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Ces expressions qui ont une origine biblique : « Qui sème le vent récolte la tempête »

STORM COAST
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Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne pas qu’elles puissent avoir une origine biblique.

Les petites choses peuvent avoir de grandes conséquences et il ne faut pas s’étonner des répercussions quand on provoque le désordre. C’est ainsi que l’on peut résumer le sens de l’expression « Qui sème le vent récolte la tempête ». Un avertissement simple et plein de bon sens mais qu’il n’est pas inutile de rappeler de temps à autre comme l’illustrent depuis longtemps de nombreux dictons plus ou moins imagés issus de la sagesse populaire ! Citons par exemple « Comme on fait son lit, on se couche » (XVIIe siècle), « Qui crache au ciel, il lui retombe sur le visage » (Moyen Âge) ou encore « Qui mal veut, mal lui vient » (XVIIe siècle). Plus près de nous, l’auteur Jean-Christophe Grangé lui donne dans son roman Les rivières pourpres une connotation vraiment menaçante : « Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance, la mort… ».

L’origine de cette expression, toujours très utilisée, est pourtant fort lointaine puisqu’elle remonte au VIIIe siècle avant Jésus-Christ et nous vient du livre du prophète Osée :

« Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. » (Os 8, 7)

La référence aux semences et aux récoltes, si fréquente dans la Bible, rappelle que la vie agricole faisait partie du quotidien du peuple hébreu. Les paroles d’Osée rejoignent celles de saint Paul : « Ce que l’on a semé, on le récoltera » (Ga 6, 7), ou encore celles de Job : « Les laboureurs d’iniquité et les semeurs de misère eux-mêmes la moissonnent ». (Jb 4, 8)

Osée dénonce la décadence du Royaume d’Israël qui s’est détourné de Dieu et pratique le culte des idoles. En réponse à cette idolâtrie (le « vent » évoqué dans l’expression) et la trahison de l’Alliance avec Dieu, le prophète prédit « la tempête », c’est-à-dire la dévastation du pays et l’exil à Babylone.

L’Alliance, une relation d’amour

L’originalité du Livre d’Osée vient du parallèle entre la situation conjugale du narrateur et l’Alliance de Dieu avec le peuple d’Israël. Dieu a demandé à Osée d’épouser une prostituée appelée Gomer. Osée aime sa femme, mais Gomer le trompe et continue de se livrer à la prostitution, symboliquement comparée à l’idolâtrie. La rupture entre les époux, comme celle entre Dieu et son peuple, semble consommée et l’Alliance définitivement rompue. Dieu demande d’ailleurs à Osée de nommer leurs enfants Yizréel pour le fils premier né (« Dieu sème »), Lô-Rouhama pour la fille (« non aimée ») et Lô-Ammi pour le dernier fils (« pas mon peuple »)…

Toute la déception, le chagrin et la colère exprimés par Osée, blessé dans son amour, sont ceux de Dieu devant le comportement du peuple hébreu : « Elle n’est plus ma femme et moi je ne suis plus son mari ! » (Os 2, 4).

Mais malgré la trahison de Gomer et ses infidélités, Osée l’aime toujours et lui pardonne. De la même façon, Dieu aime son peuple d’un amour ardent et est toujours prêt à lui accorder son pardon : « Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël » (Os 14, 5). Et c’est par le renouvellement d’une belle promesse d’amour que s’achève le Livre d’Osée. L’Alliance est une relation d’amour, un amour sans limites et plus fort que tout. Alors semons l’amour à la place du vent et récoltons la grâce à la place de la tempête !