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Quand les églises étaient parées de somptueuses tapisseries

© Alain Lonchampt - CMN

Tenture du Cantique des Cantiques : "Le Bien Aimé entre avec l'épouse dans son jardin", vers 1640.

Caroline Becker - Publié le 18/10/17

Le Centre des monuments nationaux (CMN), qui possède la deuxième collection de tapisseries la plus importante de France après le Mobilier national, a décidé de mettre en lumière une partie de ses trésors le temps d'une exposition. Des merveilles à découvrir du 7 octobre au 7 janvier 2018 au Palais du Tau à Reims.

Difficile d’imaginer de nos jours à quoi pouvait ressembler le décor des églises sous l’Ancien Régime. Tentures et tapisseries qui, autrefois, décoraient somptueusement les murs, ont aujourd’hui disparu. Et pourtant, avant la Révolution française, l’ornementation textile des églises connaissait une place primordiale. Elle trouve son origine dans la Bible et plus particulièrement dans les préceptes de Moïse, appliqués au Temple de Jérusalem (Exode, 38, 8 – 39, 43).

© David Bordes - CMN
Palais du Tau à Reims.

Dès le début du christianisme, que se soit à Rome ou à Constantinople, des tissus luxueux viennent parer les sanctuaires. Ce phénomène perdure au Moyen Âge dans les églises et les cathédrales, richement dotées par les rois et les évêques. Malheureusement, il subsiste de nos jours qu’un infime quantité des centaines de broderies et tapisseries accumulées au fil des siècles. Le Palais du Tau, ancienne résidence de l’archevêque de la cathédrale de Reims — qui accueillait les rois à l’occasion de leur sacre — possède cependant une très belle collection d’ornements liturgiques. Rien d’étonnant puisque Reims, ville du sacre, était, à ce titre, l’un de principaux archevêchés du royaume. Son trésor textile demeure ainsi, aujourd’hui, l’un des plus conséquents conservés en France.

La plus grande partie, déjà exposée dans les collections permanentes est, le temps de l’exposition, complétée par des pièces inédites conservées dans les réserves et jamais montrées au public. Le musée des Augustins de Toulouse, le musée des tapisseries d’Aix-en-Provence et le musée des Beaux-arts de Reims viennent également enrichir ce corpus pour révéler aux visiteurs la richesse des trésors religieux pas toujours facile à concevoir.

© David Bordes - CMN
La salle du Festin.

Parmi les trésors exposés, on peut distinguer deux catégories : les trésors brodés des trésors tissés. Les broderies — soit les ornements et vêtements liturgiques — étaient obligatoirement offerts par l’archevêque lors de sa nomination. Ces ornements liturgiques servaient aux grandes célébrations et aux événements exceptionnels. Mais les rois, les évêques de l’archidiocèse et les chanoines pouvaient également en offrir ce qui enrichissait, encore plus, la quantité de vêtements. Les plus belles pièces étaient évidemment brodées de fils d’or ou d’argent et illustraient des scènes de la Bible ou des figures de saints.

© Claire Beugnot
Parement d'autel, vers 1570 .

Les trésors tissés — soit les tapisseries — étaient également offerts par les archevêques lors de leur nomination. Tendues lors des solennités, ces tapisseries relataient des épisodes bibliques ou, comme à Reims, pouvaient illustrer la vie des rois comme celle de Clovis.

© Alain Lonchampt - CMN
Tenture du Cantique des Cantiques : "Le Bien Aimé entre avec l'épouse dans son jardin", vers 1640.

C’est au total une soixantaine d’œuvres, allant du XVe au XVIIIe siècles qui sont présentées dans cette exposition exceptionnelle, enrichies par des reconstitutions virtuelles — comme le décor de la cathédrale lors du sacre de Louis XV — et qui permettent de se faire une idée des décors luxueux qui ornaient les églises sous l’Ancien Régime.

Informations :

En Lices ! Divins ornements
Du 7 octobre 2017 au 7 janvier 2018
Palais du Tau à Reims

Rendez-vous sur le site officiel du CMN pour découvrir les autres programmations autour des textiles. Quatre autres monuments exposent également leurs trésors dans le cadre de la saison « En Lices ! ».




Lire aussi :
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Tags:
ArtsÉglise
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