fait politique et le service du bien commun qu’il représente. De même que j’étais choqué de la réaction de certains qui trouvaient que mettre une claque au président de la République n’était pas si grave. Jusqu’où irons-nous dans le mépris, l’insulte, le rejet, l’agression ? Ceux qui servent savent à quel point il est difficile de servir et le plus élémentaire respect devrait être le premier des salaires de ce service. La bêtise rejoint l’ignorance chez beaucoup et ce sont souvent les mêmes qui hurleront pour que leurs droits soient respectés alors qu’ils n’auront pas levé du petit doigt les seuls devoirs que la vie commune exigeait d’eux.

Une question de respect

Les élections, avec leurs jeux, leurs grimaces, la distance qu’elles créent entre élus et peuple et toutes leurs imperfections peuvent être décriées, c’est certain. Mais elles sont le lieu où nous pouvons dire, quand bien même notre vote est blanc ou nul, que nous nous sentons concernés par le bien commun, par la vie de la nation, par les décisions prises pour tous. Il ne servira à rien d’aller manifester ensuite dans la rue contre untel ou unetelle ou contre tel ou tel projet de loi si nous n’avons pas d’abord eu le plus élémentaire respect en nous déplaçant pour signifier aux candidats que leur engagement et leur travail comptent pour nous. Un chrétien ne peut se dispenser de ses devoirs nationaux comme il ne peut se dispenser de ses devoirs domestiques. C’est une question de cohérence et de vocation car le lieu et les temps dans lesquels nous sommes nés et vivons sont aussi une vocation reçue de Dieu. 

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