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Le Pape rend hommage au cardinal qui a aidé les juifs pendant la guerre

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Mgr Elia Dalla Costa, archevêque de Florence de 1931 à 1958, a aidé à sauver de nombreux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

En mai dernier, le pape François a officiellement reconnu l’héroïsme du cardinal Elia Dalla Costa (1872-1961). Archevêque de Florence de 1931 à 1958, cet homme a mené de front le sauvetage de nombreux juifs au moment des rafles de la Seconde Guerre mondiale.

En 2012, le musée de l’Holocauste Yad Vachem à Jérusalem avait déjà décerné à Elia Dalla Costa le noble statut de Juste parmi les nations. Ce titre honorifique lui a été attribué en hommage aux risques pris pour venir en aide à la communauté juive en Italie et dans le reste de l’Europe. Dans le cadre de cette consécration, le Mémorial a mené une enquête qui a permis de dévoiler l’ampleur du réseau mis en place par le cardinal. Sur ses directives, de nombreux monastères ouvrirent leurs portes aux juifs persécutés.

Son rôle a pris d’autant plus d‘importance suite à l’arrestation du rabbin de Florence, Nathan Cassuto, ainsi que de tout le réseau clandestin organisé par la communauté juive en novembre 1943. En l’absence de Nathan Cassuto, qui meurt dans le camps de concentration d’Auschwitz, Elia Dalla Costa devient le point de contact principal pour toute personne juive cherchant de l’aide.

L’enquête du Mémorial Yad Veshem a également rassemblé de nombreux témoignages, dont celui de Lya Quitt. Celle-ci se rappelle son arrivée à Florence au début du mois de septembre 1943, et la nuit passée dans la résidence de l’archevêque, au côté d’autres juifs qui, comme elle, espèrent échapper aux nazisme. Le lendemain, elle est emmené dans un des couvents de Florence qui avait accepté de prêter refuge aux juifs.

Un autre témoignage marquant est celui de Giorgio La Pira, qui devint maire de Florence après la guerre. Il a déclaré que Dalla Costa était le cœur de cet acte hautement humaniste destiné à sauver ses pairs.

Le champion du cyclisme Gino Bartali entre en jeu

Le cardinal faisait faire de faux papiers aux juifs, afin qu’ils puissent circuler sans crainte dans le pays. Ces documents étaient réalisés par des frères franciscains dans la ville d’Assise, à environ 130 kilomètres de sa résidence. Le transport de ces documents était donc extrêmement dangereux. Le cardinal était conscient du sort réservé aux opposants du régime de Mussolini. De nombreux résistants ne ressortaient pas vivant des points de contrôles tenus par les militaires à travers l’Europe.

C’est alors que lui vient une idée un peu particulière : Gino Bartali, gagnant du Tour de France en 1938 ainsi que du Giro d’Italia en 1936 et 1937, serait en mesure de passer les frontières sans se faire contrôler. Aucun soldat n’oserait arrêter un athlète célèbre à vélo.

Il demande alors au cycliste de transporter les documents entre Assise et Florence en les glissant des les tubes de l’armature de son vélo, tout en étant conscient des risques d’une telle démarche.

Profondément catholique, Bartali accepte la mission de l’archevêque, qui a permis de sauver des centaines de vies. Bartali a d’ailleurs lui aussi été nommé Juste parmi les nations.

La reconnaissance du Pape est une étape importante dans le processus de canonisation du cardinal. Avant que l’Église puisse lui conférer le statut de saint, il faut encore le béatifier, c’est-à-dire prouver l’accomplissement d’un miracle (un fait inexplicable scientifiquement) au cours de son existence.

Ces différents hommages offrent une gloire posthume mondiale au cardinal Elia Dalla Costa et son réseau de résistance.

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