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L’étonnant rituel orthodoxe : plonger dans l’eau glacée

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Le groupe Isaac Delusion réalise une belle mise en scène d’un rituel pratiqué par les orthodoxes russes, lors de l’Épiphanie, dans le clip de leur chanson "The Sinner". Single de leur album "Rust and Gold", sorti en avril dernier, le choix de l’image permet un chemin de repentance au protagoniste qui se reconnaît pécheur…

Le groupe français Isaac Delusion commence à être connu grâce à la voix perchée, envoûtante et voilée de son chanteur mais aussi grâce à leur musique qui offre des mélodies simples, raffinées, à la fois douces et entraînantes.

Le réalisateur du clip, Sacha Barbin, a choisi de tourner en Ukraine pour pouvoir filmer l’intérieur d’une église orthodoxe et bénéficier des paysages glacés du pays. Afin d’illustrer, — et peut-être de sauver ? — l’homme torturé par ses péchés, la caméra le suit de son appartement à un lac gelé, en passant par l’église où il prie, vêtu de l’habit porté par les popes (prêtre chrétiens orthodoxes) et d’une croix pectorale.

Chaque année à l’occasion de l’Épiphanie, des milliers de Russes se rendent vers des étangs ou lacs gelés, recouverts de neige, pour plonger dans l’eau glacée. Pour eux, cette eau est sacrée et permet de les purifier de leurs péchés et des mauvaises pensées. Selon la tradition orthodoxe, il faut s’immerger dans l’eau trois fois, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, en souvenir du baptême. Le trou effectué dans la glace est généralement dessiné en forme de croix, pour rappeler celle du Christ. On le trouve ainsi dans le clip, au beau milieu d’un lac immense, sur lequel un groupe de personnes attend patiemment l’homme, munis d’icônes et d’une grande croix. Dans sa course vers le lac, il emporte avec lui une bible, qu’il lit une fois tombé à genoux, face au crucifix creusé dans la glace, bouleversé, après un moment d’hésitation.

« Tu m’as donné ton amour,
Tu m’as donné plus que jamais,
Et tout ce que j’ai pour toi est un espace sombre dans mon cœur,
Plein de secrets et de mensonges,
Parce que je suis un pécheur…
Il n’y a personne d’autre à blâmer que moi-même
Sept anges sont venus la nuit dernière
Pour me chanter une chanson de larmes et de douleur
Mais j’ai oublié le nom…
Tu pensais que j’étais un homme fidèle,
Je suis juste un menteur quand vient la nuit
Et je me lave les mains quand le soleil se lève. »

Dans cette chanson aux paroles simples, où le repentir n’est pas encore à l’œuvre, les mots évoquent aussi la tristesse du ciel face à son mensonge. Mais les aveux de l’homme sont ici une prise de conscience qui lui permet de porter ses fautes, première étape vers la lumière, pour aller se purifier. À son retour dans l’appartement, il s’endort, l’âme purifiée de tous péchés. Les anges l’attendent sûrement pour lui souffler d’autres paroles, plus lumineuses. Car Luc écrit dans la bible : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent ». (Luc 15, 10)

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