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Vous pouvez faire en sorte que votre solitude soit une bonne chose

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Croyez-le ou non, la solitude est une opportunité pour grandir !

Tout le monde a ressenti de la solitude à un moment de sa vie, que ce soitdans sa jeunesse, en s’éloignant de son école et de ses amis pour tout recommencer ailleurs, ou peut-être simplement quand un ami a pris de la distance. La solitude peut être douloureuse et nous laisser face à un sentiment de vide. Il n’y a pas de solution immédiate, mais si l’on change la façon dont on l’aborde, on peut découvrir que ces sentiments de vide offrent en fait d’incroyables opportunités.

Le docteur Tara Well, professeur de psychologie au Barnard College de l’Université de Columbia, étudie la motivation et la façon dont les gens gèrent leurs émotions et perçoivent leurs relations. Au lieu de se concentrer sur la façon de « régler » le problème de la solitude, Tara Well insiste sur le fait que l’on devrait l’accepter comme faisant partie de la vie et nous concentrer plutôt sur le développement personnel. Que l’on lutte contre la peur de la solitude après avoir terminé nos études et déménagé loin de notre famille ou que l’on soit déçu par le manque d’activités prévues pour notre week-end, ces cinq astuces issues de la recherche du docteur Well peuvent nous aider à surmonter la peur d’être seul.

1. Chercher à apprendre plutôt qu’à savoir pourquoi

Si l’on se sent seul, on peut souvent se poser des questions comme : Pourquoi cela m’arrive-t-il à moi ?  Pourquoi suis-je si exclu et si vide ? Afin de tirer des enseignements de la solitude, Tara Well affirme que nous devons cesser de nous demander pourquoi. « Croire que nous pouvons éviter que des choses désagréables ne se reproduisent en découvrant pourquoi elles sont arrivées en premier lieu peut sembler une bonne idée, mais cela peut en réalité nous plonger dans un tourbillon de reproches et de critiques, qui va nous faire nous sentir encore plus mal, selon des recherches sur la cogitation », écrit-elle.

Au lieu de se demander « pourquoi », Tara Well recommande de se concentrer plutôt sur les opportunités d’apprentissage. « Regarder une situation sous un autre angle permet de découvrir de nouvelles informations », dit-elle. « La prochaine fois que vous sentirez la solitude s’infiltrer dans votre vie, ne vous demandez pas « Pourquoi suis-je toujours seul », mais plutôt « Que puis-je apprendre de cette situation ? » »

Le simple fait de regarder la solitude sous un nouvel angle nous permet d’en tirer des leçons beaucoup plus facilement.

2. Savoir d’où vient la peur de la solitude

Quand nous naissons, nous dépendons entièrement de nos parents, que ce soit pour la nourriture comme pour tous les autres soins. Lorsqu’on laisse seul un bébé, même si ce n’est que pour aller chercher quelque chose dans une autre pièce, il peut ressentir un sentiment d’abandon. Quand on revient dans la pièce, le sentiment se dissipe rapidement et il se rend compte qu’il n’était pas vraiment seul. Or, parfois cette peur de l’abandon que l’on éprouve quand on est petit peut perdurer dans notre vie d’adulte.

« Étant enfant, nous avons peut-être senti que nous devions nous accrocher à nos parents quoi qu’il arrive, sinon ils nous abandonneraient », écrit Tara Well. « Ces sentiments d’impuissance peuvent refaire surface lorsque nous nous sentons seuls à l’âge adulte. L’alarme d’attachement peut être déclenchée par le départ d’un conjoint, ou même d’un colocataire chaleureux. Leur absence peut déclencher dans notre corps une sorte de sevrage chimique, ce qui peut être très douloureux émotionnellement, et nous pouvons ressentir l’intensité et le sentiment d’urgence que nous ressentions étant enfant. Nous pouvons avoir l’impression que nous allons mourir. C’est le sentiment que beaucoup d’adultes craignent le plus à l’idée d’être seul. Il est important de se rappeler que nous sommes des adultes avec plus de choix et beaucoup moins de dépendance envers les autres. L’alarme est obsolète et plus exacte ; l’urgence va disparaître. Durant l’enfance, nous pouvons être abandonnés, mais à l’âge adulte, nous sommes simplement laissés : ça fait mal, mais cela met rarement notre vie en danger. »

3. Résister à l’envie de se laisser aller à des solutions de facilité

Quand on est seul, il peut être facile de se tourner vers des choses dans notre vie qui nous guérissent rapidement du sentiment de vide. Certains trouvent du réconfort dans un latte à la vanille et un livre quand ils se sentent seuls. Mais même si la nourriture, les boissons ou une séance de shopping à l’ancienne peuvent faire disparaître le sentiment de vide, ces solutions offrent seulement un soulagement à court terme (et nous regrettons souvent la décision plus tard !).

Au lieu de se tourner vers ces solutions faciles lorsque l’on est confronté à la solitude, Tara Well recommande de résister à l’envie de réparer la solitude. « Avoir un sentiment de satisfaction et accepter la solitude sans ressentir un besoin urgent de l’atténuer : c’est ce que les psychologues appellent avoir un haut niveau de contrôle des impulsions, utiliser des processus cognitifs pour observer et examiner plutôt que laisser notre détresse diriger nos actions. C’est la clé pour grandir et développer des relations saines avec les autres et avec soi-même. »

4. Prendre des risques raisonnables

Quand on traverse seul un grand changement dans notre vie, un sentiment de solitude peut s’installer. Que l’on déménage seul dans une nouvelle ville ou que l’on commence un nouvel emploi sans un visage familier au bureau, le sentiment de solitude peut nous laisser nous accrocher à n’importe quel repère. Au lieu de se renfermer sur soi-même pendant les périodes de transition solitaire, on peut prendre quelques risques raisonnables. On peut dire bonjour à ses voisins lorsque l’on s’installe dans son nouvel appartement ou aller à un after-work à la fin de notre première semaine de travail.

« En se faisant confiance et en sachant quand lâcher prise, nous pouvons mettre en œuvre le changement dans notre vie que nous désirons tant et voir notre solitude comme une situation temporaire, un moment sans soutien », écrit le docteur Wells. « Ironiquement, le faire seul pour soi-même depuis son for intérieur peut attirer à nous les gens qui nous admirent et nous respectent pour avoir le courage de défendre ce en quoi nous croyons vraiment. »

5. Rejeter l’idée selon laquelle être seul est toujours une mauvaise chose

Même si l’on est entouré de ses amis et de sa famille, on éprouvera encore de la solitude de temps en temps. De même, si on est dans une relation amoureuse, cette personne (même si c’est avec elle que l’on est censé passer le reste de notre vie !) ne va pas nous enlever tout sentiment de solitude.

« Nous sommes conditionnés à chercher le bonheur en dehors de nous-mêmes et à apaiser les sentiments de solitude, mais les autres ne peuvent pas, même s’ils nous aiment énormément, nous satisfaire complètement (et continuellement) par leur présence et leur affectueuse attention », écrit encore Tara Well.

La solitude fait partie de la condition humaine et personne ne peut la résoudre. Au lieu de s’attendre à ce que nos amis, nos relations amoureuses ou notre famille enlèvent tout sentiment de solitude de notre vie, nous devons accepter ces moments de solitude et les laisser nous aider à grandir.

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