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Reprise des messes : les catholiques ont faim !

Eucharistie
Pascal Deloche / Godong
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Alors que le premier Ministre vient d’annoncer que les messes publiques ne reprendraient pas avant le 2 juin, les évêques, les prêtres et les laïcs trouvent le temps bien long ! Aleteia a recueilli les témoignages de paroissiens impatients et en manque d’Eucharistie.

La date est tombée, ce sera le 2 juin pour retourner à la messe ! Une date qui semble encore loin et rend plus d’un catholique, qu’il soit évêque, prêtre ou simple paroissien, bien impatient ! En effet, nombreux sont-ils à exprimer leur vif désir de retrouver enfin les bancs de leurs églises, la vie en paroisse et surtout l’Eucharistie.

Anne-Virginie
36 ans, Saint Germain-en-Laye

Nous prions chaque dimanche pour toutes les fois où nous avons communié sans véritable désir…

Avril, mois de l'Eucharistie en confinement
© Shutterstock
Beaucoup de catholiques ont approfondi leur prière en famille.

« Depuis le début du confinement, il est vrai que nous prions chaque soir avec les enfants, alors qu’avant, c’était plus aléatoire. Notre prière s’est d’ailleurs un peu modifiée, car en plus de nos intentions habituelles nous prions aussi pour les malades, les soignants, le monde et les catéchumènes qui se préparent au baptême et dont celui-ci a été repoussé par les événements… Nous remercions également Dieu chacun notre tour pour une belle chose de la journée, ce qui permet de finir notre journée sur une note positive malgré les difficultés du confinement. Chaque dimanche, nous suivons la messe en famille à la télévision, c’est difficile pour nos deux plus jeunes enfants, qui sont aussi turbulents que dans l’église ! Difficile également pour nos trois aînés, qui servent habituellement et sont donc occupés…

Le diocèse de Versailles avait envoyé tout un programme pour la Semaine sainte, ce fut un vrai soutien, nous avons pu lire chaque jours les textes en famille, faire le lavement des pieds, vivre la vigile pascale. La Parole de Dieu a pris davantage sa place et notre famille est devenue communauté, voila pour les points positifs. Cependant, il nous tarde de communier à nouveau ! Nous prions chaque dimanche pour toute les fois où nous avons communié sans véritable désir… Il nous tarde aussi de revoir nos prêtres ! Même si nous n’entretenons pas de relation individuelle avec eux, il y a une amitié spirituelle qui nous manque. Enfin, il nous tarde de revoir nos amis en paroisse, de les retrouver pour prier… Je réalise à présent toute la portée de ces mots dans la Bible, « nous sommes tous membres d’un seul corps »… Il me tarde de retrouver mes frères dans la Foi !

Claire
39 ans, Lyon

La communion fraternelle à travers l’écran ne me suffit plus, j’ai besoin de l’eucharistie réelle, j’ai faim !

Exposition du Saint-Sacrement
Fred de Noyelle / GODONG
Une église, pour prier avec ses cinq sens.

Même si grâce à Facebook et à Aleteia notamment, j’ai l’impression de réussir à vivre une vie spirituelle pendant le confinement, je sens quand même que je la vis de manière imparfaite, et plus le temps passe, plus ce sentiment est présent en moi, cette imperfection. J’ai faim ! La communion fraternelle à travers l’écran ne me suffit plus, j’ai besoin de l’eucharistie réelle. La communauté me manque aussi, les paroissiens, avec qui je prie, je me rassemble, nos prêtres qui sont nos bergers. Je me sens loin physiquement de mon berger. Et puis l’action me manque, rendre service aux autres, ce que je faisais à travers ma paroisse, pas de grandes choses, mais le petit quotidien, les services, …Confinée à la maison avec trois jeunes enfants, et en télétravail,  je suis très occupée, mais je ne me sens plus utile à ma paroisse.

Pour notre vie de prière à la maison, nous avons trouvé une bonne « parade » le dimanche, nous préparons la table et décorons autour de l’écran et avons prévu un petit pupitre à l’angle du canapé pour que chacun à son tour, les enfants viennent lire les lectures, nous coupons alors le son… Cela nous permet de vivre mieux la messe.

Mais en réfléchissant à ce confinement, je réalise que ce sont mes cinq sens qui sont en manque, pour ma vie spirituelle. Même si je regarde la messe, c’est à travers l’écran, ma vue est donc différente. Le silence de l’église manque à mes oreilles et à mon recueillement. Quand à l’odeur de mon église, si typique et différente de celle de chez moi, c’est elle qui m’indique que je vais vivre un moment tourné vers Dieu. Enfin le goût, bien sûr, de l’eucharistie réelle, comme le toucher, et l’accolade avec les paroissiens.

