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Cinéma : « La Sainte famille », une fable approximative sur la famille

La sainte famille film
© Capture youtube
Film, La sainte Famille, 2019.
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Après sept ans d’absence en tant que réalisateur, Louis-Do de Lencquesaing revient avec un long-métrage dont le sujet était prometteur mais qui laisse sur sa faim. Il s’est lancé dans une histoire aux circonvolutions parfois inutiles, laissant pourtant le spectateur avec cette pensée certaine : la famille est un cadeau.

La famille est ici l’objet de tous les points de climax traités de manière très légère, car c’est surtout d’amour qu’il s’agit et de ce qui amène à créer des familles : la reproduction. Mais tout cela avec beaucoup de pudeur, qui est d’ailleurs à saluer. Le réalisateur campe un universitaire réputé en anthropologie, Jean, qui, en plus d’être perdu dans sa vie secouée par des affaires de famille, va devenir ministre de la Famille.

Au galop (2012), le premier film de Louis-Do de Lencquesaing, avait eu un franc succès, notamment grâce au jeu exemplaire de la fille du réalisateur, Alice de Lencquesaing. Le casting de La Sainte famille, lui, peine à convaincre de bout en bout, même si Léa Drucker tire son épingle du jeu, puis Marthe Keller ainsi que Louis-Do de Lencquesaing, parfois. Laura Smet, elle, se contente d’être mignonne. Mais revenons à l’histoire et aux intentions du film.

La poésie mène-t-elle le monde ?

On entend Jean lancer à sa secrétaire, à l’autre bout du bureau, que la poésie mène le monde. Une phrase qui se veut la clé du mystère du film. Celui-là même qu’il attribue aux anguilles, nageant contre vents et marées vers la mer des Sargasses pour aller se reproduire, quand elles se délivrent de leurs bracelets posés par les scientifiques pour les suivre. Elles protègent leur mystère qu’elles « savent être le plus important ». Cette scène d’introduction nous allèche. Ce sera d’ailleurs la même technique utilisée par les personnages, qui nous laissent à la porte de leur mystère, et avec eux celui de leur famille. Et il faudra accepter de ne pas tout savoir. Pourquoi pas, cela change au moins de certains films français où tout nous est bien expliqué, comme si nous étions là pour apprendre une leçon d’écolier.

film la sainte famille
© Capture Youtube

Mais Jean rassure un peu, il semble avoir les pieds sur terre et ne pas ajouter à l’escalade intellectuelle déconnectée du réel. Pour preuve, il jette à la poubelle un livre intitulé « Le transhumanisme éclairé ». On le traite de rebelle, lui affirme le droit à la normalité et au bon sens. En revanche, beaucoup d’ellipses parsèment le scénario, comme la raison pour laquelle il se retrouve propulsé à la tête d’un ministère. Si dans une fable cela fonctionne, dans une histoire réaliste, comme celle-ci, un peu moins. Reste à savoir dans quel parti nous voulons classer cette fiction.

Famille et loyauté nous honorent

Jean réagit aux événements familiaux avec autant de flegme. Enterrements, déménagement, coming-out, annonce d’une grossesse mystérieuse, tout cela le laisse un peu de marbre. Car lui aussi se permet de respirer un peu au milieu de tous ces imprévus de la vie. « La famille reste la matrice du vivre ensemble », débat-il avec ses collègues du ministère. Enfin, il n’y a aucune véritable tension dans le film. Plusieurs générations se côtoient, se confrontent, au sein d’une famille très traditionnelle et catholique. C’est comme un portrait généraliste de la plupart des familles, même si la majorité est loin de lui ressembler. On le regarde comme on observerait de manière anthropologique la naissance des familles et leurs secrets, leurs tabous et ce qui les lie malgré tout. Il y a la loyauté d’un côté, celle accordée à l’amour et la famille, et le respect du mystère qui pousse les anguilles à aller vers la mer des sargasses. Il n’y a jamais beaucoup d’émotion dans l’exposé d’un anthropologue, mais en tout cas beaucoup de vérité.

La Sainte famille, de Louis-Do de Lencquesaing, le 25 décembre au cinéma.