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Élections en Irak : le boycott n’est pas la solution

© SAFIN HAMED / AFP

Des chrétiens irakiens assistent à une messe à Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Erbil (Irak), le 25 octobre 2016.

Paul de Dinechin - Publié le 06/04/18

Pour le patriarche de l'Église catholique chaldéenne en Irak, Mgr Louis Sako, les chrétiens doivent se saisir des prochaines élections de mai 2018 comme une opportunité de changement pour le pays.

Dans le climat de violence et d’instabilité qui règne en Irak depuis une quinzaine d’années, et en particulier depuis 2014 avec l’émergence du groupe Etat islamique, ces élections sont une chance unique : une opportunité d’apporter l’espérance aux Irakiens, qui ont tant souffert et espérance – surtout – de choisir des hommes politiques compétents et désintéressés, affirme Mgr Sako.

Voter, une responsabilité « morale et nationale »

Pour le prélat chaldéen, il existe en effet une véritable tentation de boycotter ces élections. Une sorte d’“à quoi bon ?“ paralysant soufflé par le Malin à l’oreille de ceux qui en ont assez de souffrir. Mais pour le patriarche, ce n’est pas la bonne solution. Ce serait au contraire un aveu de faiblesse et d’abandon. Voter, explique-t-il, est une responsabilité à la fois “morale et nationale“ pour les chrétiens, qui peut permettre un vrai changement positif pour le pays.


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Comme tous les quatre ans, les Irakiens sont invités à choisir leurs représentants politiques. Des députés, en quelque sorte, mais également grands électeurs. Le 12 mai prochain, 328 élus seront ainsi désignés par leurs concitoyens pour siéger au ‘Conseil des représentants’. Ces grands électeurs auront par la suite la responsabilité de choisir pour le pays le prochain président.




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Une attention particulière sera évidemment portée au Kurdistan, cette région du nord-est du pays, dont la Constitution du pays reconnaît une certaine autonomie. De très nombreux chrétiens s’y sont réfugiés pour fuir les massacres et les conversions forcées des islamistes, notamment aux alentours de la ville d’Erbil.

Enjeu majeur pour les chrétiens

Cette responsabilité, poursuit le prélat chaldéen, incombe à tous les citoyens, bien entendu, mais aux chrétiens plus précisément. Dans le contexte actuel, ceux-ci sont vraiment appelés à participer à l’élection. Cinq sièges de députés leur sont d’ailleurs réservés de droit, en tant que minorité du pays.

C’est d’autant plus importante que ces chrétiens ne seraient pas plus de 200.000 dans le pays, après leur exil massif et forcé. Leur présence physique et politique est donc menacée.

Voter pour les réfugiés

Par ailleurs, beaucoup de déplacés, qui ont fui les villages de la plaine de Ninive, vivent encore dans des camps. Ceux-là n’auront sans doute pas la possibilité de se rendre aux urnes. Tant d’enfants sont devenus orphelins et tant de femmes, veuves. Pour eux, et pour tous les chrétiens, il faudra porter leur voix, martèle Mgr Sako. Et en parallèle, la proximité avec ceux qui sont dans le besoin permet de les aider à trouver une maison, un travail ou une école pour leurs enfants.

“L’Église chaldéenne est une Église martyre“, affirme le patriarche. Un martyre qui fait partie de “notre histoire“, poursuit-il. Dans cette souffrance, réside cependant la foi de Dieu et l’espérance de tout un peuple. Car de leur héroïsme pourrait un jour émerger une société meilleure.

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