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Sainte-Sophie : l’histoire recommence

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Le président turc Erdogan a évoqué ce week-end la possibilité de transformer Sainte-Sophie, aujourd’hui musée, en mosquée, « AyaSofya », une décision qui devra être validée par l’Unesco quoi qu’il arrive.

Sainte-Sophie est une des premières grandes basiliques chrétiennes. Au début du IVe siècle, elle est construite sous l’empereur Constantin qui opère, par son baptême, la christianisation de l’Empire romain. Déjà à l’époque, la basilique est consacrée à « Agha Sophia », sagesse divine en grec. Elle est aussi appelée en grec « Megálē Ekklēsíā », la grande église. À travers ce nom se dévoilent sa taille, sa beauté et son rayonnement.

Elle est agrandie deux siècles plus tard par l’empereur Justinien qui lui donne la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Des matériaux rares sont acheminés des quatre coins de l’Empire afin de faire de Sainte-Sophie le plus remarquable édifice de la ville. À tel point que lors de son inauguration, Justinien s’exclame : « Je t’ai surpassé, ô Salomon ! », en référence au roi Salomon, constructeur du premier Temple de Jérusalem.

Tout bascule le 29 mai 1453, jour même de la chute de Constantinople : le sultan ottoman Mehmet II décide de frapper un grand coup. La basilique, édifice catholique depuis plus d’un millénaire, est désormais transformée en mosquée. C’est là le signe de la conquête. Au fil des siècles, des minarets sont construits et on décide même, au XVIIIe, de recouvrir les fresques byzantines à l’aide d’une pâte épaisse et grossière. En 1847, quelques mosaïques, d’une finesse exceptionnelle, sont exhumées mais la vaste majorité demeure cachée.

Sainte-Sophie reste une mosquée jusqu’en 1934, date à laquelle le président turc Mustafa Kemal Atatürk, désireux de conformer le peuple turc à l’esprit occidental, la transforme en musée. La laïcité de l’édifice irrite de nombreux musulmans parmi lesquels des électeurs d’Erdogan : depuis 2003, Sainte-Sophie reprend progressivement des activités de prière comme des lectures du Coran sous la coupole ou encore des prières sur le parvis.

Si aujourd’hui la question se pose dans les discours d’Erdogan, cela peut être lié à l’approche des élections municipales du 31 mars prochain. Une stratégie qui s’inscrit dans une symbolique forte : Istanbul a remplacé Constantinople.