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Cinq bonnes raisons de lire François Mauriac aujourd’hui

MALAGAR
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Nous fêtons aujourd’hui les cinquante ans de la mort de François Mauriac. À cette occasion, Aleteia vous donne 5 raisons de lire François Mauriac aujourd’hui !

Au début du XXe siècle, un renouveau catholique très puissant a atteint les lettres françaises. Henri Quantin évoque ainsi dans son ouvrage De Verbe et de Chair comment un grand nombre d’écrivains se sont mis au service du Verbe divin, tels que Péguy, Bernanos, Bloy ou Claudel, pour « faire résonner leurs voix si souvent prophétiques ».

François Mauriac en revanche ne fait pas partie des figures retenues. Il est vrai qu’il répugnait à prendre le rôle du prophète. Si les auteurs précédemment cités évoquent la figure d’un saint Jean-Baptiste lançant des imprécations contre le monde moderne, Mauriac a une attitude différente…qui mérite d’être découverte ! Nous vous proposons ainsi 5 bonnes raisons de lire François Mauriac.

1
C'est le seul écrivain du renouveau catholique à avoir obtenu le prix Nobel

Lorsque François Mauriac a reçu le prix Nobel de littérature, Claudel a eu cette réaction : « Quand je pense qu’on donne ce prix international à un romancier régionaliste ». Malgré cette pique, Mauriac aura toujours un très grand respect pour Claudel et pour son œuvre, qu’il situera toujours bien au dessus de la sienne. Ni Claudel cependant, ni Bernanos ou Péguy n’ont obtenu ce couronnement.

Cela ne signifie pas bien sûr que l’œuvre de Mauriac est supérieure à celle-ci. Elle a cependant une différence qui a certainement retenu l’attention du jury, c’est son caractère non dogmatique, ouvert au doute, au drame et à la grâce, au trouble et au salut, dans un enracinement spirituel profond. Ils ont retenu ainsi « la profonde imprégnation spirituelle et l’intensité artistique avec laquelle ses romans ont pénétré le drame de la vie humaine ».

2
C'est un poète intemporel et un grand styliste

Mauriac se considérait d’abord comme un poète. Il a débuté comme poète : ses deux premiers ouvrages publiés, Les mains jointes et L’adieu à l’adolescence, étaient tous les deux des recueils de poésie.C’est également comme poète qu’il a été mis en avant par Maurice Barrès et a acquis sa première renommée.

C’est la poésie qui irrigue toute l’œuvre et permet de comprendre la puissance du style mauriacien. Sa phrase charnelle est reconnaissable et puise dans la chair et le sang, comme l’évoque le titre d’un de ses romans. Chaque page de roman est d’une densité incroyable. C’est ce style inoubliable qui certainement est la meilleure raison de lire Mauriac aujourd’hui.

3
Un témoin unique du long XXe siècle et des grandes crises qui l'ont traversé

Entre 1885 et 1970, Mauriac a connu, de l’affaire Dreyfus à mai 68 en passant par deux guerres mondiales, la guerre d’Espagne, la guerre d’Algérie, les grands événements du siècle. Dès les années 1920, il s’est impliqué dans tous ces événements en utilisant le journalisme comme moyen d’action. Il a toujours eu une attitude d’écrivain engagé.

Tous ses articles ont été repris dans des recueils au fil des années. On peut avec  eux parcourir la totalité du siècle sous l’œil de ce grand humaniste. Il a réagi aux principaux événements, aux grandes évolutions, et sa conscience ne l’a jamais fait errer. De son opposition au franquisme, puis son engagement dans la résistance, à son soutien envers le général de Gaulle, il n’a pas contrairement à de nombreux intellectuels de compromissions avec les totalitarismes fascistes ou communistes à se reprocher.

La collection Bouquins vient d’ailleurs de publier l’intégralité de ses célèbres blocs-notes en deux volumes, le premier allant de 1952 à 1962 et le second de 1963 à 1970

4
Un homme de dialogue avec les grandes figures intellectuelles du siècle

Mauriac a d’abord vu sa carrière lancée par Maurice Barrès. Il a fait la connaissance ensuite de l’œuvre et de la personne de Marcel Proust. Il s’est rapproché de la NRF avec un dialogue très important notamment avec André Gide. Il a également dans l’après-guerre dialogué avec Sartre et Camus.

Ainsi, Mauriac ne s’est pas contenté de dialoguer avec les seuls écrivains du renouveau catholique. Il s’est imprégné de toute la littérature contemporaine, de tous les penseurs, pour défendre au mieux la vocation chrétienne et sa mission de catholique dans le monde. Plonger dans sa correspondance permet ainsi de découvrir les grands débats de son temps et d’apprendre comment continuer à protéger la foi dans un nouveau contexte intellectuel.

5
Un grand critique du pharisaïsme, un danger qui guette toujours le catholicisme, comme toute religion

Un des romans les plus célèbres de Mauriac, La Pharisienne, raconte l’histoire de Brigitte Pian, une femme en quête de sainteté. Son souci de perfection morale et sa bonne conscience en font une femme terriblement autoritaire qui opprime tout son entourage. Elle tombe dans un pharisaïsme complet qui fait du catholicisme une pure morale ascétique. Elle perd toute bienveillance et fait oublier que Dieu est amour.

Le travers du pharisaïsme est l’un de ceux les plus condamnés par Jésus. C’est pourtant un danger qui guette sans cesse le catholicisme. Il revient dès que l’on oublie de mettre le Christ au centre de la foi et que l’on se concentre trop sur la perfection morale et non sur la prière. La religion devient la source d’un jugement permanent qui dégoûte de l’amour de Dieu. C’est donc l’ennemi numéro 1 de la foi catholique et lire Mauriac permet de se prémunir contre ce danger et d’en apercevoir les formes multiples.