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À Lyon, l’émouvante messe de départ du cardinal Barbarin

CARDINAL BARBARIN, MESSE D4ADIEU 28 JUIN
JEFF PACHOUD / AFP
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Ce dimanche 28 juin, près de 400 personnes sont venues entourer le cardinal Philippe Barbarin pour sa dernière messe à Lyon. Une cérémonie à la fois « joyeuse et triste » pour les fidèles présents. Le cardinal quitte ainsi le diocèse après dix-huit années de présence pendant lesquelles il aura marqué les Lyonnais par son écoute et son action. Avant de partir, il les a invités à être des livres ouverts « pour que la parole de Dieu poursuive sa course ». Aleteia était sur place, reportage.

À cause des mesures sanitaires, les Lyonnais étaient un peu moins de 400 à pouvoir venir dire au revoir à leur archevêque, « alors que nous aurions pu être 10.000 sur la place Saint-Jean », indique en entrant dans la Primatiale Saint-Jean-Baptiste, un fidèle ému. Qu’importe, l’émotion était palpable pour ceux qui avaient reçu l’invitation les autorisant à entrer dans la cathédrale magnifiquement restaurée, où ils ont pris place masqués et espacés d’un mètre. Parmi les fidèles, quelques personnalités dans les premiers rangs, des politiques, des élus, l’épouse du préfet, des chefs d’entreprises, les deux avocats du cardinal mais également le grand rabbin de Lyon et le recteur de la mosquée de Villeurbanne que le cardinal a tout particulièrement salué lors de son rapide mot d’accueil.

B.B

Chose peu commune pour un diocèse, lors de la procession d’entrée des prêtres, ce sont deux crosses qui sont montées à l’autel, celle du cardinal et celle de Mgr Michel Dubost, l’administrateur apostolique du diocèse. Lors de son homélie sur l’ambon en albâtre venu d’Iran, le cardinal s’est attaché à rappeler l’importance de la prière et de la parole de Dieu.

Si je ne dois laisser qu’une seule parole ici, c’est que chaque chrétien soit un livre ouvert pour que la parole de Dieu poursuive sa course.

Il a confié avoir senti, tout au long des difficultés de ces derniers années dans sa mission d’archevêque, combien la prière des fidèles l’avait porté et soutenu. « Je savais que je n’étais pas seul »,  a-t-il souligné, avant d’ajouter en guise de conclusion, « si je ne dois laisser qu’une seule parole ici, c’est que chaque chrétien soit un livre ouvert pour que la parole de Dieu poursuive sa course ».

Lors de la prière universelle, le cardinal a tenu à rajouter deux intentions personnelles, l’une pour les victimes de la pédophilie à qui il a déjà demandé pardon, « ici même en 2016 », et une autre pour son successeur « le futur archevêque de Lyon « (sa nomination devrait être annoncée d’ici le 14 juillet, ndlr). Avant la bénédiction finale, le père Yves Baumgarten, vicaire général, qui avait un temps remplacé le cardinal à la tête du diocèse, est venu offrir comme cadeau d’adieu une très belle croix pectorale. Au moment de la passer au cou, le cardinal, la tête penchée, a laissé transparaitre son émotion, et une longue salve d’applaudissement et de « merci » s’est répandue dans toute la Primatiale, offrant ainsi un moment très émouvant et immortalisé par un fidèle.

À la sortie, les nombreux fidèles interrogés se disaient partagés entre la joie et la tristesse. « La messe était belle, lumineuse même avec cette primatiale rénovée, mais je suis triste de son départ », confie un quadragénaire à Aleteia . « Tous les vendredis soirs, nous étions sûrs de le trouver ici, il y disait la messe, nous accueillait et nous recevait si nous avions besoin de parler. C’était un vrai pasteur », confirme un autre fidèle. « Ce n’était pas tout à fait une messe qui lui ressemble, confie au bord des larmes Stéphanie, car il a toujours déplacé les foules lors des très nombreux événements qu’il a organisé en dix-huit ans ! » Néanmoins, pour tous, l’archevêque leur est apparu ému et serein, et d’une grande humilité. Attendu pour un baptême familial à Paris, le cardinal Barbarin s’est rapidement éclipsé, laissant sur le parvis de Saint-Jean des Lyonnais heureux malgré tout d’avoir pu lui dire « au revoir et merci cardinal ».