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Quatre attitudes pour suivre Jésus

MIRACOULOUS DRAUGHT RAPHAEL
"La Pêche miraculeuse" de Raphaël (détail), 1515.
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Pour suivre le Christ, ce n’est pas compliqué : il suffit de se laisser faire par Lui. L’analyse du père François Labadens, de la communauté de l’Emmanuel.

Où que nous en soyons dans notre foi, nous exprimons dans notre cœur le désir de suivre Jésus. Mais comment faire pour réellement le suivre ? Nous expérimentons l’amour de Dieu pour nous, et nous voudrions lui répondre par notre propre amour, mais nous sommes souvent démunis face à la question de comment avancer.

En fait Jésus nous donne lui-même les indications pour nous mettre à sa suite ! Voyez comment il appelle ses premiers disciple dans l’évangile de Luc (Lc 5, 1-11). Que l’on ait envie de grandir dans la foi, de donner sa vie à Jésus, ou qu’il soit question d’une vocation particulière, les quatre pistes présentées dans cet évangile sont toujours valides. Ces quatre attitudes sont quatre acceptations, quatre moyens de mettre notre volonté et notre liberté au service de Jésus, tout cela par amour pour lui.

La première attitude, c’est d’accepter l’enseignement de Jésus

Notre passage de l’Évangile débute par une constatation : Jésus est au bord du lac de Galilée et il est pressé par les foules qui veulent entendre son enseignement. En fait nous ne savons pas ce qu’il dit. Mais Jésus touche les cœurs, nourrit les âmes, et nombreux sont ceux qui viennent passer du temps à l’écouter. La foule est tellement nombreuse que Jésus demande à l’une des équipes de pêcheurs de l’emmener à quelque distance du rivage pour qu’il puisse parler à tous de manière un peu plus confortable. Jésus utilise l’effet bien connu qui fait que l’eau du lac transmet facilement sa voix au plus grand nombre.

Accepter que Jésus choisisse le moment de l’enseignement. Jésus est malin : alors que les pêcheurs ne l’écoutaient que d’une oreille distraite en lavant leurs filets, Simon et ses compagnons sont maintenant obligés d’être avec lui dans la barque, et n’ont rien d’autre à faire que d’entendre son enseignement !

Il en est de même dans nos vies : c’est Jésus qui décide du moment où il va nous enseigner quelque chose. Comme Simon et les autres pêcheurs n’ont pas vraiment choisi, nous non plus nous ne maîtrisons pas la manière dont Dieu va nous parler. Combien d’entre nous n’ont pas été déçus par un temps de prière ou une veillée dont nous attendions beaucoup ? Dieu est le maître, et il choisit les moyens qu’il veut ! Il nous parlera par une intuition qui va germer dans notre esprit, par une parole de la Bible que nous allons recevoir, par une phrase dite par un ami etc. Notre première mission est d’accepter de recevoir l’enseignement de Jésus quand lui le veut !

Accepter humblement de découvrir de nouvelles choses. Ensuite, ce qui fait la différence entre entendre et accueillir un enseignement, c’est l’attitude de notre cœur. Pour accepter l’enseignement de Jésus, nous avons besoin d’être ouverts à quelque chose de nouveau, que nous ne connaissons pas. Donc être ouverts à la surprise, à l’inconfort et même à être déstabilisés. Si je ne veux pas changer de point de vue, ni changer d’habitude, ni changer mon cœur, il ne faut surtout pas que je reçoive cet enseignement, ce serait dangereux !

Après l’amour pour Jésus, l’humilité est donc l’attitude de cœur fondamentale pour accueillir ce qu’il veut me dire. Acceptons avec humilité la nouveauté de sa Parole qui va changer des choses dans ma vie, me faire découvrir quelque chose de nouveau, voire même peut-être… me faire changer d’avis ! Si, si, c’est possible !

