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Comment pratiquer l'oraison quotidiennement ?

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Jacques Gauthier - Publié le 29/08/18

Pratiquer l'oraison, c'est commencer un rude combat de tous les jours. Mais il faut continuer : nous avons les moyens de vaincre.

Dans Une saison en enfer, Rimbaud écrit que « le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ». Or, s’il est un lieu privilégié où se déroule ce combat spirituel, c’est bien l’oraison, appelée aussi prière contemplative ou prière de silence. Que de chrétiens la commencent avec enthousiasme et l’abandonnent en cours de route. Y a-t-il plus d’anciens combattants que de jeunes recrues pour cette forme de prière intérieure ? Ne nous décourageons pas, nous pouvons toujours reprendre les armes si nous le voulons, car c’est avant tout une question de désir, de volonté, d’amour, de foi. L’oraison n’est pas une guerre pour surperhéros, elle est au plus un combat spirituel pour les pauvres que nous sommes.


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Je veux ce que tu veux

Le père Henri Caffarel (1903-1996) a montré dans ses nombreux livres que l’oraison est une orientation libre de tout notre être vers Dieu. « Seigneur, je veux de cette oraison ce que tu en veux ». Cet acte lucide de vouloir ce que Dieu veut dépasse les sensations, les sentiments, les distractions, les images, les idées que nous pouvons éprouver en priant.

Dans Cinq soirées sur la prière intérieure, il écrit : « Mais alors si l’essentiel de l’oraison ne réside ni dans la stabilité de l’attention, ni dans le « je sens », ni dans le « je pense », où le trouver ? Dans le « je veux », l’adhésion de ma volonté à la volonté de Dieu. Ce qui revient à dire que l’oraison n’est pas affaire d’attention, ni de sensibilité, ni d’activité intellectuelle. Elle consiste en cette orientation que j’imprime volontairement à mon cœur profond. »

Ce « je veux », moteur du voyage intérieur avec le Christ qu’est l’oraison, devient le « pilote automatique », expression chère au père Caffarel, qu’il appelle aussi « intention ». L’intention de se livrer sans réserve à l’amour de Dieu dans l’oraison commande tout le parcours, même si l’attention à Dieu n’y est pas toujours. L’intention vient de nous et nous engage à continuer à prier, l’attention à Dieu est une grâce qui nous conduit à goûter son silence d’amour. Dieu combat en nous par son Esprit, nous n’avons qu’à lui dire : « Je veux être tout à toi ».




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Laisser Dieu triompher en nous

Si l’oraison relève de la volonté, elle est de l’ordre du combat spirituel, comme Jacob avec l’ange, où nous laissons Dieu triompher en nous. Être seul devant Dieu pour se recentrer en lui, cela ne va pas de soi. Il ne s’agit pas tant de « lâcher-prise », comme dans un effort illusoire de notre part, mais de s’abandonner à Dieu en nous, nous recentrer sur sa présence aimante.

Saint Nicolas de Flüe disait : « Il peut se faire qu’on aille à la prière comme à la danse, il peut se faire qu’on aille à la prière comme au combat ». L’important est d’y aller, et de durer, sans faire de grands efforts, si ce n’est de laisser Dieu vaincre nos résistances en misant sur nos faiblesses. « Ma faiblesse, c’est ma force », disait saint Paul.

Nous ne pouvons persévérer dans la prière que par l’ardeur d’un amour humble et confiant qui attend tout de Dieu. Si nous l’aimons vraiment, nous prierons. S’il fait partie de notre vie, nous mènerons le combat de la prière avec la force de notre foi, la vigueur de notre espérance et la ferveur de notre amour. Nous avons à combattre la lourdeur, la paresse, l’ennui, la routine, par la puissance de la Parole de Dieu qui soutient notre prière.

L’oraison se nourrit à la méditation de la parole de Dieu, surtout l’Évangile, lieu privilégié de la rencontre du Christ. Plus nous méditons l’Évangile, plus Dieu incline notre volonté à la prière profonde. Sa parole épouse toujours notre silence, même s’il est inquiet et tapageur. « Cherchez en lisant, et vous trouverez en méditant ; frappez en priant, et il vous sera ouvert par la contemplation » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2654).

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

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