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De la prévention au traitement, Medair en première ligne contre Ebola

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Medair I Pete Harrison

Agnès Pinard Legry - Publié le 21/12/19

C’est un combat où chaque minute compte. Présente en République démocratique du Congo (RDC) depuis plus de vingt ans, l’ONG Medair lutte contre Ebola depuis août 2018. Un combat sans merci qui s’opère sur deux fronts : soigner et prévenir.

« Je saignais du nez, mes articulations étaient douloureuses et j’avais extrêmement mal à la tête », se souvient Ngadjole, officier dans l’armée congolaise. « Mon unité et moi-même ayant assisté à une séance de sensibilisation sur les symptômes du virus Ebola, j’ai compris que ça pouvait être ça ». Père de quatre enfants, âgés de trois à neuf ans, Ngadjole a senti la peur s’emparer de lui. « Personne autour de moi ne savait ce qui se passait dans les unités d’isolement ». Conscient du risque qu’il courait et pouvait faire courir à ses proches, il a décidé de rejoindre le centre de santé d’Eringeti, dans l’est du pays. « Les trois jours que j’ai passés en isolement ont été d’un grand secours pour moi : j’y ai reçu les premiers soins, j’ai été nourri et hydraté. Une fois ce délai passé, le personnel a appelé une ambulance pour m’emmener au centre de traitement de Beni. »




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Si Ngadjole est sain et sauf, plus de 2.200 personnes sont mortes dans l’est de la RDC après avoir été contaminées par le virus Ebola depuis le début de l’épidémie. « C’est un drame humanitaire, une épidémie meurtrière, mais qui ne doit pas rester une fatalité », assure à Aleteia Nath Fauveau, chef de projet au sein de l’ONG Medair. Apportant une aide d’urgence depuis plus de vingt ans en RDC, Medair a rapidement pris la mesure de la crise. « Lors de l’épidémie d’Ebola en 2014-2015 en Afrique de l’Ouest, nous avons monté un centre de traitement en Sierra Leone », reprend Nath Fauveau. « Forts de cette expérience, nous avons pu transférer nos compétences et expériences sur le Congo. » Si l’ONG n’y a pas son propre centre de traitement, elle a équipé une dizaine de structures de santé locales d’unités d’isolement où les cas suspects, c’est-à-dire ceux présentant les symptômes d’Ebola, sont gardés jusqu’à leur transfert vers un centre de transit ou de traitement. « Nous avons également monté deux centres de transit, qui permettent de recevoir les cas suspects et d’établir un diagnostic final grâce à des prises de sang avant le transfert, ou non, vers le centre de traitement.

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Medair I Nath Fauveau

Actions de dépistage.

« En 2018, cette dixième épidémie d’Ebola est survenue dans des endroits que nous connaissons bien », explique de son côté un membre de Medair présent sur place. « Nous avons donc naturellement voulu y répondre car cela correspond parfaitement à notre mandat, en particulier celui de protéger le personnel médical des centres de santé où nous intervenions déjà, ainsi que les patients qui viennent y chercher des soins ».


MEDAIR

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Concrètement, Medair fait face à cette épidémie en appuyant le système de santé congolais, notamment au niveau logistique (approvisionnement de médicaments et de matériel médical dans des endroits reculés) et en ressources humaines (formation du personnel médical, renfort des équipes, etc.). « Globalement, il s’agit de mettre en place un système où les personnes qui présentent des symptômes similaires à ceux de la maladie à virus Ebola soient reconnus comme des cas possibles, isolés, et pris en charge médicalement (testés et traités) le plus rapidement possible », détaille Nath Fauveau. « Ce « triage » et dépistage se passent au niveau des centres de santé (où nous formons le personnel médical à reconnaître les symptômes) mais aussi, et c’est le plus important, au niveau des villages et communautés locales ».

Lorsque les centres de traitement sont trop éloignés pour que les cas suspects y soient facilement référés, Medair, ou des organisations partenaires, construisent alors des centres d’accueil (centres de transit) où ces personnes peuvent être isolées, testées et commencer le traitement le plus rapidement possible en attendant le résultat de leurs tests. « Ceci permet de minimiser le nombre de personnes avec lesquelles elles pourraient venir en contact lors de déplacements et permet un accès rapide au traitement, ce qui peut réduire les risques de décès », indique de son côté l’équipe locale. « Oui, le virus a tué  plus de 2.200 personnes, mais il y a aussi eu 1.000 patients guéris. C’est un combat difficile mais que nous pouvons, que nous devons, remporter ».

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