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L’ouvrage du moment à mettre dans la main des jeunes chrétiens (et de tous les autres)

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L’ouvrage de Christiane Rancé "Lettre à un jeune chrétien" décrit la joie de croire, l’amour, la foi, l’espérance et tout ce que la vie chrétienne apporte à l’existence dans le monde actuel.

Christiane Rancé a décidément la capacité de s’adresser à tous les publics. Après avoir publié des biographies d’une grande rigueur historique sur Tolstoï, Simone Weil, Thérèse d’Avila et même Jésus, et des récits plus personnels centrés sur l’expérience de sa foi Prenez moi tout mais laissez-moi l’extase et En pleine lumière, elle a senti l’urgence de s’adresser à un public plus jeune pour le convaincre du trésor que constitue la foi dans le monde actuel.

Elle s’adresse à un lecteur imaginaire à la deuxième personne du singulier, un « tu » qui peut sembler inconfortable ou familier, voire agaçant, mais qui imprime une tonalité directe qui va avec l’esprit de l’ouvrage.

« Aujourd’hui où nous avons l’aspirine contre la douleur et le Prozac contre l’angoisse, quelle est donc l’utilité de Jésus Christ ? » (Christiane Rancé, Lettre à un jeune chrétien, chap. IV).

L’adolescence est souvent une période compliquée, pour les parents comme pour leur progéniture. De nombreuses certitudes transmises par les parents sont remises en question au contact du monde extérieur à la famille. La tentation de dépasser les limites, de franchir les interdits et de se mettre dans des situations de transgression peut apparaitre comme extrêmement forte. C’est pour beaucoup le moyen d’expérimenter une sensation de liberté immédiate et une certaine conscience de soi et de son identité, un élément fondamental de la construction.

Le pari de Christiane Rancé, c’est d’approfondir cette révolte adolescente pour en faire la source d’une quête d’absolu, d’éternité et d’infini qui soit l’occasion de se tourner vers Dieu. Dieu apparaît alors non pas comme un moyen de lutter contre ses douleurs et ses angoisses, mais comme un élan qui conduit à la joie et à l’espérance, et le signe d’une vérité qui dépasse toutes nos petitesses, nos manques et nos imperfections.

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier s’il se perd ou se ruine lui-même ? » (Luc, 9, 22-25)

À cet adolescent tenté par la transgression, Christiane Rancé montre que face au monde actuel, la foi est justement un acte véritablement transgressif. Dans un monde qui sacralise la beauté sensible immédiate et la performance, adorer un Dieu qui a refusé sa condition divine pour se livrer totalement et gratuitement à toute l’humanité apparaît comme la seule transgression qui vaille la peine d’être vécue.

C’est une parole qui rassure à un âge où la peur de ne pas être à la hauteur peut être blessante ou paralysante : être chrétien, ce n’est pas être le meilleur, mais au contraire commencer par refuser de combattre comme les autres combattent et d’écraser les autres comme ils tentent de le faire. Christiane Rancé évoque ainsi le milliardaire Ted Turner « qui avait déclaré détester la religion chrétienne parce qu’elle était une religion de perdant ». Il semble que pour l’auteur, il n’est pas forcément bon que des jeunes aient envie de devenir milliardaires, idée qui va à rebours de certains discours politiques actuels.

Une joie qui n’est pas du monde

C’est sans doute le caractère le plus important de cette lettre : la joie chrétienne, la joie immense d’aimer Dieu et de le contempler est radicalement indépendante de notre capacité à être performant et rentable. Elle est opposée à toute notion de valeur marchande, à toute tentative de maximiser l’être humain et à tous ces raisonnements qui conduisent au transhumanisme.

Cette joie d’aimer et d’être aimé est l’aspiration profonde de beaucoup et elle est possible dans des situations de force comme de faiblesse. D’où le caractère central de la figure de saint Jean Paul II dans l’ouvrage : il a prouvé jusqu’au bout des souffrances qu’il était possible de continuer à porter la joie de la foi. Évoquant Jean Paul II, l’auteur raconte : « Je ne pouvais plus détacher mes yeux de lui. On le disait mourant et dès qu’il prenait quelqu’un dans ses bras, il rayonnait. »

On comprend en quoi la foi dans le Christ est l’unique voie pour défendre la grandeur et la véritable beauté de l’être humain, dans sa fragilité et ses limites. Ce sont là une grandeur et une beauté qui peuvent parler à tous et qui sont la cause d’une joie qui ne passera pas.

Christiane Rancé, Lettres à un jeune chrétien, Éd. Tallandier, 160 p., 14,90 euros.

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