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Anna, la strip-teaseuse devenue religieuse

ANNA NOBILI

Antonio E Anna Masciello/Facebook

Aleteia Pologne - Marzena Devoud - Publié le 08/10/18

"Quand je dansais, tout le monde me traitait comme si j’étais une prostituée. Mais grâce à Jésus, j'ai compris que mon corps n'était pas une ordure". Soeur Anna Nobili, ancienne strip-teaseuse aujourd'hui religieuse, s'est confiée à Aleteia.

Avant de rencontrer Dieu, Anna Nobili était strip-teaseuse. Pour son travail, elle écumait les boites de nuits branchés de Milan. Jusqu’au jour où elle a rencontré le Christ. Six ans après, elle écoute l’appel du Seigneur et devient religieuse de la congrégation des sœurs ouvrières de la maison de Nazareth. Sœur Anne Nobili nous raconte son étonnante conversion.

Qu’est-ce qui entraîne une jeune fille belle et sensible comme vous d’aller se dénuder dans une boîte de nuit ?
Sœur Anna Nobili : Mes parents ont divorcé quand j’avais 13 ans. Papa était violent verbalement et physiquement avec ma mère. C’était un homme malheureux, il reportait toute sa frustration sur nous, ses enfants. Personne ne lui avait appris à aimer. Il ne pouvait donc pas donner d’amour à ses enfants ni à sa femme. Avec l’âge, ce manque d’amour de la part de mon père est devenu pour moi de plus en plus insupportable. À l’intérieur de moi, je vivais un vide émotionnel. J’étais très timide, je bégayais…

Pour monter sur scène, il ne fallait pas être timide…
À cette époque, je croyais que je ne valais rien. À l’école, je me sentais rejetée. Les autres élèves me faisaient comprendre que je n’étais bonne à rien. Il fallait que je leur ressemble pour être acceptée. Alors, j’ai commencé à m’habiller différemment en forçant ma mère à m’acheter des vêtements chers et à la mode. J’ai commencé à me maquiller et à m’habiller de façon provocatrice. Sauf que mes amies de classe sont finalement devenues jalouses de moi. Visiblement j’étais trop jolie et sexy. Elles me considéraient comme une menace. De nouveau seule et rejetée, je commençais à déprimer.




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Vous n’aviez pas de petit ami ?
Si. Il m’ignorait le jour et abusait de moi la nuit. Nous étions ensemble la nuit mais dans la journée, j’étais toujours seule. Quand j’ai compris qu’il ne m’aimait pas, je me suis révoltée. J’ai décidé alors de passer en mode de vie nocturne. Alors j’ai commencé à travailler dans quelques clubs de Milan où l’alcool coulait à flots comme strip-teaseuse. Grâce à mon travail je pouvais rencontrer un nombre illimité de garçons. Je connaissais tous les videurs de la ville. Je pouvais entrer gratuitement partout. Vers deux heures du matin, je terminais mon travail et ensuite je faisais le tour des discothèques jusqu’à l’aube.

Êtiez-vous heureuse ?
Je vivais dans l’illusion du bonheur. Je ne m’aimais pas, mais mon corps plaisait aux hommes. Mon corps et ma danse sont devenus des outils avec lesquels je chassais les garçons comme des trophées. Toujours plus. Chaque nuit un nouveau. J’ai même suivi un cours de danse qui m’a permis de jouer dans un spectacle. Cela m’a ouvert les portes de la télévision. Je suis devenue connue. Je voyageais dans le monde entier.

Quel est l’événement qui vous a fait quitter le strip-tease pour la vie consacrée ?
Malgré mes succès, je ressentais un vide. Je me sentais en réalité seule et… sale. Mon corps ne recevait aucun geste de tendresse. C’était toujours violent et excitant, mais pas tendre. Je n’avais pas d’estime pour moi. J’avais besoin de délicatesse et de respect. Je rêvais de rencontrer un garçon me dire un jour qu’il est amoureux de moi, qu’il m’aime. Ce n’est jamais arrivé.




