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Athée, Elena trouve la foi dans un petit appartement du 6e étage

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Fot. Archiwum prywatne s. Wiery
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Elena Isachenko a grandi en Russie dans une famille athée. Mais un jour, à l'âge de 22 ans, sa vie prend tournant radicalement différent. Le Seigneur vient la rencontrer dans un petit appartement du sixième étage.

« J’ai de merveilleux parents qui m’ont élevée et m’ont donné tout ce qui était nécessaire pour ma vie d’adulte. Tout, sauf la foi », se souvient Elena Isachenko. Elle a grandi en Russie dans une famille athée. En effet, par crainte des persécutions religieuses en URSS, ses grands-parents n’ont pas transmis la foi à leurs enfants. Mais la petite fille a de grandes questions. « Lorsque j’étais enfant, souvent, en fin de soirée, je me rendais sur le balcon et je contemplais les étoiles dans le ciel, ainsi que les montagnes qui entouraient la ville. Je me demandais alors où était cette toute-puissance qui régnait sur le monde ».

Une vision de la foi pessimiste

La jeune femme commence des études de journalisme. Sa vision de la foi est très pessimiste : elle l’associe à la tristesse et aux interdits. Elle n’a encore jamais rencontré de prêtre ou de religieuse, ni personne qui soit animé par la foi. Et bien qu’elle n’ait jamais lu la Bible, elle est convaincue qu’elle empêche les chrétiens de rire et de se divertir. Pour elle, les monastères sont une sorte de refuge pour ceux qui sont désespérés et sans avenir.

En quatrième année d’études de journalisme, elle voit un jour sur un tableau d’affichage des informations au sujet d’un cours de langue polonaise. Elle s’y inscrit, provoquant la surprise de ses camarades. « Ils m’ont tous demandé pourquoi je ne choisissais pas plutôt l’anglais. Comme moi, ils ne savaient pas que c’était Dieu qui mettait son plan en œuvre ». Le professeur, Izabela, est une jeune étudiante polonaise de Cracovie. Ses élèves lui demandent de les emmener dans un lieu où ils pourront découvrir la langue polonaise de façon « vivante ». Elle les conduit donc à une messe en polonais à la chapelle des sœurs de la miséricorde de Saint-Charles-Borromée.

Le sourire de sœur Samuela

Messe, chapelle, religieuses… Tout cela est complètement nouveau pour Elena. « J’imaginais que ce serait une religieuse voûtée et sinistre comme un matin pluvieux qui nous ouvrirait. Nous avons pris l’ascenseur jusqu’au sixième étage. La porte s’est ouverte et à ce moment-là, j’ai vécu un premier choc. Ce n’était pas une religieuse triste et accablée par le poids de la vie, mais sœur Samuela, dont le sourire a illuminé la cage d’escalier. Elle nous a accueillis et nous a conduits à la chapelle. C’est là que j’ai vécu ma première messe en polonais, à laquelle je n’ai quasiment rien compris ».

Au cours de l’Eucharistie, Elena vit un autre choc quand elle voit Izabela s’agenouiller et prier après la communion. Elle ne dit rien, mais la jeune non-croyante est convaincue qu’elle parle à quelqu’un qu’elle cherche depuis toujours. « Il était là, dans cet appartement. J’ai compris qu’il ne se cachait pas derrière les montagnes, mais qu’il était là pour rencontrer chacun de nous ». Après la messe, sœur Samuela invite le groupe d’étudiants à partager un petit-déjeuner. Ils passent plus d’une demi-heure ensemble dans la cuisine du couvent à échanger en riant. Elena découvre la joie de vivre des religieuses, ce qui met à mal sa théorie des âmes perdues et marginales cachées dans les monastères.

Conversion et appel

Elle se met alors à fréquenter l’église de plus en plus souvent et rend régulièrement visite à sœur Samuela. Au bout de quelques mois, elle commence à se préparer au baptême. Après un an de catéchuménat, elle reçoit le baptême la nuit de Pâques. Izabela, sa marraine, se tient à ses côtés. Un jour doublement important pour la jeune femme de 22 ans. En effet, quelques semaines auparavant, les sœurs de Krasnoïarsk (Sibérie) ont reçu la visite de mère Albert, la supérieure générale des sœurs de la miséricorde de Saint-Charles-Borromée. À cette occasion, Elena lui demande de rejoindre la congrégation.

« Dès le début, témoigne-t-elle, j’étais convaincu que c’était ma voie. Mère Albert m’a expliqué que le droit canon ne permettait pas aux personnes non baptisées de rejoindre une communauté religieuse. Mais elle m’a dit en souriant que cela serait possible le jour de mon baptême. J’ai donc fait mon entrée dans la communauté ce jour-là ». Elle choisit le nom de Vera, qui vient du slave viera, « foi ». « J’ai compris que la foi qui me permettait de me rapprocher de Dieu était un cadeau non mérité. Je n’avais rien fait pour l’obtenir. En choisissant ce nom, je voulais le remercier pour ce cadeau qu’il m’avait fait dans un petit appartement du sixième étage ».

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