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La vertu de foi, porte de la vie éternelle

PAINTING, VERTU, LOUVRE, VOUET
© Domaine public
Allégorie de la Vertu par Simon Vouet, vers 1634, Musée du Louvre (Paris).
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Par la foi, première de toutes les vertus, la vérité de Dieu pénètre en nous, dans sa lumière et son mystère. Elle est au fondement de notre espérance.

La foi, première des trois vertus théologales, semble couler de source. Elle est un plein et entier assentiment que nous donnons aux vérités révélées de Dieu, pour reprendre les termes du Catéchisme du concile de Trente (Ia partie, chap. I, I). Le Catéchisme de l’Église catholique ne dit pas autre chose, formulant ainsi sa définition : « La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a dit et révélé, et que la Sainte Église nous propose à croire, parce qu’Il est la vérité même » (CEC, n° 1814). Si nous avons des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, le seul spectacle de la Création devrait suffire à nous transporter et à instiller la foi dans notre cœur. Relisons les admirables tirades de Charles Péguy à ce sujet, dans Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu :

« La foi va de soi. La foi marche toute seule. Pour croire il n’y a qu’à se laisser aller, il n’y a qu’à regarder. Pour ne pas croire il faudrait se violenter, se torturer, se tourmenter, se contrarier. Se raidir. Se prendre à l’envers, se mettre à l’envers, se remonter. La foi est toute naturelle, toute allante, toute simple, toute venante. Toute bonne venante. Toute belle allante. C’est une bonne femme que l’on connaît, une vieille bonne femme, une bonne vieille paroissienne, une bonne femme de la paroisse, une vieille grand-mère, une bonne paroissienne. Elle nous raconte les histoires de l’ancien temps, qui sont arrivées dans l’ancien temps. Pour ne pas croire, mon enfant, il faudrait se boucher les yeux et les oreilles. Pour ne pas voir, pour ne pas croire. »

La porte du surnaturel

Nous touchons ici à la porte du surnaturel. La foi ne peut pas être réduite à une vertu morale ou intellectuelle. Elle est le germe d’une profonde espérance, celle de voir ce qu’on ne voit pas. La foi qui crée cette espérance établit dans l’esprit la conviction de l’invisible, l’aptitude aux réalités divines. Elle crée une habitude, un appétit pour le surnaturel. Le R.P. Bernard O.P., commentateur thomiste, souligne que « l’habitude de la foi est une ébauche et comme un commencement de vie éternelle en nous. Doctrine d’une étonnante profondeur spirituelle ». Saint Thomas d’Aquin dans son De Veritate (q.14, art.8, concl.) montre comment la foi théologale unit l’homme à la pensée de Dieu par assentiment, comment elle a Dieu même pour objet principal. Aussi ne pouvons-nous pas parler de foi, vertu théologale, si Dieu n’est pas le premier servi.

Lire aussi : Comment la vertu tend vers le vrai juste milieu

Une telle foi n’est donc pas évidente ! Souvenons-nous des paroles du Christ à ses apôtres, paroles sévères mais si justes, réponse à la demande des disciples qui s’étonnent alors qu’ils n’ont pas été capables de chasser un démon pendant qu’Il se trouvait avec Pierre, Jacques et Jean sur le mont de la Transfiguration : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible » (Mt 17,20).

En tête de toutes les vertus

Cela signifie qu’une pensée qui n’est pas toute suspendue à la pensée de Dieu, toute remplie par cette dernière, ne peut être appelée foi. Dieu est tout dans la foi. Ne pas tenir cette vérité est se condamner, comme les apôtres inefficaces, à connaître l’échec et à ne plus rien y comprendre. Cette vertu théologale ne peut être par à-coups. Voilà pourquoi saint Thomas, dans sa Somme théologique, place la foi en tête de toutes les vertus, en précisant que Dieu est bien l’unique objet de cette foi. Il n’y a que Lui, formellement, comme motif de croire, même si, matériellement, il existe une multiplicité de choses à croire. Toutes nous ramènent vers Lui, aucune ne peut distraire notre esprit de cet « objet » unique de notre foi. Ce Dieu de la foi s’offre à nous comme Vérité première, comme le précise le Docteur angélique dans le premier article de son traité sur la Foi. Là, il faut vraiment prendre conscience que saint Thomas ne parle pas de Dieu que l’homme peut découvrir à force de raison, ou au contraire de Dieu qui sera donné dans la vision béatifique, face à face. Le Dieu de la foi dépasse Celui de la raison et demeure en-deçà de Celui qui se révélera dans la vie éternelle. La foi, ce ne sont pas des vérités — même multiples et riches, sur Dieu, grâce à mon intelligence, c’est la pénétration de la Vérité de Dieu en moi. Dieu entre chez nous et y fait sa demeure en quelque sorte. Cela ne veut pas dire qu’on puisse Le connaître sans difficulté car Il demeure, malgré tout, un Dieu caché, plein de mystère, ne révélant que ce qu’Il veut, au compte-gouttes, peu à peu, ne se laissant voir que dans l’éternité.