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C’est cela qui a été le déclic pour vous ?
Je ne sais pas. Le diable contrôlait ma vie. Il me disait ce que je devais faire et je lui obéissais. Je vivais comme une aveugle. La maison me servait juste d’hôtel. J’y croisais mes frères et sœurs sans leur parler. Avant de sortir, je passais une heure à me maquiller. J’en mettais des tonnes car je ne me plaisais pas. Chaque fois que je m’installais devant la glace, ma mère venait me parler. Elle me parlait de Jésus. Un jour j’ai explosé et je lui ai dit que je n’avais pas demandé à vivre. Mais elle a continué à me parler de Jésus. Elle allait à la messe tous les soir à mon intention.

Qu’est-ce qui vous a poussé à changer ?
Un jour, une femme m’a appelé dans la rue. Je ne la connaissais pas, pourtant elle savait très bien qui j’étais. Nous avons commencé à discuter… J’ai compris que ma mère lui avait donné ma photo. Comme à toutes ses amies, elle lui avait demandé de prier pour moi, ce qui est une pratique très habituelle en Italie. Cette amie de ma mère m’a proposé de faire une retraite à Assise. J’ai dit oui. Quand j’y suis allée, j’ai vécu quelque chose de merveilleux en une seule journée. Il y avait des jeunes qui chantaient et qui priaient. Ils s’amusaient aussi, mais sans être ivres. C’était pour moi tellement nouveau et tellement beau. J’étais riche, j’avais tous les garçons que je voulais, j’organisais des fêtes d’enfer, mais je n’avais jamais connu une ambiance aussi joyeuse. Quelques mois plus tard, je suis allée à la messe. J’ai entendu le prêtre dire que Dieu aimait très fort la personne qui, dans l’assistance, venait dans cette église pour la première fois. J’ai senti qu’il parlait de moi. Ses paroles ont touché mon cœur. Quelque chose s’est brisé en moi. J’avais 22 ans, je continuais à travailler comme strip-teaseuse mais j’allais à la messe chaque dimanche. Souvent, j’arrivais directement des clubs où je passais la nuit à danser. En partant, je disais à mes amis que j’allais à la messe parce que Dieu m’aime. Ils me prenaient pour une folle. Mais moi, j’étais entre les deux « folies » : celle de la vie nocturne et celle de l’amour de Jésus.


PIERRE MARC BAUDRAIS-CARTOT

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Cela a été difficile de choisir entre ces deux folies ?
Oui… je balançais entre les deux. Jusqu’au jour où j’ai senti la présence réelle de Jésus. C’était au cours d’une retraite. C’est ce jour là que j’ai dansé pour la dernière fois. Le lendemain, j’ai décidé de changer ma vie. Quand je dansais dans les clubs tout le monde me traitait comme si j’étais une prostituée. C’est Jésus qui m’a fait comprendre que mon corps n’est pas une ordure. Il m’a montré que je suis une vraie perle. Alors que tous les hommes m’offraient quelques compliments en échange de mon corps, l’amour de Jésus était inconditionnel.

Vous avez alors tout quitté pour le suivre ?
J’avais besoin de tout laisser : les boites de nuit, la télé, tout… Je voulais enfin Le connaitre. Pourtant, le jour où j’ai commencé à entendre l’appel vers ma vocation religieuse, j’ai paniqué. J’ai eu peur de l’accepter, peur que Dieu veuille prendre ma joie de vivre, mon bonheur. Mais le lendemain de cette prise de panique, j’ai lu un passage du Cantique des Cantiques : « Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée » (4, 12). Cet extrait a ouvert mon cœur à Lui.

Que conseillez vous aux jeunes femmes qui se sentent, comme vous à l’époque, perdues, rejetées, seules et sans âme sœur ?
Beaucoup de femmes cherchent la confirmation de leur valeur auprès des hommes. Parfois, à la suite d’une relation malheureuse, la femme cherche les bras grands ouverts du premier homme venu pour se sentir plus digne et reprendre confiance en elle. Cela ne marche pas toujours. On ne peut pas chercher un homme à tout prix. Il vaut mieux rester un certain temps seule et se recentrer sur sa vie intérieure. Rien ne vaut mieux que de découvrir sa propre beauté, ses rêves, ceux qui ne sont pas liés à la recherche d’un amoureux. Quand une femme s’estime et qu’elle s’aime, quand elle prend soin d’elle et qu’elle découvre sa réelle valeur, elle finit par trouver un jour l’homme qui va vraiment l’aimer et la respecter. Elle n’attirera plus ceux qui voudront abuser d’elle. Elle attirera ceux qui cherchent une femme belle et libre.

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