Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Pornographie : vers une autosuffisance sexuelle

BEDTIME
By Motortion Films | Shutterstock
Partager

Plusieurs études anglo-saxonnes tendent à démontrer une baisse de l’activité sexuelle chez les jeunes adultes. Une évolution des pratiques sexuelles que constate également Olivier Florant, sexologue depuis une vingtaine d’années. Selon lui, c’est la pornographie qui est la cause principale d’un désir tourné vers soi plutôt que vers l’autre.

Globalement, dans le monde occidental, le désir sexuel est en berne. La dernière grande étude américaine, menée de 1989 à 2014 auprès de 27.000 personnes, révèle une baisse de l’activité sexuelle chez les jeunes adultes nés entre les années 1980 et 2000. Cette génération de jeunes Américains pratiquerait 53 rapports sexuels par an, contre 65 pour celle des années 1990. Et il semblerait que la France suive cette tendance. Selon Olivier Florant, sexologue au cabinet Saint-Paul à Paris et conseiller conjugal au CLER Amour et Famille, auteur de plusieurs ouvrages dont Halte au porno (Le Cerf, 2016), la raison essentielle de la baisse du désir sexuel chez les hommes de 20 à 30 ans est la masturbation et la pornographie. « 40% des patients qui viennent me consulter sont concernés par la pornographie, et ce fléau touche tous les milieux », confie-t-il à Aleteia. La pornographie offre un acte sexuel excitant, rapide, immédiat, dégagé de toute responsabilité procréatrice et de toute relation sentimentale. Un cocktail qui semble séduire de plus en plus d’hommes et de femmes.

Vers une autosuffisance sexuelle

Pornographie, publicité érotique, surenchère de signaux sexuels dans la vie quotidienne, aujourd’hui, les sollicitations de la libido sont multiples. Résultat, il n’est plus guère besoin de partenaire pour faire naître le désir. « Le moyen le plus simple », constate Olivier Florant, « c’est de s’enfermer dans sa chambre avec sa tablette, et de regarder de la pornographie, que l’on soit une fille ou un garçon. Et on va rêver. Parce qu’il est plus facile de rêver que d’agir. » Certaines femmes peuvent ainsi se contenter d’aventures érotiques via des sites de rencontres, sans passer nécessairement à l’acte, quand les hommes trouvent leur soulagement via la pornographie. Une autosuffisance sexuelle, aussi bien masculine que féminine, qui brise littéralement les relations hommes-femmes, et, si l’on va plus loin, signe finalement l’extinction de l’espèce humaine.

Autre grande responsable d’une sexualité autosuffisante, la pression de la performance. La crainte de ne pas réussir, ou de ne pas être à la hauteur des attentes de son partenaire, peut conduire certains à renoncer aux plaisirs charnels, et à privilégier des sensations en solo derrière leur écran de smartphone.

L’égoïsme, même au cœur de l’acte sexuel

Le constat n’est pas nouveau, la tendance est à l’égoïsme. Mais lorsque celui-ci envahit la sphère de la sexualité, qui est censée être le lieu de l’expression de l’amour, le résultat n’est guère réjouissant. Dans cette quête individuelle du plaisir, la pornographie attire inévitablement, parce qu’elle permet de jouir immédiatement et rapidement. Le sexologue précise qu’elle est faite justement pour atteindre ce résultat-là, qui peut paraître plus excitant que d’avoir un rapport sexuel avec son conjoint. À l’inverse, Olivier Florant invite ses patients à aller à contre-courant et à se demander : « Qu’est-ce qui ferait plaisir à ma femme/mon mari ? » plutôt que de rechercher son propre plaisir.

Un chemin d’espérance : le contrôle émotionnel et la contre-mesure

Malgré ces tendances à l’autosuffisance et à l’égoïsme qui font prospérer l’industrie pornographique, Olivier Florant donne des pistes pour espérer et guérir. Sa thérapie est basée sur le contrôle émotionnel, grâce au contrôle des idées, dans la lignée de l’enseignement d’un moine du désert du IVe siècle, Evagre le Pontique. Le postulat de départ est le suivant : toutes nos décisions, nos choix, sont dictés, non pas par un raisonnement rationnel, mais par la recherche d’un équilibre émotionnel entre nos envies et nos peurs. Or c’est une idée qui déclenche une émotion. Donc si nous voulons contrôler nos émotions, pour contrôler nos actes et les faire correspondre à nos convictions, alors nous devons contrôler nos pensées.

Pour cela, Olivier Florant se réfère à une parole de l’Évangile : « Veillez et priez sans cesse », et incite à la vigilance. Dans le cas de la masturbation, lorsque l’idée vient à l’esprit, il s’agit de la chasser avec une méthode bien précise appelée la contre-mesure. La contre-mesure ne laisse que trois ou quatre secondes à la personne pour rejeter la pensée, et engage à effectuer un geste corporel afin de marquer ce blocage mental, en se tapant sur la cuisse ou en claquant des doigts par exemple. Il s’agit de créer un automatisme afin de prêter attention aux tentations, et de s’y soustraire.

Le Cerf

Halte au porno, Olivier Florant, Le Cerf, octobre 2016, 15 euros.

 

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]