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Leonard de Vinci : quel message lié à la transcendance a-t-il laissé ?

Exposition Léonard de Vinci au Louvre
Saint Jean-Baptiste par Léonard de Vinci.
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Léonard de Vinci, mort en 1519, demeure l’un des maîtres incontestés de la Renaissance. Pour quelles raisons cet homme épris d’humanisme dépasse-t-il les siècles et les espaces pour atteindre cette dimension quasi universelle ? Quel message lié à la transcendance laisse-t-il à ses contemporains jusqu’à notre époque moderne ? C’est à ces questions et bien d’autres encore que tente de répondre cette incontournable exposition de cet automne au musée du Louvre pour le 500e anniversaire de la mort de l’artiste.

Une exposition majeure pour comprendre le génie de Léonard de Vinci. L’objet de l’exposition qui vient de s’ouvrir au musée du Louvre s’avère ambitieux : retracer l’ensemble de la carrière de Léonard de Vinci en montrant combien derrière l’apparente dispersion de l’artiste, se révèle une cohérence dont le point d’orgue se trouve dans sa peinture. Rappelons que la vocation du jeune Léonard pour cet art fut précoce. Pour atteindre cet objectif, il n’hésita pas très tôt à mettre en place une véritable stratégie qu’il nomma « science de la peinture », une science et une discipline nécessitant une réelle connaissance très précise et extrêmement profonde de la nature. Architecture, botanique, optique, corps humain et animaux, planètes, etc. rien n’échappe à son étude ! L’exposition montre ainsi comment Léonard a su progressivement faire la synthèse entre son art et cette démarche méthodique et scientifique, depuis ses premières années dans l’atelier de son maître Verrocchio jusqu’à sa mort en 1519.

L’élève doué de Verrocchio

Le très beau parcours, organisé par les commissaires de l’exposition Vincent Delieuvin et Louis Frank, débute en effet par les années de formation au sein de l’atelier d’Andrea di Michele di Cione dit Le Verrocchio à Florence, un ancien orfèvre converti à la sculpture mais aussi à la peinture. En découvrant les œuvres réunies, nous assistons à l’émergence du caractère du jeune artiste qui, très tôt, s’avère fasciné par les questions d’ombre et de lumière, de relief sculptural à donner à la peinture notamment avec ces études de draperies qui accueillent le visiteur, études mises en regard avec l’un grands chefs-d’œuvre de son maître Verrocchio. Léonard n’hésitera pas à sculpter lui-même des corps qu’il recouvrait de tissu afin d’en étudier tous les plis et ombres. Sculpture et dessin s’entremêlent ainsi très tôt chez Léonard, ainsi que les nombreuses interrogations sur les transitions de l’ombre à la lumière. En une quête de la perfection qui ne le quittera plus jamais, Léonard imprègne son art de tout ce qui l’entoure, y compris la peinture flamande, mais aussi d’ombres et d’interrogations dont sa peinture la plus aboutie révèle toute la beauté et intériorité.

Exposition Léonard de Vinci au Louvre
© Musée du Louvre - Antoine Mongodin
Andrea del Verrocchio, L’Incrédulité de saint Thomas, 1467-1483.

La liberté gagnée de l’artiste

À la fin des années 1470, Léonard s’émancipe de l’atelier de son maître. Le peintre délaisse de plus en plus le contour continu et les formes fermées qui cherchaient à retranscrire fidèlement la nature, pour inventer une nouvelle façon de dessiner et de reproduire le monde grâce à des formes discontinues plus fluides et subtiles, ce que l’on nommera le « sfumato ». C’est par cette nouvelle approche qui caractérisera le peintre que Léonard parvient de manière surprenante et éblouissante à restituer toute la vibration et le souffle même de la vie, ainsi que le soulignent les commissaires de l’exposition, notamment avec L’Adoration des mages (La Joconde, pour des raisons évidentes, n’a certes pu être présentée, mais elle demeure cependant si proche au 1er étage…).

LEONARD DE VINCI, PAINTING
© Domaine public
L'adoration des mages, Léonard de Vinci.

Le séjour à Milan

Lors de son séjour dans la ville lombarde au milieu des années 1480, Léonard ressent enfin le besoin de donner plus d’objectivité à son art et une assise plus scientifique encore à sa démarche. Ce sont toutes ses fameuses études d’optique, d’anatomie, de botanique qui solliciteront alors sa curiosité insatiable et dont une belle sélection est présentée au public, venant des collections royales d’Angleterre, mais aussi le fameux Homme de Vitruve prêté par L’Accademia de Venise. Léonard expérimente, étudie, observe et interroge… Loin de se disperser, l’artiste de la Renaissance s’inscrit dans cette démarche humaniste de compréhension du monde qui l’entoure et cherche à le retranscrire dans ses œuvres, et une fois encore, de manière radicalement nouvelle. L’aboutissement de cette démarche le conduira à la réalisation de l’incroyable Cène à la fin des années 1490, une peinture murale grandiose et majeure (et pour ces raisons, bien sûr, non présentée) qui réalise non seulement une retranscription parfaite du monde — en l’espèce l’institution de l’Eucharistie — mais qui parvient également à restituer cette vie intérieure des différents protagonistes, les mouvements du corps, les émotions de l’esprit… Une transcendance toute de subtilité et d’intériorité sans céder aux seuls éclats de magnificence.

Exposition Léonard de Vinci au Louvre
Michel Urtado / RMN-GP | Michel Urtado / RMN-GP
Léonard de Vinci, Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste et un ange, dite La Vierge aux rochers, vers 1483-1494.

La transcendance rayonnante de Léonard

Certes, l’artiste n’a guère abordé la question religieuse dans ses textes et ses convictions demeurent intimes. Reste que quelles que soient ses croyances religieuses dans cette Europe du XVIe siècle largement chrétienne, son œuvre manifeste assurément un sens aigu de la transcendance qui rayonne bien au-delà des pratiques religieuses de son époque. La Vierge aux rochers s’inscrit en effet dans un contexte du dogme de l’Immaculée Conception où l’idée d’Incarnation trouve une réalisation unique à son époque. La Vierge au fuseau, la Sainte Anne ou encore le Saint Jean-Baptiste témoignent également de la très grande grande sensibilité de Léonard à l’égard des thèmes et sources bibliques à l’origine de nombre de ses compositions majeures. Léonard invite subtilement par une posture, un geste, un regard ou un énigmatique sourire si caractéristique, le spectateur de l’œuvre à des méditations éternelles… L’importance de la lumière, source de vie et de vibration, prenant alors toute sa puissance et sa force suggestive. Ces œuvres réunies au sein de cette exposition témoignent de cette importance de la transcendance chez Léonard à rebours de cette image profane trop longtemps, et à tort, accolée à son art.

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