À Québec (Canada), le père André Morency, prêtre rédemptoriste, a fondé au début des années 1990 la Fraternité Saint-Alphonse, une maison qui accueille des personnes ayant développé des addictions à l’alcool, à la drogue ou encore au jeu.Dans sa jeunesse, André Morency tenait un bistrot. Mais la trentaine venue, il fait faillite. Dans un entretien accordé à la revue biblique Parabole, il évoque son amour-propre blessé et raconte qu’il a alors passé trois mois sans voir personne. Avant de se relever. Le jeune homme a finalement repris pied et a fait le choix d’entrer à 33 ans dans la congrégation des Rédemptoristes.
Les Rédemptoristes consacrent leur vie entière à “l’annonce de la Bonne Nouvelle” auprès de ceux “qui ont un besoin urgent d’une parole d’espérance”. Au noviciat, André Morency choisi de s’engager auprès des sans-abri. Un apostolat qui lui a permis de toucher du doigt ce qu’il nomme “l’amour du pauvre, du poqué (paumé, ndlr) et du malheureux”. Il a ensuite été ordonné prêtre, avant de fonder la maison Saint-Alphonse.
Une maison pour les poqués et les malheureux
Ceux qui viennent frapper à la porte de la maison ont des profils variés. Hommes, femmes, juniors et seniors. Le foyer accueille vingt-deux résidents. Le plus jeune a 23 ans quand le plus âgé en a 72. Ici, on propose à ces blessés de la vie de “mettre en commun leurs efforts afin d’augmenter leurs chances de s’en sortir”.
On leur offre gîte et repas et on les oriente vers des services adaptés (thérapeutes…). Au-delà de ces propositions substantielles, écoute, accompagnement et vie fraternelle sont au rendez-vous. C’est également un endroit où chacun peut vivre sa foi de façon authentique. Le “curé des poqués” récapitule sa mission : “Pour moi, le gars qui rentre, c’est le Christ souffrant”.












