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Un chrétien n’est jamais seul

L'abbaye du Mont-Saint-Bernard, monastère trappiste dans le Leicestershire en Angleterre.
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La solitude et les angoisses qu’elle génère sont un des grands maux du monde moderne. Nous n’avons jamais été aussi connectés et pourtant, à cause de l’individualisme, de nombreuses personnes se sentent complètement isolées et démunies. La vérité profonde du christianisme, c’est la communion universelle et première.

Entre bières, prières et poèmes. Le père Erik Varden est abbé au Mont-Saint-Bernard, monastère trappiste dans le Leicestershire en Angleterre. Son abbaye a la particularité d’avoir créé en 2018 une nouvelle bière trappiste. Mais le père Erik Varden est également un fin lettré qui enseignait à l’université de Cambridge avant de rentrer dans la vie religieuse. Cette dimension littéraire est particulièrement sensible dans l’ouvrage qu’il vient de faire paraître aux Éditions du Cerf : Quand craque la solitude. Son essai est en effet d’une grande beauté et spirituellement profond. Comme dans les belles cathédrales, la beauté de son propos contribue à élever l’âme et à la tourner vers la contemplation.

Quand la mémoire donne la joie et brise la solitude

Son essai est une méditation sur la mémoire et la manière dont elle permet de rompre le sentiment de solitude pour découvrir une vraie joie dans le face à face avec Dieu. Les chapitres rythment le chemin du souvenir en suivant un itinéraire biblique, débutant par la Genèse « Souviens toi que tu es poussière », parcourant l’Exode « Rappelez vous que vous avez été esclaves en Égypte » et allant jusqu’aux paroles du Christ « Vous ferez cela en mémoire de moi », « le paraclet vous rappellera tout ».

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On y découvre le rôle crucial de la mémoire pour entrer dans la relation profonde qui nous unit à Dieu et anéantit le sentiment de solitude. Cette mémoire doit inclure toute notre vie, les bons comme les mauvais moments, comme l’a expliqué le père Varden à Aleteia : “Tout notre vécu peut lui servir de bois sec, y compris nos expériences douloureuses, ou nos péchés. Car une fois guéri par le pardon de Dieu, le péché ne parle que de l’amour divin. On voit jusqu’où le Seigneur est venu pour nous trouver, pour nous sauver. La joie parfaite demande à se nourrir de la totalité de mon être, de tout ce que je suis et que j’ai été. »

« La joie chrétienne n’est pas qu’un sentiment bonheur »

Approfondissant cette notion de joie liée à la mémoire, le père Erik Varden explique que « dans le vocabulaire chrétien, la joie signifie bien plus qu’un sentiment de bonheur; il s’agit d’un état profond et durable qui s’empare de tout notre être. La joie éclate en réponse au don gratuit de l’amour de Dieu. Cette joie manifeste comme une correspondance entre mon être créé et Dieu.

Lire aussi : La preuve que c’est en cultivant la joie qu’on peut atteindre le bonheur

Devenir chrétien, c’est être embrasé par l’amour de Dieu et sentir au même instant que nous sommes créés à l’image de Dieu. » La joie chrétienne est donc la conviction profonde d’un cœur à cœur quotidien avec Dieu. Le chrétien vit dans la prière, comme le disait sainte Thérèse, « un échange d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec Celui dont on se sait aimé ».

Contempler Dieu dans sa beauté n’est pas réservé aux moines

Pour nouer un lien avec Dieu et vivre la contemplation, il est primordial d’être sensible à sa beauté. Le père Erik Varden cite ainsi le psaume 26 : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche, habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. » Ce lien entre la beauté, la poésie, l’art et la vie contemplative explique également son itinéraire spirituel et la richesse de son propos. De nombreuses poésies de poètes très divers lui viennent en tête dès qu’il réfléchit à l’expérience mystique. Il poursuit : « Le Dieu de la révélation biblique est un Dieu qui trouve ses délices en répandant cette beauté. Mener une vie contemplative – ce qui est bien notre vocation à tous, aucunement réservée à des moines ou moniales de clôture – c’est se rendre sensible à cette beauté, se laisser orienter par elle vers le Seigneur. »

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L’expérience de la beauté, comme l’illustrent les diverses architectures cisterciennes, a donc un lien fondamental avec la vie spirituelle et l’expérience de Dieu. Il y a cependant un prérequis : « Il faut, bien sûr, savoir ne pas s’arrêter à la simple jouissance de la beauté concrète. Cela présuppose une liberté intérieure conquise par l’ascèse. Il ne faut pas s’attacher à ce qui est incomplet mais savoir progresser vers la plénitude ! Le critère de notre progrès, c’est l’action de grâce. Elle nous libère de notre volonté de posséder de petites belles choses. Elle nous ouvre à la communion avec la Source de toute beauté, qui peut seule assouvir notre faim de beauté absolue. Elle nous inspire le courage et le désir de nous tenir devant Lui les mains vides, le cœur ouvert, l’esprit exultant. La poésie, expression privilégiée de la sensibilité humaine, est liée à l’expérience mystique, me semble-t-il, dans la mesure où elle nous ouvre à cet horizon infini ».

A voir aussi : l'abbaye de Lerins, en images

Quand craque la solitude : la mémoire et la vie, Erik Varden, Cerf, (avril 2019)

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