Aleteia

Ne dites plus : « Mon enfant ne fera jamais ça… »

Partager
Commenter

Avant d’être parents, nous avions tous réfléchi à la façon dont nous ferions les choses. Une fois les enfants arrivés, la réalité est toute autre, bien loin des principes d'éducation... Voici comment et pourquoi nous avons tous dit ou pensé un jour « Mon enfant ne fera jamais ça »... alors que nous n’aurions pas dû !

La vie est faite de plusieurs étapes. L’une des plus grandes est indéniablement de devenir parents. Cela implique une multitude de changements qui requièrent flexibilité et adaptation. Pourtant, comme il est propre à l’être humain de se projeter dans le futur, nous avons tous envisagé l’avenir avec nos enfants avant leur venue, en se disant que l’on aimerait faire telle ou telle chose. Et surtout, en pensant qu’on ne tolèrerait pas l’un ou l’autre comportement, que l’on éviterait ceci, que l’on favoriserait cela… Une belle liste de principes inspirés de notre propre enfance ou d’expériences de vie acquises par la suite.

C’est évidemment tout à fait honorable et légitime d’avoir des préférences quant à l’éducation de nos petits, nous sommes cependant bien souvent rattrapés par une réalité : en pratique, tous nos beaux principes ne sont pas toujours faciles à appliquer. Certains s’avèrent même impossibles. Alors, comment supporter de devoir revoir nos attentes tout en restant cohérents avec nous-mêmes et pour le bien être de chacun ? Une expression dit : « Avant, j’avais des principes, maintenant, j’ai des enfants… ». Pour autant, changer de point de vue, est-ce vraiment oublier ses principes ?

Ce que je ne ferai jamais…

L’alimentation : je ne leur donnerai pas de plats préparés…

Vous pensiez toujours cuisiner les repas vous-même avec les meilleurs produits frais… Jusqu’à ce soir là, où, épuisée après des journées difficiles au travail, vous n’avez plus la force de vous lancer dans la grande cuisine. Peu importe, tant que c’est exceptionnel, cela n’a jamais tué personne, si ?

S’énerver : je ne m’énerverai jamais, je ne hausserai pas le ton.

Pourtant, vous vous surprenez un jour à malgré tout céder à la colère et la fatigue. Vous pouvez même proférer des menaces de punitions envers votre enfant alors que vous vous étiez promis de ne pas le faire…

Les écrans : il restera loin des écrans les premières années…

Sauf qu’un jour, on se dit qu’un petit épisode d’un dessin animé nous procurerait 20 minutes de « liberté », afin de faire autre chose… Et inévitablement, votre petit croise des téléphones, des tablettes, avec les autres personnes de notre entourage, même si on essaye de limiter.

Les occupations : nous ferons tous les week-ends des activités ludiques et des sorties éducatives et sportives.

Malgré tout, il y a aussi ces week-ends où finalement, nous restons à la maison sans faire grand-chose, alors qu’on se l’était promis. Pas la peine de culpabiliser, de nombreux professionnels prônent les bienfaits de l’ennui chez l’enfant, ces moments sont ainsi tout aussi bénéfiques !

Les habits et les stéréotypes : je n’habillerai pas ma fille en rose, mon fils en bleu, mes jumeaux de façon identique…

Mais en fait, les voir assortis, c’est craquant ! Et votre petite fille adore le rose et les paillettes ? Difficile de résister aux goûts et couleurs !

Se détacher sans culpabiliser

Finalement, malgré toutes ces belles idées que nous avions au départ, nous avons parfois l’impression de faillir à notre rôle de parent modèle, du moins à celui qu’on s’était fixé. Attendre un enfant, c’est attendre une promesse, une vie « idéale » selon nos critères. Seulement, aussi parfait soit notre enfant lorsqu’il arrive, les désillusions arrivent vite dès le début surtout avec l’apparition de la fatigue, les nuits difficiles… Que faire pour tenir le cap ?

Ne pas se comparer aux autres

Une des premières choses à éviter est bien de cesser de regarder ce que les autres ont, font, et pensent. Aucune situation n’est comparable, étant donné que chaque personne est unique, que les temps changent. Vous culpabiliserez alors moins de faire les choses à votre façon, comme vous pouvez.

Relativiser et adapter ses idées

Autre point important : garder en tête que chaque enfant est un individu à part entière, avec sa personnalité, ses capacités, son caractère. Ainsi, vous pourriez même appliquer certaines choses avec l’un de vos enfants, sans pouvoir les appliquer avec le suivant. C’est la grande règle de l’adaptation. Puisque chaque moment est spécifique, que les contextes varient et que les moyens diffèrent d’un moment à l’autre, il convient de toujours réajuster ses principes en se posant la question de ce qu’il est encore possible de faire, ou non.

Faire la part des choses

Nous en arrivons donc au besoin de faire la part des choses entre nos attentes et la réalité. Au fur et à mesure de l’éducation de nos enfants, il va falloir accepter plusieurs choses : l’enfant a également sa propre identité, probablement différente de ce que l’on imaginait ; l’environnement extérieur va confronter votre enfant à des choses dont vous vouliez l’épargner. Il faut ainsi comprendre que l’on ne pourra pas tout contrôler et qu’il y a des apprentissages que l’enfant fera par lui-même, au contact des autres, au cours de ses propres expériences.

Ne pas tomber dans la reproduction des schémas familiaux

Pourquoi faut-il absolument faire une chose d’une certaine façon ? Peut-être vos parents vous l’ont-ils enseigné ainsi et vous ne vous étiez jamais demandé pourquoi, au juste. Prenez le temps de réfléchir au bienfondé de vos principes, et demandez-vous s’ils sont toujours valables, cohérents et justifiés pour vous, aujourd’hui, pour vos enfants. De temps à autre, nous reproduisons inconsciemment et automatiquement des choses que l’on nous avait transmises alors qu’elles ne sont plus aussi pertinentes dans notre nouveau contexte de vie. En effet, les principes ne disparaissent pas, ils évoluent !

Reconnaître les émotions cachées derrière nos principes

Pourquoi voir mon enfant sauter sur le canapé me met-il tant en colère ? Peut-on vraiment dire que cela « ne se fait pas » ? Ne serait-ce pas juste un fond de jalousie, car étant enfant, cela nous était interdit ? Par moments, il convient de revoir nos idées en se demandant au fond, concrètement, pourquoi nous pensons ainsi et à quelle émotion cela nous ramène-t-il ? Après tout, si nous avons envie de rire devant une petite bêtise parfois, pourquoi se retenir ? Cela va-t-il vraiment remettre en question toute l’éducation de votre enfant ? Pourtant, les meilleurs moments font parfois braver quelques interdits… fixés uniquement par vous !

Partager
Commenter
Tags:
enfants
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]