La deuxième attitude, c’est d’accepter d’agir avec Jésus, et non pas pour Jésus

C’est l’étape de l’action. Mais attention, pas n’importe quelle action ! Que font les pêcheurs dans la barque après avoir entendu Jésus parler ? Ils n’improvisent pas pour lui montrer qu’ils sont les meilleurs pêcheurs de la région… Ils ne font que ce qu’il leur demande, même s’ils sont surpris par ce qu’il veut leur faire faire.

Agir pour Jésus conduit à l’épuisement. Voilà une question fondamentale pour chacun de nous : ce que je fais, je le fais avec Jésus, ou pour Jésus ? Malheureusement, on peut faire plein de trucs pour Jésus, sans jamais lui demander son avis ! Du coup on s’éparpille, on s’épuise, et on tient ses engagements à la force du poignet en ayant oublié que tout ce qui est fait sans charité ne sert à rien.

Discerner ses engagements. Pour suivre Jésus, nous avons besoin de choisir d’agir avec lui, et non pas seulement pour lui. Avec lui, c’est-à-dire avec un ami, tout simplement en coopération avec son Dieu ! Quelle immensité ! Du coup, tous ces engagements que j’ai pris cette année, tous très généreux, est-ce que j’ai pris le temps de discerner si Jésus me les demandaient vraiment ? Désirer suivre Jésus, c’est aussi accepter par amour de renoncer à certaines choses, pour me concentrer sur ce que Jésus me demande. Rassurons-nous, Jésus est réaliste, et ce qu’il nous demande, il nous donne les moyens de le faire ! Voici un critère intéressant : dans une journée, Dieu me donne le temps nécessaire pour faire tout ce qu’il me demande. Donc si je n’ai pas le temps de tout faire, c’est qu’il y a des choses en trop. Simple, non ? Rassurons-nous là encore, Dieu désire aussi que nous nous reposions, que nous ayons des relations sociales. Il n’est pas un maître impitoyable, mais un ami intime et délicat. N’hésitons donc pas à mettre toutes nos activités sous son regard, à vivre tous nos instants avec lui.

La troisième attitude pour suivre Jésus, c’est accepter d’obéir

Voilà un mot qui n’est pas à la mode ! Obéir ? Et pourtant… si nous voulons suivre Jésus, c’est-à-dire si nous acceptons de nous laisser guider, nous acceptons d’être emmenés dans des lieux que nous ne connaissons pas. Du coup il est normal que des pourquoi restent temporairement sans réponse. Temporairement… car les réponses arrivent ensuite !

Dans l’évangile de saint Luc qui nous intéresse, Jésus demande à Simon de faire quelque chose d’insensé. Simon est un professionnel de la pêche, c’est son métier depuis toujours. Il n’a rien pris de toute la nuit, et voilà qu’un inconnu qui n’a pas vraiment le profil du pêcheur, il a plutôt une carrure de charpentier, lui demande de jeter les filets ! Simon réagit en lui exprimant son incompréhension, mais il accepte d’obéir : « Sur ta parole, je vais jeter les filets ». Pourquoi obéit-il ? parce que dans sa barque il a eu le temps d’entendre les paroles de Jésus et qu’il a compris qu’elles avaient quelque chose d’extraordinaire ! L’obéissance de Simon vient du fait qu’il a passé du temps à écouter Jésus… ce qui nous ramène à la première attitude.

L’obéissance dans notre vie quotidienne. Soit, mais comment comprendre l’obéissance à Jésus dans ma vie quotidienne ? Elle n’est pas une démission de mon intelligence, mais un accueil bienveillant de quelque chose qui vient de plus loin que moi. Jésus me parle à travers ma conscience, mon intelligence, mes frères et dans l’Église. Est-ce que je suis honnête et juste dans mes actions ? Est-ce que j’accepte ce que me propose l’Église en terme d’obligations (messe le dimanche et jours spéciaux, confession au moins une fois par an, donner au denier de l’Église même si c’est peu) ? Est-ce que j’accueille l’enseignement de l’Église dans le domaine de la morale, même si pour le moment je n’en comprends pas encore tout (en sachant bien que la morale n’est pas une série de règles, mais une aide pour bien agir) ?

