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Une préparation au mariage missionnaire ?

MARRIAGE RETREAT
© P.RAZZO/CIRIC
Messe dominicale dans la grande chapelle lors du week-end de retraite pour des couples se préparant au mariage religieux. Abbaye d'Ourscamp (60), France.
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Chez beaucoup de prêtres et de laïcs concernés par la préparation au mariage, une réflexion de fond s’engage ces derniers temps sur l’articulation de cette préparation avec l’évangélisation des nouveaux mariés, de cet amour et de cette alliance qu’ils veulent voir bénir par l’Église. Des réflexions ou des formations sont lancées, un certain nombre d’initiatives missionnaires se mettent en place, ou tout au moins sont expérimentées ici ou là. Cela commence donc à bouger en profondeur dans un certain nombre de paroisses et de diocèses : enfin !

Il était temps, car beaucoup par ailleurs continuent à appliquer des méthodes éculées qui se soldent bien souvent par un « échec » pastoral, comme le relevaient clairement le Synode de 2014 ou le pape Benoit XVI en 2012 : il est opportun — confiait-il — « de reconnaître que l’Église a le plus souvent « échoué » dans la transmission de l’Évangile du mariage et de la famille ». Quel paradoxe en effet, alors que nous avons reçu de Jean Paul II, voici 35 ans, une théologie du mariage et de la sexualité particulièrement attractive et renouvelée ! Cette fameuse « bombe pastorale », comme la qualifiait son grand ami le cardinal Scola, agit en effet comme une sorte de déflagration lorsque cette lumineuse catéchèse est mise en œuvre au plan missionnaire. Nous l’avons si souvent expérimentée depuis 30 ans : dans cet Évangile de la famille réside un puissant « potentiel » missionnaire, mais il reste si méconnu dans ses fondements et son déploiement pastoral.

Il aura sans doute fallu une « combinaison de planètes » ces cinq dernières années pour que des prêtres et des évêques commencent en France à s’interroger et à envisager de modifier sérieusement leur approche de la question : le synode sur la nouvelle évangélisation de 2012 a sans doute été un déclic lorsque Benoit XVI en a fait un des thèmes clés de son homélie de clôture suite aux débats des pères synodaux. Dès 2013, l’épiscopat français s’est saisi très sérieusement du thème « préparation au mariage & évangélisation » et a rédigé des propositions pertinentes et courageuses en 2014. Les deux synodes sur la famille de 2014 et 2015 ont constaté une situation alarmante de la pastorale du mariage et ont invité sans hésiter à sa « remise à plat », rien de moins. Avec Amoris Laetitia en 2016, le pape François a fixé le cadre d’une conversion pastorale en la matière ; depuis, il distille régulièrement un certain nombre de précisions et de compléments sur ce thème.

Qu’en est-il donc de cette conversion ? Elle ne se traduit pas d’abord dans la recherche de moyens, de parcours ou de méthodes, mais elle tend en priorité à fixer de nouvelles bases pastorales, de nouveaux piliers de la préparation au mariage ; à ce titre, nous observons sur le terrain que certaines ‘dominantes’ peu à peu se dégagent des réflexions ou actions engagées :

