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Gilets jaunes : la fin du cycle néolibéral ?

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La crise des Gilets jaunes, mise en perspective historique, révèle la fin de l’exercice néolibéral, sous la pression coalisée de tous ceux qu’il n’a pas assez respectés.

La crise des Gilets jaunes en France vient s’ajouter à celle du Brexit en Grande-Bretagne, de l’élection de Trump aux USA, à la crise politique endémique désormais en Allemagne, à la crise d’unité nationale en Espagne et à l’alliance Di Maio/Salvini en Italie. Tous ces phénomènes expriment à leur façon une crise du monde et du modèle néolibéral. Pour éviter tout simplisme dans l’interprétation et l’évaluation, cette crise doit absolument être mise en perspective historique. 

Des socialistes devenus individualistes

Il y a cinquante ans, le monde occidental était en marche à petits pas vers le socialisme. Le communisme totalitaire était une réalité menaçante à nos frontières européennes. Dans chaque pays, la démagogie électorale tendait à réduire sans cesse les marges des entreprises et la liberté de gestion des entrepreneurs, avec une tendance continuelle à aller vers une redistribution maximale, vers la cogestion, puis l’autogestion : en un mot la réduction maximale de la liberté d’entreprise et du droit de propriété privée. 

Mais en même temps, le capitalisme équilibré par la social-démocratie avait énormément accru la richesse générale et créé une mentalité plus embourgeoisée qui rendait le communisme obsolète, d’autant que l’excès de socialisme nuisait désormais au développement de la prospérité désirée. C’est pourquoi la révolution de 1968, qui avait commencé en épopée de révolution socialiste se termina en comédie de révolution sexuelle individualiste. La gauche, devenue dans ses chefs individualiste et bourgeoise, ne put s’opposer longtemps aux politiques néolibérales, voire les mit elle-même en œuvre. Tout ceci commença à s’affirmer au long des années 1970, renversant la tendance historique vers l’égalité et le socialisme. 

Les néolibéraux contre la démocratie

Comme la démocratie nationale s’était révélée trop égalitaire et menant au socialisme, les néolibéraux ont drastiquement limité la démocratie politique, pour sauver la liberté économique. Parmi les principaux moyens employés pour arriver à cette fin, nous pouvons citer l’interdiction faite aux États de faire du déficit sans emprunter sur les marchés financiers. Il y a aussi ces traités de libre-échange et la liberté consécutive de circulation des capitaux, des marchandises et de la main d’œuvre à la surface de la planète. En d’autre termes, la mondialisation. Il faut aussi relever la primauté des traités sur les constitutions nationales, le renforcement du contrôle des décisions politiques par des organes judiciaires, souvent supranationaux, statuant à partir d’une interprétation néolibérale des droits de l’homme. Je note également que l’association des nations dans des groupements supranationaux échappe de fait à tout contrôle démocratique. Sans compter l’imposition d’une orthodoxie philosophique impitoyable, le « politiquement correct », chargée de culpabiliser et d’inhiber toute résistance à la domination néolibérale.   

La fin du cycle néolibéral

Nous arrivons en ce moment au bout de l’exercice néolibéral, qui succombe sous la coalition de tous ceux qu’il n’a pas assez respectés. Il a abouti à vider la démocratie politique de la plus grande part de son contenu, puisque la politique des États est déterminée à 90% par les marchés, les traités, les juges et les organisations internationales. Les inégalités se sont énormément accrues entre les bénéficiaires et les perdants de l’économie néolibérale. Et tout simplement, malgré l’énormité du déficit et des dépenses publiques (financés par la dette, c’est-à-dire par nos enfants), une masse de gens n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

Les conservateurs qui étaient au début néolibéraux par opposition au communisme ne suivent pas les néolibéraux dans leur utopie politique ultra-internationale, ni dans leur culture ultra-individualiste et libertaire. L’affirmation politiquement correcte d’un grand nombre de « libertés » transgressives a pour conséquence calamiteuse (prévisible mais imprévue) de libérer aussi dans une minorité à problèmes les désirs de vengeance, de violence et de destruction. Les questions sont donc : que va-t-il se passer maintenant ? Et surtout : qu’est-ce qui vient après ? 

Retrouvez les réflexions de philosophie, de politique et de spiritualité de Henri Hude sur son blog.

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