L’obéissance porte du fruit. Voilà un certain nombre de critères qui s’incarnent concrètement dans nos vies, et qui sont autant de moyen d’obéir à Jésus. Et comme Simon, c’est en obéissant que l’on comprendra pourquoi Jésus nous l’a demandé. Pierre se retrouve du coup avec un autre type de problème : il y a trop de poissons dans ses filets ! L’obéissance l’a porté à une fécondité qu’il ne connaissait pas. Voilà ce que Jésus nous propose si nous acceptons de le suivre : en lui obéissant (de manière juste et discernée, évidemment), nous ferons des choses que nous n’imaginions même pas ! En acceptant de sortir de notre petit cadre confortable, nous laissons Dieu agir en nous avec puissance !

L’obéissance est liée à la foi.Dans cette obéissance qui n’est pas une obéissance d’esclave, mais une action d’amour, libre et volontaire de notre part, nous construisons notre foi. La foi est justement cette obéissance, sans preuve complètement tangible, à un appel de Dieu. Le cardinal Newman disait : « La foi détache le regard d’elle-même pour le porter vers Jésus ; et au lieu de chercher avec impatience quelque assurance personnelle, elle se laisse conduire par l’obéissance en disant : “me voici : envoi-moi !” ».

La quatrième attitude c’est d’accepter ce que je suis pour laisser Dieu me transformer

Après l’épisode de la pêche miraculeuse, Jésus appelle Simon, Jacques et Jean à le suivre. Il le fait de manière particulière : « Désormais tu seras pêcheur d’hommes ». Les premiers apôtres décident alors de quitter leurs filets, leurs barques et leur famille. Leur vie change radicalement. Mais en même temps ils restent aussi les mêmes, des pêcheurs. La différence est qu’ils ne pêcheront plus la même chose : à la place des poissons, ce seront des hommes !

Ceci est un enseignement fondamental lorsque nous voulons suivre Jésus : Jésus ne nous transforme pas en quelqu’un de différent. Dans l’Évangile, Jésus reprend le métier de Simon pour lui donner sa nouvelle mission : c’est une manière de respecter très délicatement ce qu’il est, tout en changeant radicalement sa vie.

Deviens ce que tu es. Jésus nous respecte trop pour nous transformer en quelqu’un d’autre. Nous sommes chacun « une merveille à ses yeux » (Is 43, 4). C’est lui qui nous a créés et il y a un projet unique pour chacun de nous ; il n’a aucun envie que nous soyons différents ! Du coup, suite à l’appel de Jésus notre vie peut changer radicalement, mais la grâce de Dieu ne nous change pas. Au contraire, elle nous fait devenir toujours plus nous-mêmes. Suivre Jésus ne nous fait pas disparaître, mais au contraire nous révèle de plus en plus à nous-mêmes et au monde. Ainsi, nos qualités, nos talents, nos désirs, tout ce qui fait ce que nous sommes, tout cela est appelé à grandir et coopérant avec Jésus. Finalement en répondant à l’appel de Jésus de le suivre, nous acceptons qu’il nous aide à grandir intérieurement, à faire pousser et fleurir tout ce qu’il a déjà semé dans notre cœur.

Monte dans la barque

En lisant en détail ce passage de l’Évangile de Luc, nous nous rendons compte qu’il y a un personnage dont on ne parle jamais. En plus de Simon, Jean et Jacques, il y a le compagnon de barque de Simon. Il est là, il écoute, il pêche … mais il n’est rien dit de lui. Et si c’était une proposition pour prendre sa place ? Et si chacun de nous acceptait de suivre Jésus, non pas comme nous le décidons, mais comme Jésus nous le propose ? Et si nous nous nourrissions de sa parole jusqu’à accepter d’entrer avec amour à son service et de lui obéir, même si nous ne comprenons pas encore tout ?

Dans la barque de l’Église, il y a de la place pour chacun de nous, et Jésus nous appelle chacun personnellement, par notre nom, à venir à suite. N’hésitons pas à l’écouter et à répondre généreusement à son appel, car c’est en marchant généreusement à sa suite que nous grandirons et trouverons le vrai bonheur. « N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie. »

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