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Exacerbé par le Covid-19, l’inquiétant recul de la liberté religieuse dans le monde

MOHAMMED ABED

Agnès Pinard Legry - Publié le 20/04/21

La liberté religieuse a encore régressé dans le monde entre 2018 et 2020, révèle le très attendu rapport annuel sur la liberté religieuse de l’Aide à l’Église en détresse (AED). Une régression qui trouve, entre autres, son origine dans la pandémie de Covid-19 dont les chrétiens sont bien souvent les premières victimes.

C’est un niveau encore jamais atteint. Le rapport 2021 de l’Aide à l’Église en détresse (AED) sur la liberté religieuse dénonce de profondes violations de la liberté religieuse dans 62 pays du monde parmi les 196 étudiés. Cela représente un pays sur trois contre un sur cinq lors de la précédente édition de 2018. Plus de la moitié de ces pays sont en Afrique (Mozambique, Burkina Faso…). À noter que les deux tiers de la population mondiale vivent dans ces 62 pays. « Nous pouvons constater combien l’imagination humaine semble sans limite, hélas, pour faire obstacle à la liberté religieuse », regrette Benoît de Blanpré, directeur de l’AED. « L’actualité nous rapporte sans cesse tous ces lieux dans le monde où vivre et exprimer sa foi représente une menace ».

Des « califats » transcontinentaux

Dans cette flambée d’atteinte à la liberté religieuse, trois tendances se dégagent. La première est « a volonté des réseaux djihadistes transnationaux de constituer des « califats » transcontinentaux », explique l’AED. Leur terrain de prédilection ? La bande sahélienne (Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad). « La situation en Afrique est particulièrement préoccupante », alerte le directeur de l’AED. L’État islamique et Al-Qaïda s’y associent aux milices armées locales et les radicalisent davantage « afin d’établir des « provinces du califat » transcontinentales, grâce à des appuis idéologiques et matériels au Proche-Orient », explique la fondation. En parallèle, un « cyber-califat » puissant accroît son recrutement en ligne, en Occident.

La deuxième tendance tient au contexte sanitaire. La pandémie de Covid-19 est venue aggraver la situation déjà délicate des minorités religieuses. « Les préjugés sociétaux préexistants à l’encontre des minorités religieuses s’exacerbent. Accusées de tous les maux, dont la pandémie de Covid-19, ces minorités subissent une discrimination accrue, par exemple sous la forme d’un refus d’accès à l’aide alimentaire et médicale », détaille l’AED. De l’Inde au Yémen, jusqu’en Afrique de l’Ouest, de nombreux chrétiens ont été exclus de l’aide humanitaire distribuée par leur gouvernement. En Chine, le coronavirus a généré encore plus de surveillance de la part du régime envers les églises. En Somalie, la milice islamiste Al-Shabaab a diffusé des messages comme quoi le Covid-19 était propagé par « les forces croisées (les chrétiens, ndlr) qui ont envahi le pays ». Au Pakistan, des organisations caritatives musulmanes ont refusé aux chrétiens et à d’autres groupes minoritaires l’accès à l’aide alimentaire et médicale. Plusieurs groupes islamistes n’ont pas hésité sur Internet, à « décrire la pandémie comme une punition de Dieu pour l’occident décadent », souligne encore Benoît de Blanpré.

Connaître la réalité de ces persécutions et en comprendre les enjeux est un premier pas essentiel.

La montée d’un suprématisme ethnoreligieux populiste, troisième tendance, devient une cause majeure de discriminations envers les minorités religieuses, plus particulièrement en Asie, dans des pays à majorité hindoue ou bouddhiste, comme en Inde ou au Sri Lanka. Ce mouvement de fond, populaire, encouragé par les gouvernements et les chefs religieux, « a augmenté l’oppression des minorités religieuses, considérées comme des citoyens de seconde classe », dénonce encore l’AED. Si les pays et contextes évoqués apparaissent souvent très éloignés des pays occidentaux, « ces situations nous concernent puisqu’il s’agit d’une entrave à un droit humain fondamental, celui de la liberté de croire », reprend Benoît de Blanpré. « Nous ne pouvons donc pas fermer les yeux face à de tels agissements. La liberté religieuse est un bien précieux et il est de notre devoir de nous informer, de nous lever et de nous engager pour la défendre. »

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