Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Jeudi 28 janvier |
Saint Thomas d'Aquin
home iconCulture
line break icon

Quand les prêtres partaient au front avec leur autel portatif

AUTEL PORTATIF

Boisseau Pomez - Ivoire France

Caroline Becker - Publié le 09/11/18

À Troyes, une exceptionnelle vente aux enchères dédiée à la Première Guerre mondiale aura lieu le 9 et 10 novembre par les maisons Ivoire Troyes et Beauvais Enchères. Parmi les pépites de cette vente, un autel portatif ayant servi à célébrer la messe dans les tranchées.

Lors de la mobilisation générale du 1er août 1914, séminaristes, prêtres et religieux sont mobilisés en application de la loi du 21 mars 1905, dite « des curés sacs au dos », qui supprime toutes les dispenses de service militaire. De nombreux prêtres — non aumôniers militaires — généralement envoyés dans les services de santé, se retrouvent alors expédiés au front sans le matériel nécessaire à la célébration de la sainte messe.

La nécessité des messes pour les soldats

Conscient de l’importance de célébrer le sacrifice eucharistique pour soutenir la foi, si ce n’est le moral, des soldats, les institutions catholiques commencent, à partir de 1915, à envoyer le matériel nécessaire à la célébration de la messe. Le Bulletin de l’Œuvre pressentait d’ailleurs ce besoin urgent dans son numéro de janvier 1915 : « Ils sont des milliers sur le front, qui n’ont même pas la consolation, dans les intervalles d’un service toujours pénible, toujours périlleux, de pouvoir offrir le Saint-Sacrifice, parce qu’ils manquent de tout ce qui est nécessaire pour dire la messe ; ils sont des milliers qui sont privés de faire la charité. Donnons-leur pour qu’ils puissent donner. Envoyons-leur de généreuses offrandes, des vêtements chauds. »


WWI PRIESTS

Lire aussi :
Pendant la Grande Guerre, « la France a retrouvé ses prêtres dans les tranchées »

Dès 1915, les prêtres commencent alors à recevoir des petites valises nominatives contenant les objets essentiels à la célébration du sacrifice eucharistique : ciboires, vêtements liturgiques, missels, crucifix, chapelets, médailles, ouvrages de piété… D’autres valises, plus complètes, pouvaient également contenir des vêtements de dessous, chauds et imperméables — adaptés aux circonstances des tranchées — et quelques produits comme des briquets, cigarettes, savon, chocolat et conserves. En 1915, c’est presque une centaine d’autels portatifs qui sont livrés sur le front.




Lire aussi :
Ernest Olivié, prêtre et brancardier dans la Grande Guerre

De nombreux objets, témoignages émouvants de ces messes dans les tranchées, ont été préservés de l’oubli. Comme ces chasubles de prêtre-soldat, dorées d’un côté, noires de l’autre, qu’il suffisait de retourner pour célébrer l’office des morts le lendemain d’une trêve toujours trop courte. Ou encore ces petites tables portatives en bois — comme celle présente dans le vente — qu’il fallait déplier pour découvrir, au centre, la fine plaque de pierre ou de marbre bénite, nécessaire au sacrifice eucharistique. Avec elle, lutrin, ciboire, patène, clochette et corporal venaient compléter le tout.

Un service rudimentaire qui laisse imaginer les conditions précaires de ces messes dans les tranchées mais ô combien nécessaire aux soldats, comme l’exprimait le père Louis Lenoir, aumônier militaire : « En ces jours où la Patrie vous demande tous les sacrifices, où, pour elle, vous devez quitter vos familles, vivre dans les souffrances des tranchées, marcher à la mort, vous avez plus que jamais besoin de vous tourner vers Dieu, notre Souverain Maître. »

Pour découvrir quelques images de prêtres célébrant la messe sur le front, cliquez sur le diaporama :

Tags:
armisticegrande guerreMesse
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Tzachi Lang, Israel Antiquities Authority
John Burger
Une pierre portant l'inscription "Christ, né de de Marie" retrouv...
2
jeunesse et covid
Jeanne Larghero
Face au coronavirus, jouer la sécurité ou tenter le risque ?
3
Domitille Farret d'Astiès
Faustine et Bérénice partent à pied vers Jérusalem sans un sou en...
4
WEB2-Rene-Regalado-diocese-of-malaybalay.jpg
Agnès Pinard Legry
Philippines : le père René Regalado abattu de plusieurs balles da...
5
Xavier Patier
Séparatisme: "On vise la mosquée radicale et l’obus tombe sur l’é...
6
étudiante
Marzena Devoud
Le kit de survie spirituelle des étudiants confinés
7
Domitille Farret d'Astiès
Partir en mission en Inde, la formidable aventure de la famille C...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement