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L’harmonie spirituelle qui unit le pape François et Benoît XVI

OSSERVATORE ROMANO / AFP
Le pape François et le pape émérite Benoît XVI, le 23 décembre 2013.
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Le cardinal secrétaire d’État du Saint-Siège, Pietro Parolin, souligne dans une préface au livre intitulé « Una sola Chiesa » – « Une seule Église », « l’harmonie spirituelle » qui existe entre le pape François et le pape émérite Benoît XVI.

« Une seule Église ». Cet ouvrage au titre limpide paru aux éditions Rizzoli le 1er septembre cite en les juxtaposant des extraits des catéchèses et des déclarations des deux papes successifs, de façon à en montrer la convergence fondamentale. Dans un texte préliminaire, le cardinal Parolin, aux côtés du Saint-Père à la secrétairerie d’État depuis octobre 2013, affirme qu’il existe une profonde harmonie entre le pontife actuel et son prédécesseur Benoît XVI, au-delà de la « diversité de leur style de communication » dans le domaine pastoral. Il y voit donc une « naturelle continuité du magistère pontifical ».

« Nouveau dans la continuité »

La couverture du livre montre clairement la communion entre les deux hommes, présentés en se tenant les mains l’un en face de l’autre, sous le titre complet Papa Francesco – Benedetto XVI Papa emerito – Una sola Chiesa. Le cardinal Parolin considère que « la formule utilisée par Benoît XVI pour définir la contribution du concile Vatican II à la vie de l’Église, « nouveau dans la continuité », peut être étendue à l’action de chaque pontife par rapport à celle de ses prédécesseurs. » Dans le cas du pape François, il observe que « la nouveauté et la continuité ont un trait unique : la présence d’un pape émérite à côté de son successeur ». Au cours de ces années, « les fidèles ont pu constater non seulement les particularités des styles théologiques et pastoraux dans l’interprétation du Magistère lui-même, mais aussi une profonde affection entre les deux papes », qui a entraîné une « proximité intime et profonde ».

Benoît XVI avait déclaré à François en 2016 : « Votre bonté est le lieu où je vis et me sens protégé… » En 2018, le pape émérite avait dénoncé comme un « préjugé insensé » la lubie de ceux qui voient « la figure du pape François comme opposée à la mienne ». Il évoquait au contraire « une continuité intérieure entre les deux pontificats, même avec toutes les différences de style et de tempérament ».

Le cardinal Parolin remarque aussi que « la consonance spirituelle des deux papes et la diversité de leur style de communication multiplient les perspectives et enrichissent l’expérience des lecteurs, non seulement les fidèles, mais tous les peuples qui, dans une ère de crise et d’incertitude, reconnaissent dans l’Église une voix capable de parler aux besoins et aux aspirations de l’homme ».

Les liens fraternels anciens de Jorge Bergoglio et Josef Ratzinger

Lors du conclave de 2005 qui avait élu Benoît XVI comme successeur de Jean Paul II, le cardinal Jorge Bergoglio avait déjà recueilli un nombre non négligeable de voix, mais il s’était effacé, souhaitant qu’on ne tienne plus compte de cette tendance, pour ne pas gêner la trajectoire ascendante du cardinal Ratzinger vers le siège de Pierre. Dès 2005, à peine élu pape, Benoît XVI avait réuni quatre cardinaux latino-américains, parmi lesquels le futur pape François, pour préparer la conférence épiscopale d’Aparecida, où le cardinal Bergoglio s’est affirmé comme un leader pour l’Église de ce continent de l’hémisphère sud.

En 2007, Benoît XVI avait encouragé le cardinal Bergoglio à s’engager à la tête de la Conférence épiscopale d’Amérique latine, à l’occasion de cette rencontre historique d’Aparecida. Présent à l’ouverture de l’assemblée, le pape s’était déclaré « convaincu que l’avenir de l’Église catholique — au moins en partie, mais une partie fondamentale — sera décidé ici ». Jorge Bergoglio a été élu président de la commission de rédaction du document final de cette rencontre. Ensuite, Benoît XVI a plusieurs fois rendu hommage à son travail, en citant le document d’Aparecida.

Le choix providentiel des JMJ de Rio de Janeiro

Et en 2013, c’est de Benoît XVI que le pape François va hériter du choix providentiel des JMJ de Rio de Janeiro, dans cette Amérique latine dont il est un des leaders ecclésiaux, lui, le jésuite de spiritualité franciscaine, aux côtés du cardinal franciscain du Brésil Claudio Hummes. Nommé par Jean Paul II évêque auxiliaire puis archevêque de Buenos Aires en 1992 puis en 1997, Jorge Bergoglio a succédé en 2013 à Benoît XVI, qui avait été de 1982 à 2005 à Rome le principal collaborateur de ce pape polonais.

Jean-Paul II aura été le premier pape non italien depuis plusieurs siècles, l’Allemand Benoît XVI étant le second… Lors de son bref pontificat, Jean Paul Ier l’avait envoyé, alors qu’il était le jeune cardinal Ratzinger, comme légat à un congrès marial… en Amérique latine. Une occasion pour lui de s’informer sur les données de la « théologie de la libération »… Son successeur François, le Latino-Américain « venu du bout du monde », aura été le premier pape non européen. Ses origines italiennes et son intérêt pour le théologien bavarois Romano Guardini, dont il est allé étudier l’œuvre en Allemagne, l’ont toutefois rapproché de cette Europe qui le reçoit à Rome, et de ce pape allemand qui l’a précédé. Dieu écrit droit avec des lignes courbes et pose des jalons, qui permettent l’amitié et la compréhension fraternelles, passant bien au-dessus de tous les fossés entre les hommes. Ainsi, comme il avait rapproché autrefois Paul VI de Jean XXIII, et le futur Jean Paul II de Paul VI, puis le futur Benoît XVI de Jean Paul II, il a rapproché le pape François de Benoît XVI. Pour le bien de l’Église et des hommes.

Rizzoli

Une sola chiesa, préface du cardinal Parolin, Rizzoli, septembre 2020.