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Cinéma : « Et je choisis de vivre », le deuil vu comme un chemin de délivrance

Orawa Production
Et je choisis de vivre, de Nans Thomassey et Damien Boyer
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C’est une première d’avoir un documentaire en salles sur le sujet du deuil. Une petite lumière pleine d’humanité qui nous rappelle à quel point la société a oublié le sens de la communauté, son rôle dans les déchirures intérieures, si faciles à dépasser quand les bras des autres sont ouverts. En salles le 5 juin.

Perdre un parent, c’est sans doute dans l’ordre des choses. Mais un enfant, c’est une autre histoire. La fin avant le début. Et toutes ces questions sur la vie et sa capacité à rebondir. « Et je choisis de vivre » est un film plein de vie sur la mort. Quoi de moins étonnant. Paul Valéry avait d’ailleurs prévenu que « la mort enlève tout sérieux à la vie ». Non pas qu’elle en soit diminuée, mais qu’elle s’allège enfin du drame pour entrer plus profondément dans la vitalité. Les personnages du film en sont des témoignages vivants, une fois la douleur exprimée, vidée et renouvelée par cet élan décisif d’une certaine renaissance.

Se mettre en marche, la clef de la résilience

Amande a vécu cette épreuve du deuil avec Guillaume. Ils ont perdu Gaspar la veille de son premier anniversaire. Elle décide alors de se mettre en marche, à travers les montagnes de la Drôme, pour rencontrer des personnes susceptibles de l’aider ou de lui faire part de leur témoignage de résilience. Qui n’a donc jamais traversé les affres d’un deuil ? Amande commence et termine d’ailleurs le film en racontant une fable à ce sujet, à un public d’enfants puis d’adultes. Si tout le monde le vit, c’est bien rare d’en parler. Comme tant d’autres sujets trop pris par la pudeur ou victimes de l’indifférence. La douleur de la jeune femme est telle qu’il lui faut parcourir ces chemins escarpés, ces nuits en pleine montagne et ces rencontres, à travers lesquelles elle doit se confronter à l’état de son cœur et à sa peur de l’avenir.

Après la douleur, l’ouverture

Nans Thomassey, le coréalisateur du film, a préparé des rencontres durant leur marche. Il l’a accompagnée avec un âne qui, à lui seul, symbolise très bien les démons intérieurs d’Amande. On pourrait d’ailleurs dire de ce parcours initiatique qu’il est le pont aux ânes du deuil, où affronter la difficulté devient la solution elle-même. « Ce qui m’a frappée dans tous les témoignages, c’est la manière dont toutes les personnes se sont par la suite tournées vers les autres. En changeant de métier, en s’investissant dans des associations sociales diverses, en témoignant par le biais de livres, blogs ou conférences », se souvient la jeune femme.

C’est vrai que la joie de certains témoins, leur lumière même, sont étonnantes et vivifiantes. Ces femmes, car les hommes parlent moins, ont eu accès au mystère plus profond de la vie pour parvenir à dépasser des drames, qui la mort d’un mari et de deux enfants dans un incendie, qui la mort d’un nouveau-né dans son berceau. La première s’est beaucoup aidée de l’exemple de Martin Gray, qui a perdu à deux reprises toute sa famille. Elles semblent même plus fortes, plus humaines, plus aimantes. C’est beau à voir et à entendre. L’on retrouve les parents de Gaspard, auteurs du livre Entre terre et ciel, et ses frères et sœurs. Les hommes interrogés sont plus souvent des spécialistes, l’un du deuil, l’autre des rites, très importants, pour acter l’événement et mieux le dépasser.

Ce documentaire, à la limite du reportage, est loin d’être un mode d’emploi fictif et moralisateur sur la manière de vivre un deuil. Il est plutôt l’occasion de rencontres, de remettre la mort à sa place, pour qu’elle ne laisse pas trop faire d’ombre à la vie. Enfin, il rend la communauté humaine à ses devoirs. Car seul, il est souvent difficile de se tourner vers l’avenir. Ce film peut aider à rassurer ceux qui peinent dans le deuil. Il n’a pas vocation à autre chose, n’étant pas assez axé sur la démarche artistique et visuelle. Comme écrivait Jacques de Bourbon Busset dans sa Lettre à Laurence : « Ne pas oser parler des morts, c’est les faire mourir une seconde fois ». Et ce documentaire l’illustre à la faveur des vivants. Réussir son deuil est sans doute vivre en hommage à ceux qui ne sont plus là.

Orawa Production
Et je choisis de vivre, de Nans Thomassey et Damien Boyer

« Et je choisis de vivre », de Nans Thomassey et Damien Boyer, d’après l’histoire d’Amande. 70 min. Le 5 juin au cinéma.

L’équipe du film a créé une plateforme en ligne, qui rassemble toutes les initiatives nationales et le fruit de leur expérience, pour aider davantage de personnes en situation de deuil.

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