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À travers un livre, un photographe salue les hommes et femmes de la rue

Mon pote à cinq euros

© Frédéric Bourcier

Domitille Farret d'Astiès - publié le 10/10/19

Photographe de mode, Frédéric Bourcier a publié dans un blog le récit d'une amitié avec Monsieur Bernard, un SDF avec lequel il a noué une amitié au fil des années. Aujourd'hui, il souhaite en faire un livre pour rendre hommage à ces hommes et femmes de la rue "que nous ne voyons pas".

“C’est un monsieur qui a eu un accident de la vie. C’est un monsieur qui est difficile à apprivoiser. C’est un monsieur dont je vous propose de suivre l’histoire au fil de ses visites”. Monsieur Bernard et Frédéric Bourcier se connaissent depuis plus de 22 ans, et s’ils ont eu des parcours de vie très différents, une belle amitié est née au détour de conversations sur la météo ou le cours du pétrole. Pendant plusieurs années, Monsieur Bernard, qui vivait dans la rue, a rendu visite à son ami photographe, “régulièrement ou irrégulièrement”. Ce dernier lui glissait parfois quelques pièces dans la main. Depuis 2010, il a immortalisé leurs rencontres avec son objectif, publiant les images et racontant l’histoire de son ami dans un blog.

Mon pote à cinq euros
© Frédéric Bourcier

“Il y a énormément de Monsieur et Madame Bernard”

Monsieur Bernard a aujourd’hui 78 ans et il est hébergé depuis huit mois au foyer Notre-Dame des sans-abri, à Lyon. Frédéric Bourcier souhaite éditer un livre qui retrace ses visites pour concrétiser cette belle rencontre” et “rendre hommage à tous les “Madame” et les “Monsieur” Bernard”. Il a donc lancé une collecte en ligne pour récolter les fonds nécessaires à l’impression du livre. L’intégralité des ventes servira ensuite à soutenir l’accueil Notre-Dame des Sans-Abri.




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“Je lui ai toujours raconté que j’allais faire un livre et il a toujours rigolé en coin en pensant que je racontais des conneries”, s’amuse-t-il. “J’appréhende le jour où je ne le verrai plus. C’est quelqu’un auquel je me suis attaché, même si nos relations étaient éphémères. Je voulais connaître sa vie et je lui posais des questions ; c’était une erreur. Il a fallu que je m’adapte : je ne connaissais pas le problème des personnes de la rue. Nous nous sommes apprivoisés et petit à petit, j’ai découvert ce milieu. Le but n’est pas de faire de Monsieur Bernard une star, mais de dire qu’il y a énormément de Monsieur et Madame Bernard dans la rue et que nous ne les voyons pas. Souvent, nous avons peur. Ce sont des gens qui ont eu un accident de la vie et qui peuvent être pleins d’humanité”.

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AmitiéPauvreté
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