Rieuc
24 ans, Paris

Le confinement, et donc l’absence de messe, me permet de réaliser à quel point je suis attaché au corps du Christ

Le Jour du Seigneur I Capture
L'émission Le Jour du Seigneur qui propose la messe dominicale à la télévision a connu ces dernières semaines un succès d'audience.

Habitué des messes, le dimanche comme en semaine, c’est la première fois que je vis un temps aussi long sans recevoir l’Eucharistie. Comme beaucoup, j’ai découvert la messe à distance ; les premiers dimanches j’ai regardé Le Jour du Seigneur, puis ensuite la messe de ma paroisse parisienne, car il me semble que c’est une manière de soutenir les prêtres de ma paroisse, et les chants et l’homélie m’aident dans ma prière. Le jeûne eucharistique n’est pas facile, mais l’absence met énormément en valeur ce qui manque ! Le confinement, et donc l’absence de messe, me permet de réaliser à quel point je suis attaché au corps du Christ. L’acte de communion spirituelle que je lis chaque dimanche au moment de la communion me porte particulièrement :

« Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel. Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je t’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence , sans amour et sans action de grâce. »

Pierre
33 ans, Paris

Le confinement m’a permis de me retrouver dans ma foi »

J’avais l’habitude d’aller à la messe dans mon quartier mais depuis le début du confinement je suis celle diffusée en direct sur Facebook par l’église Saint-Pierre de Charenton, dans le Val de Marne, ma paroisse lorsque j’étais collégien et lycéen. J’ai pu également suivre la Vigile pascale et la bénédiction Urbi et Orbi de Pâques avec le pape François. Je dirais que ce temps du confinement est un temps qui m’a été donné pour me retrouver dans ma foi. J’ai été agréablement surpris par toutes les initiatives de prière qui se sont mises en place très rapidement et ça a été l’occasion de m’interroger sur pas mal de choses que je prenais pour acquises ou que je remettais à plus tard. Mais le confinement est aussi la privation d’eucharistie et si les premières semaines, cela ne me manquait pas plus que cela, j’en ressens aujourd’hui le manque et le désir.

Sophie
50 ans, Lyon

J’en ai marre du virtuel qui me laisse passive derrière l’écran

A Limoges, le curé de la paroisse saint Jean Paul II et son vicaire proposent des confession en mode "drive-in", sur un parking.
© Paroisse saint Jean Paul II - Limoges
A Limoges, le curé de la paroisse saint Jean Paul II propos des confession en mode "drive-in", sur un parking, à quand la communion ? se demande Sophie

Même si j’ai réussi à vivre quelques beaux moments de prières grâce notamment à l’adoration avec ma paroisse en ligne, j’en ai « ras le bol » de l’écran ! Nous sommes une religion de l’incarnation, de la présence physique, j’en ai marre du virtuel qui me laisse passive derrière l’écran ! A tel point que parfois j’essaye d’imaginer comment nos prêtres pourraient nous déposer l’Eucharistie à la maison ! N’est-ce pas possible de faire un « drive » !

Après je me raisonne car j’imagine que cela doit être difficile ou interdit, mais voila où j’en suis. Paradoxalement, j’ai l’impression que ma vie spirituelle est plus développée. Travaillant à temps partiel, j’ai plus de temps finalement, à la maison, pour prier et lire. J’écoute moins les informations mais plus des enseignements de prêtres de la Communauté de l’Emmanuel dont je fais partie. Et cela me nourrit intérieurement. Je réalise aussi que je ne m’ennuie jamais, j’en tiendrais compte pour la suite… Mais néanmoins, rendez-nous nos messes !

Anaïs
30 ans, fiancée

Ce qui me manque le plus, c’est le fait de faire corps ensemble, avec d’autres personnes qui cherchent Dieu.

Holy Mass Christmas
© Pascal Deloche / Godong
Faire corps ensemble, à la recherche de Dieu

J’ai la chance de pouvoir partager avec mon fiancé sur la foi, sur ce que nous vivons, sur les épreuves. Avec les nombreux supports mis à la disposition des fidèles, je trouve ce qu’il lui faut pour nourrir ma foi. De même, les échanges réguliers avec ma famille et mes amis me nourrissent. Mais ce qui me manque le plus, c’est le fait de faire corps ensemble, avec d’autres personnes qui cherchent Dieu. Le Dieu auquel je crois, il n’existe pas juste dans ma tête. Le fait d’être avec d’autres personnes que l’on ne connaît pas et pas seulement avec ceux que nous connaissons et que nous aimons bien, c’est justement la richesse de l’Église. C’est cela, faire corps.