  • La reconnaissance que c’est bien l’Évangile de la famille, sous son angle existentiel et kérygmatique, auquel la plupart des couples aspirent, même si c’est le plus souvent inconsciemment : cela relève donc de la responsabilité de l’Église de proposer, sans crainte, cette Bonne Nouvelle de l’amour, de manière explicite, crédible, attractive et contagieuse.
  • La prise de conscience que la réalité, parfois violente, du divorce — et les ondes de choc qu’il génère sur les enfants, la famille, l’entourage des conjoints séparés — devient désormais un fléau social et humain de grande ampleur ; il est donc devenu impossible de l’affronter sérieusement avec des outils inadaptés, parfois naïfs ou dérisoires (même si bien entendu la grande générosité des animateurs n’est pas en cause).
  • Le constat que nos pratiques pastorales — qui consistent essentiellement à présenter les 4 piliers du mariage, à donner de bons tuyaux sur la communication dans le couple, à proposer de pieuses méditations sur le mariage et le don de la vie — sont très insuffisantes pour rejoindre en profondeur et toucher durablement 90% de ceux qui viennent se marier à l’Église mais qui ne connaissent pas le Christ, tout au moins n’ont pas de relation personnelle avec lui.
  • La nécessité désormais pour l’Église de « tout faire pour sauver le mariage » (François) tout en comprenant bien davantage qu’« il y a un lien évident entre crise du mariage et la crise de la foi» (Benoit XVI) et qu’un « mariage sans Dieu » bien souvent « ne marche pas » (François).
  • La compréhension que le sacrement de mariage est bien plus qu’un « mariage civil saupoudré de quelques rites religieux» (Jean Paul II) : il est au contraire, dit François, un « don pour le salut des époux », un « don de force, un don pour se relever après une chute, se pardonner, se porter l’un l’autre » : si l’Église parvient à faire toucher de façon concrète cette réalité, cette force du salut et de guérison donnée au couple par le sacrement, elle apportera une réponse pertinente à cette crise, tout en répondant à sa mission d’évangéliser le mariage et les époux.
  • La prise de conscience avec Amoris Laetitia que cette mission ne se fera pas d’abord à coup de dogmes ou de leçons de morale, de sciences humaines ou de communication si utiles soient-elles, mais bien plus par la première annonce : « Jésus Christ t’a sauvé ! », par la puissance du « kérygme » si cher au Pape : il est selon lui « le plus attirant et le plus important de l’activité évangélisatrice » de la famille car l’Église se présente ainsi comme « un hôpital de campagne » qui « guérit et transforme le cœur », sauve et rachète couples et familles, en les « restaurant » au travers d’un « processus de libération » : le Salut du Christ pour le couple et la famille n’est plus alors une théorie, mais une expérience de vie, une source qui procure davantage de vie et permet de faire renaitre l’amour conjugal.
  • L’opportunité de présenter la sexualité conjugale de manière réjouissante et renouvelée, tout en témoignant combien le Christ peut lui-même « guérir et sauver le sexe » pourrait-on dire : si le couple emprunte avec lui « un chemin de montée, de renoncement, de purification et de guérison » de sa sexualité, il peut alors « goûter non le plaisir d’un instant mais comme l’avant-goût du sommet de l’existence » (Benoît XVI). Oui, l’Évangile de la sexualité peut puissamment conduire à Dieu !

Évangéliser le couple et la sexualité, témoigner que le mariage est possible grâce à Dieu quand on l’accueille et le connaît, faire goûter l’œuvre de guérison du Christ dans la vie conjugale forment là une approche pastorale nouvelle proposée par le Pape : elle interpelle sur le terrain et provoque dans bon nombre de diocèses et de paroisses un besoin réel de réflexion, de remise à plat, de mise en œuvre de nouvelles approches plus missionnaires, et en cela plus fructueuses : un changement d’état d’esprit est en cours, et beaucoup aspirent — chez les évêques, les curés ou les couples au service de cette pastorale — à de nouvelles pratiques dans la préparation au mariage.

L’Église revient peu à peu à cette évidence : priorité doit être donnée à une annonce qui « fait connaître par l’expérience que l’Évangile de la famille est une réponse aux attentes les plus profondes » des hommes comme le rappelle sans cesse François. De la sorte, l’Église peut interpeller, attirer puis conduire au Christ, à l’amour de Dieu, à la foi ; elle ouvre ainsi un chemin rempli d’espérance dans le mariage, malgré toutes nos limites et nos blessures. Tant d’exemples et de témoignages l’illustrent aujourd’hui.

Ce changement pastoral est cependant exigeant : il ne pourra se mettre en œuvre sans la détermination et le courage des pasteurs pour amorcer cette conversion pastorale, sans l’implication première de couples ayant déjà fait pour eux-mêmes cette expérience transformante du kérygme, sans un grand zèle missionnaire de tous pour vaincre les habitudes, l’absence d’espérance qui trop souvent décourage ou démotive le terrain.

Toute cette évolution demandera du temps, de la patience, une collaboration nouvelle des couples et des prêtres dans cette mission, et donc — en amont — des formations pertinentes pour amorcer ce renouveau et refonder une pastorale missionnaire de la préparation au mariage. Cependant, notre expérience depuis 15 ans nous en donne l’assurance : en 18 mois à 2 ans, on peut déjà toucher très clairement de très beaux fruits missionnaires de ces nouvelles approches, comme l’illustre par exemple l’expérience de la « journée des fiancés », qui aujourd’hui, se développe dans bon nombre de diocèses (une petite dizaine à date, une vingtaine à horizon de 2-3 ans).

D’autres paroisses font le choix de proposer systématiquement des parcours d’évangélisation dans le cadre de la préparation au mariage, comme AlphaClassic, AlphaCouples, ce qui indéniablement fait bouger les lignes, conduit nombre de futurs mariés à être interpellés, à engager un chemin d’accueil du Christ, et pour certains, à renouer avec la foi et l’Église.

Alors, il est bon de ne pas trop tarder pour tirer la manche de son évêque ou de son curé pour l’inviter à mettre en œuvre cette conversion pastorale.

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