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Mon enfant dit tout le temps non, comment faire ?

Angry boy
By Iulian Valentin | Shutterstock
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Mal compris, le "non" d'un enfant dégénère vite en crise d’autorité. Au lieu de se mettre en colère, on peut essayer d’écouter son enfant et trouver des solutions ensemble. Explications.

Souvent par période, les enfants se dressent face à leurs parents en s’opposant. Dès le plus jeune âge, ce « non » est violent à entendre et peut entrainer une crise s’il est mal interprété par l’adulte. Sans accepter tout et n’importe quoi, on essaye d’entendre ce que l’enfant nous dit pour avancer ensemble et éviter que la situation ne s’enlise. Suivez les conseils d’Anne-Claire Kleindienst, maman de quatre enfants, psychologue clinicienne et co-auteure de Petit décodeur illustré de l’enfant en crise (éditions Mango), pour comprendre le non et découvrez ses astuces pour l’interpréter.

Aleteia : pourquoi un enfant dit « non » ?
Anne-Claire Kleindienst : C’est souvent un « non » de positionnement, de l’affirmation de soi. L’enfant nous dit « j’existe », il se met dans une forme d’individualisation. Il se pose en s’opposant.

Que veut-il exprimer ?
Derrière le mot, l’adulte doit regarder la situation avec des lunettes d’enfant, en comprenant son sentiment d’insécurité. Par exemple, lorsqu’on lui demande d’aller prendre son bain et qu’il nous répond « non ». L’enfant vit ici et maintenant. Il est peut-être en train de jouer, dessiner ou autre. Le parent lui propose autre chose, de sortir de sa bulle.

Qu’est-ce que ça va générer chez un enfant ? Si on se met à sa place, on comprend le côté intrusif, dérangeant, déstabilisant. Même si c’est une simple transition pour quitter la chambre vers la salle de bain, cela signifie sortir de son environnement sensoriel pour aller vers l’inconnu.

© Mango
Extrait de "Petit décodeur de l'enfant en crise, Quand la crise nous fait grandir", Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza (éditions Mango)

Comment éviter une situation de crise face à un enfant qui dit « non » ?
On trouve ensemble des pistes pour dépasser les crises. L’enfant anxieux, sensible a besoin d’être accompagné, on doit le prévenir de ce qui va se passer après en lui disant : « Tu joues encore un moment et on ira dans la salle de bains pour que tu prennes ta douche. » S’il est pris par surprise, cela développe un blocage.

Avec beaucoup de patience et de persévérance, on va au-delà du comportement inapproprié qui provoque l’exagération, en lui demandant, par exemple « Qu’est ce que tu veux exprimer ? ». Sans faire de longs discours, on mise sur des temps relationnels pour que l’enfant ne se replie pas sur lui. On essaye de rétablir un lien, une connexion entre nous.

Ils sont aussi bien plus capables qu’on ne le pense. On a tendance à porter une lourde charge mentale mais les enfants sont aptes à faire par eux-mêmes. Le matin si c’est compliqué, on lui demande : « De quoi as-tu besoin pour être prêt ? ». L’enfant liste les prochaines étapes, en prend conscience et les réalise plus facilement. On peut se décharger un peu, ils comprennent très vite.

© Mango
Extrait de "Petit décodeur de l'enfant en crise, Quand la crise nous fait grandir", Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza (éditions Mango)

Le « non » est-il différent selon les âges ?
L’enfant tout petit n’a pas beaucoup de mots dans son vocabulaire. Son langage ne s’est pas encore développé, il s’exprime avec ses propres outils. Il va peut-être rejeter, taper, pousser. Il est important de comprendre que pour lui, le « non » est fort, puissant. Il a saisi qu’avec ce petit mot il peut déstabiliser maman, c’est assez jouissif. À cet âge, le « non » peut vite s’inverser et basculer vers un oui ou au contraire se renforcer dans un affrontement.

On a besoin d’une cohérence à tous les âges, une attention particulière à chacun pour avancer ensemble, naviguer. Plus les enfants sont petits, plus on est directifs. Au fil des années, on compose avec le caractère de l’enfant.

Certains mots sont-ils « magiques » pour gérer le « non » ?
Quand l’enfant s’oppose avec un « non », on doit rester à l’écoute, en avançant à tâtons. « À quoi tu penses ? » ou « Je vois bien que c’est difficile pour toi » sont des pistes. Le « pourquoi » est à bannir, il est difficile à comprendre pour un enfant. On doit aussi lui rappeler la réalité des choses : « J’ai compris que c’était difficile pour toi, là c’est le matin il faut vraiment qu’on aille à l’école. Si tu veux, on en reparle ce soir. » De cette façon, il assimile la situation. Au moment de parler, on essaye de trouver des solutions pour que ce soit plus facile la prochaine fois.

Autre piste, « Je reconnais ce que tu vis », « J’ai besoin de ton aide » peut être très percutant quand l’enfant bascule dans un rapport de force, ça le valorise. Le mot magique consiste à dire « et » à la place du « mais ». Par exemple, « Je comprends que ce soit difficile pour toi et (au lieu de mais) il faut y aller, c’est l’école. » Si on lui dit « mais », la deuxième phrase annule la première. C’est un réflexe à prendre !

Propos recueillis par Mathilde Duguyet.

© Mango
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