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Comme un miroir et par énigmes

Par la vertu théologale de la foi, nous ne voyons pas Dieu, mais nous L’entendons et nous L’écoutons, et ceci est suffisant pour qu’Il ne demeure pas un Dieu inconnu, comme celui qu’attendaient sans le savoir les Grecs d’Athènes en lui érigeant un autel dans leur ville — ce qui permettra à saint Paul de leur prêcher ce « dieu inconnu », mais tout d’abord sans grand succès. Notre connaissance par la foi est comme dans un miroir et par énigme car Dieu s’affirme sans se montrer, se fait écouter mais ne se fait pas voir. La Vérité divine nous est donnée par des images. Aux Corinthiens, dans une première épître, saint Paul écrira, parlant de l’éternité : « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu » (Co 13, 12). Il existe une sorte de paradoxe car l’esprit demeure dans une obscurité profonde et bénéficie pourtant d’une vive lumière. Cela dresse une physionomie très particulière à la foi, à tel point que cette apparente contradiction ne peut être saisie par les incroyants car notre raison est habituée à ne reconnaître que ce qui est uniforme, d’une seule couleur, sans mélange.

Le fondement de l’espérance

L’Apôtre des Gentils sera formel lorsqu’il affirmera que nous sommes justifiés par la foi (Rm 3, 28), sans pour autant inviter à transgresser la Loi qu’il faut bien mettre en pratique sous peine de déshonorer Dieu. Mais, par le Christ, la foi est première et non pas la Loi. Ne pas respecter la Loi nouvelle qu’est le Christ, sous prétexte de foi pure, ce serait devenir « comme de l’eau qui s’écoule et se perd » pour reprendre l’expression de l’Épître aux Hébreux (2,1). Le propre des vertus est de justifier et il est donc normal que la foi, première d’entre elles, nous procure cette justification, comme ce fut déjà le cas pour Abel le juste. Cette même épître affirme que la foi est le fondement de l’espérance, par cette définition célèbre : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11, 1). L’Apôtre dresse la liste de tous ceux qui furent justifiés par la foi dans l’Histoire sainte alors qu’ils ne virent pas la réalisation des promesses faites par Dieu, hommes droits que furent les patriarches, les prophètes, les justes de l’Ancien Testament : « C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs » (He 11, 13). Ils ne se sont point attachés à une parole d’homme mais à la Parole de Dieu qui dépasse la science et les autres vertus intellectuelles. Par la foi dans le Christ, qu’ils ne voyaient pas, qu’ils ne connaissaient pas mais qu’ils attendaient avec toute l’ardeur de leur âme, ces hommes vertueux de l’ancienne Alliance préfigurent les croyants de l’Église. La Loi n’était qu’un moyen pour atteindre la fin qu’est le Christ.

Familiers de l’inconnu divin

Maurice Zundel disait que « la foi est théocratique » puisqu’elle n’est pas faite pour notre plaisir égoïste mais pour nous purifier et pour nous perdre en Dieu. Elle exige de nous une dépossession car nous sommes en face de ce qui demeure en grande partie inconnu, recouvert par un voile qui ne sera levé que dans l’éternité. Le Père de Condren écrivait : « C’est mieux fait de se cacher en Dieu pour adhérer par Jésus-Christ à tout l’inconnu de Dieu. » La vertu théologale de la foi nous rend déjà familiers de cet inconnu qui ne sera toute lumière que de l’autre côté de la porte.

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