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Le chemin de croix bouleversant d’une femme médecin

BURGER / Phanie / Phanie via AFP

Bérengère Dommaigné - Publié le 01/04/21

Neurologue à l’hôpital de Saint-Dizier (Haute-Marne), Sophie M. a imaginé avec le père Loïc de Clock, du diocèse de Langres, un chemin de croix accompagné de réflexions sur son quotidien de médecin hospitalier en pleine pandémie.

« Médecin à l’hôpital de Saint-Dizier, je me suis tout naturellement retrouvée au front dans le service où sont hospitalisées les personnes atteintes par le coronavirus », raconte avec simplicité Sophie M, neurologue qui travaille à l’hôpital de Saint-Dizier (Haute Marne). « Dès le début de mon engagement sur ce champ de bataille, je me suis attelée à l’écriture d’un texte que j’ai intitulé « Corona Virus: journal d’un petit soldat », pour recueillir au fil des jours, intégrer, garder trace, partager ». 

Lors du premier confinement au printemps 2020, Sophie M., qui écrit la nuit, malgré la fatigue des journées éreintantes, envoie ses textes par mail à ses amis, proches et connaissances. Tous sont bouleversés par son témoignage et le quotidien qu’elle décrit si bien. Parmi ses lecteurs se trouve le père Loïc de Clock, du diocèse de Langres. Il a alors l’intuition que ce texte pourrait toucher bien au-delà de ce premier cercle de fidèles.

Car les textes de Sophie M. trouvent une parfaite résonance avec la Semaine sainte et le chemin de croix à venir. « Tout ce que nous vivons depuis le début du confinement est complètement inédit. La Semaine sainte de cette année, pour les chrétiens du monde entier, n’échappe pas à la règle ! », constate ainsi le père Loïc. « Sophie nous emmène avec elle, «au front», pour combattre le mal et rencontrer Jésus qui est là, et qui souffre avec le malade, qui pleure avec la famille endeuillée, qui entraîne son amie jusqu’à risquer sa vie pour son prochain ». 

Extrait station V :  Simon de Cyrène 

Émotion, étonnement émerveillé devant la mobilisation des collègues. Notre première réunion de guerre vendredi soir m’a fait mesurer combien tous nous étions solidaires, au-delà de ce que j’imaginais possible. Impressionnée par la mise à disposition spontanée de médecins qui ne sont pas du service et avec lesquels nous n’avions jusque-là collaboré que de loin. Impressionnée par la façon dont chacun, prenant la mesure et l’urgence de la situation, accepte de revoir complètement ses organisations, ses priorités, et fait passer le combat commun devant ses préoccupations personnelles pourtant tellement légitimes. Impressionnée par le courage de notre petite troupe, mais aussi des infirmiers et aides-soignants qui sont au front. Face à un danger réel pour nous. Un réanimateur de 46 ans est mort aujourd’hui en Alsace : nos belles santés ne sont pas un bouclier invincible. Et à ce jour la disponibilité de matériel de protection dans notre hôpital n’est pas vraiment suffisante. Pour moi, je me sens bien petite. J’y vais à reculons, mais pourtant je me sens saisie par cette vague de solidarité et de courage. Je disais aux autres ce soir: «il faut que nous nous préparions à mourir». Je sens que c’est vrai, il est possible que l’un ou l’autre d’entre nous meure dans cette affaire. J’étais très tranquille en disant ça. Je sais que la prière des amis est active et puissante. Et je ressens moi-même une telle émotion quand je vois ce courage des acteurs de santé que nous sommes et aussi, comme en pendant, quand je reçois des messages de soutien, que je me sens portée, protégée. Sinon de la mort, en tout cas de l’angoisse. A la fois poussée en avant et bien ancrée.

Sophie M. et le père Loïc élaborent ainsi lors du premier confinement un chemin de croix complet. La première sélectionne ses textes pour correspondre à chacune des quatorze stations tandis que le second choisit prières et chants. Résultat, un chemin de croix bouleversant dont les fruits dépasseront le diocèse de Langres.

Pour cette Semaine sainte, le voici à nouveau à disposition de tous ceux qui voudraient le méditer. “Je ne retiens rien, car rien de tout cela ne m’appartient : ni mon histoire, ni mes dons, ni ce chemin de croix, ni rien d’autre… puisque j’ai tout reçu”. Pour découvrir ce très beau chemin de croix, et le témoignage exceptionnel d’une femme médecin en pleine pandémie, vous pouvez télécharger son chemin de croix en pdf.

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