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La présidence Obamacron

Macron Obama
President Macron Photo By PATRICK KOVARIK | AFP - President Obama Photo By Pete Souza | White House
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Pour évaluer ce que signifie l’élection du nouveau président français, on peut regarder ce qu'il s’est passé aux États-Unis.

La France a un nouveau président de la République. Sensation. Pas parce qu’on ne s’y attendait pas : le sortant était arrivé au terme de son mandat et avait assez déçu pour devoir renoncer à en briguer un second. Mais parce que ce n’est pas ce successeur-là qui était prévisible il y a quelques mois. Pensez donc : un élu à la magistrature suprême qui n’est ni de droite, ni de gauche, mais des deux, chamboulant radicalement le paysage politique ! Et avec ça plus jeune qu’aucun de ses prédécesseurs à la tête de l’État depuis Napoléon Bonaparte (dont le record tient toujours confortablement, puisqu’il avait à peine plus de trente ans quand il est arrivé au pouvoir en 1799).

Alors, ça y est ? Une page est tournée ? On est sorti des vieilles ornières ? L’avenir s’est enfin dégagé et le XXIe siècle a vraiment commencé avec le triomphe en France d’un esprit libre et novateur ? Ce n’est pas si sûr. Nous nous plaisons à nous croire uniques et d’avant-garde. Ce n’est pas toujours faux. Mais en l’occurrence, le cas français n’est peut-être pas si original et pourrait même s’inscrire dans une dynamique relativement répandue. On peut la voir à l’œuvre outre-Atlantique, où un bipartisme plus pragmatique qu’idéologique permet l’irruption de personnalités hors normes, pour peu qu’elles sachent séduire le temps d’une campagne face à des rivaux déjà usés.

Dans le sillage d’Obama et même de Trump

Nous avons en effet sous les yeux un autre exemple – et tout récent – d’un homme venu de nulle part en politique et qui devient président : c’est M. Trump. D’accord, on ne peut décidément pas le mettre dans le même sac que M. Macron : les âges, les itinéraires et les styles sont aux antipodes. Il n’empêche que le businessman septuagénaire n’a pas fait davantage allégeance au parti dont le système américain l’a obligé à se servir que le juvénile occupant actuel de l’Élysée n’a été fidèle aux couleurs sous lesquelles il a été ministre sans jamais avoir non plus exercé aucun mandat électif.

Mais celui dont notre président-prodige est assurément plus proche encore est sans doute M. Obama. Bien entendu, M. Macron n’a pas d’ancêtres africains. Il ne symbolise donc pas le vertueux dépassement de ruineux préjugés racistes. C’est de sa jeunesse, de son indépendance et de son ouverture qu’il a pu se prévaloir, vis-à-vis de conformismes partisans plus ou moins discrédités ou en panne de champion crédible. Or c’est cette même carte qu’a également jouée le vainqueur des élections de 2008 et 2012 aux États-Unis. Mais en même temps qu’il paraissait un homme neuf et audacieux, il a promis et pris des mesures considérées comme tout à fait raisonnables et même sages dans les milieux « éclairés ».

Le code du travail comme l’Obamacare ?

À l’heure où débute la présidence de M. Macron, il n’est donc pas inintéressant de regarder le bilan de celle de M. Obama. L’arrivée de celui-ci la Maison blanche a suscité espérances et enthousiasmes. Il a été réélu et a même terminé son second mandat avec un taux plus qu’honorable de popularité. Il est pourtant loin d’avoir répondu aux attentes. En politique intérieure, il a su gérer la récession économique engendrée par la crise financière qui a coïncidé avec sa première élection. Mais il s’est « planté » sur l’amélioration qu’il a voulu mettre en place du dispositif de prise en charge des frais de santé (ce qu’on a appelé l’« Obamacare »). Vue d’ici, cette universalisation de la « sécurité sociale » aurait dû aller de soi, et d’autant plus qu’elle n’allait pas encore aussi loin que la nôtre.

En réalité, une « Amérique profonde » s’est regimbée contre un tel développement de « l’État-providence », contre l’obligation de payer une assurance-maladie qui a paru attentatoire aux libertés les plus fondamentales. Mutatis mutandis, il reste à voir si chez nous la réforme du code du travail « passera » mieux. La libéralisation ou américanisation ou voulue par M. Macron en ce domaine se heurtera-t-elle à de vieilles résistances de principe, analogues à celles qui ont compromis l’européanisation qu’a représentée l’extension instaurée par M. Obama de la couverture des coûts médicaux ?

La nouvelle « bien-pensance »

En politique étrangère, le premier président afro-américain a bien commencé, en affichant de nobles intentions qui lui ont valu le Prix Nobel de la Paix dès 2009. Mais il n’a pas trouvé de solution en Afghanistan ou en Syrie, ni face à Daesh en Irak ou dans le conflit israélo-palestinien, et il a regretté d’être intervenu en Libye. Il n’a pas davantage réussi avec M. Poutine. En se déclarant contre le Brexit, il s’est avéré aussi pro-européen que l’est aujourd’hui M. Macron. Pour l’un comme pour l’autre, l’engagement dans les affaires internationales n’est pas simplement une nécessité dictée par des intérêts économiques ou par l’état du monde à l’ère de la globalisation, mais est inspiré par à la fois une volonté de pragmatisme et une vision morale, celle-ci reposant elle-même sinon sur une philosophie digne de ce nom, au moins sur une anthropologie implicite.

De ce point de vue, il semble bien que la Weltanschauung de M. Macron est proche de celle de M. Obama. Elle n’a vraiment rien d’original, mais correspond à ce qu’acceptent en majorité les classes instruites et favorisées en Occident. Au rayon des vertus et priorités, la promotion des minorités sexuelles y côtoie la lutte contre le réchauffement climatique. La question est de savoir si cette nouvelle « bien-pensance », qui se veut post-moderne et post-chrétienne, permettra de relever les défis du XXIe siècle, qui sont aussi les inégalités, la corruption, le fanatisme terroriste, les résurgences d’extrémismes de droite comme de gauche face aux nouvelles idées reçues, etc.

Pour ne pas désespérer

Il est permis de croire que la catholicité, avec son universalisme et sa confiance dans la miséricorde non moins que dans la vérité, propose une réponse plus féconde, qui ne remplace pas mais recentre ce que le « politiquement correct modéré », aujourd’hui au pouvoir en France après l’avoir été aux États-Unis, contient de sain pour en avoir hérité (même s’il l’oublie) de la tradition chrétienne.

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