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Le Secours catholique tord le cou aux préjugés sur la pauvreté

P.RAZZO I CIRIC
Des bénévoles de la Conférence Saint-Vincent de Paul et de l'association Août Secours Alimentaire (ASA) préparent les denrées alimentaires à distribuer à des familles démunies au gymnase de l'école Saint Joseph à Pantin, le 22 août 2015.
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Le Secours catholique a publié son rapport 2017 sur l’état de la pauvreté en France, en partenariat avec le Crédit coopératif. L'association déconstruit des lieux communs sur les pauvres.

Forte de son expérience sur le terrain, auprès de 1,5 million de personnes, dont 700 000 enfants, le Secours catholique aide à mieux cerner la pauvreté en France. Celle-ci concerne les personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 015 euros par mois (seuil à 60 % du revenu médian). Pour rédiger son dernier rapport, ainsi qu’un dossier intitulé  « Pauvreté : les préjugés face à la réalité », l’association a travaillé avec le sociologue Serge Paugam, connu pour avoir élaboré le concept de « disqualification sociale ». L’étude rapporte les cas de 85 000 situations distinctes.

Les enfants très touchés

« Les enfants sont désormais majoritaires dans nos accueils », souligne le secrétaire général du Secours catholique, Bernard Thibaud. Il signale une « précarisation croissante des familles ». La majorité de ces enfants (55%) vivent au sein de familles monoparentales, et 44% d’entre eux sont sous la responsabilité d’un adulte d’origine étrangère. Le rapport relève néanmoins que les enfants vivant avec leurs deux parents n’ont pas non plus été épargnés : en 2016, 24,2% des ménages accueillis étaient des couples avec enfants, soit une augmentation de deux points depuis 2011.

Mais le Secours catholique tord également le cou à trois préjugés — chiffres et témoignages à l’appui —, qui « sont autant de poids chargés sur les épaules » sur les personnes pauvres. Ainsi, le rapport prouve que les pauvres ne sont pas des « fainéants ». D’après le rapport, 62,5% d’entre eux ne sont pas au chômage. Si seulement 17,1% travaillent, c’est parce que 48,1% des pauvres sans activité professionnelle sont retraités, étudiants, à la rue, malades ou handicapés, au foyer ou en congé maternité, ou sans papier et sans droit de travailler. Parmi les 37,5% qui sont au chômage, la grande majorité (trois sur quatre) sont en recherche d’emploi et sans indemnité.

Les pauvres ne sont pas non plus des « profiteurs » selon l’étude du Secours catholique. Ainsi, le taux de non-recours aux droits est particulièrement élevé : 40% de ceux qui ont droit au RSA et 31% de ceux qui ont le droit aux allocations familiales. Ces taux sont particulièrement élevés chez les étrangers (59,5% et 43%). Pour finir, le rapport s’attaque à l’idée que « les pauvres sont des incapables : ils ne savent pas gérer leur argent ». Or, leur revenu médian est de 548 euros, soit trois fois moins que le revenu médian des Français, alors que les prix à la consommation augmentent. Les loyers, l’alimentation — dont les prix ont augmenté de sept points depuis 2010 —, l’eau et l’enlèvement des ordures ménagères sont les quatre premiers postes de dépenses budgétaires.

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