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Corrèze : une immense chartreuse mise en vente

Agorastore
Vue d'ensemble de la Chartreuse Sainte-Marie du Glandier, à Beyssac (Corrèze).
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Mise en vente par la Ville de Paris à l’automne prochain, la Chartreuse Sainte-Marie du Glandier, à Beyssac (Corrèze) garde en mémoire une riche histoire monastique entamée il y a plus de huit siècles.

Un monastère gigantesque. Avec ses 16.000 mètres carrés de surface habitable la vente par la Mairie de Paris de la Chartreuse Sainte-Marie du Glandier, à Beyssac, ne passe pas inaperçue. Et c’est sans compter les 16,5 hectares de terrain qui s’ajoutent aux bâtiments. Cet ancien monastère pour hommes sera mis en vente par la Ville de Paris, qui en est propriétaire, du 5 au 7 octobre prochains, avec une mise à prix de 750.000 euros. Situé au milieu d’une forêt de chênes – d’où son nom –, ce lieu fondé en 1219 a une histoire riche. Quand Archambaud VI, vicomte de Comborn, fait construire le monastère qui accueillera immédiatement des moines chartreux, c’est pour expier un crime, dit la légende. On raconte en effet qu’il aurait tué un moine de l’abbaye de Tulle qui s’opposait à l’élection de l’un de ses neveux comme abbé. L’abbaye a vu passer des personnages illustres, comme Dom Jean Birelle, l’un de ses prieurs (XIVe siècle), mort en odeur de sainteté, et qui aurait été pressenti pour succéder au pape Clément VI.

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La Chartreuse Sainte-Marie du Glandier, à Beyssac (Corrèze).

Au fil des siècles, la chartreuse traverse la guerre de Cent Ans, les guerres de religions et subit les assauts des révolutionnaires, les moines trouvant plusieurs fois refuge dans le château voisin de Pompadour. Au début du XIXe siècle, elle est transformée en forge par un industriel, Charles Lafarge, mais celui-ci meurt empoisonné après avoir consommé un gâteau contenant de l’arsenic et sa femme est condamnée aux travaux forcés à perpétuité après un procès retentissant, ce qui donne aux lieux une aura un tant soit peu sulfureuse.

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La Chartreuse Sainte-Marie du Glandier, à Beyssac (Corrèze).

En 1860, les chartreux rachètent l’ancien couvent qui est alors en très mauvais état afin d’y rétablir la vie cartusienne et le lieu reprend son ancien nom, Locus beatae Mariae de Glanderio, qui signifie « Lieu de la bienheureuse Vierge Marie du Glandier ». Ils le reconstruisent en briques tout en respectant le plan traditionnel d’une chartreuse et installent l’électricité. En 1901, au moment de la Loi Waldeck Rousseau sur les congrégations, le monastère est fermé et ils en sont expulsés et le lieu devient propriété de l’État. Au cours de la Grande Guerre, il héberge des enfants belges réfugiés ; il sera ensuite transformé en sanatorium, puis en maison d’accueil pour enfants avec un handicap, et enfin en centre médico-social pour adultes dans les années 1980. Les bâtiments étant très isolés, l’établissement déménage et la chartreuse est donc mise en vente.