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Autochtones canadiens : un dossier sensible pour le pape François et Justin Trudeau

ETTORE FERRARI / POOL / AFP
Le très progressiste Premier ministre canadien Justin Trudeau et son épouse — portant la mantille traditionnelle — en audience chez le pape François, le 29 mai 2017.
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Lors de la rencontre entre le Saint-Père et le Premier ministre canadien ce lundi 29 mai a notamment été évoqué le sujet des préjudices subis par les autochtones canadiens.

Le Pape « a semblé ouvert à l’idée de présenter des excuses pour le rôle joué par l’Église catholique dans la tragédie des pensionnats autochtones », a déclaré le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, au lendemain de sa rencontre avec le pape François au Vatican. Il l’aurait rassuré en lui disant que « son approche a toujours été de défendre et de promouvoir les opportunités pour les gens marginalisés autour de la planète », rapporte la presse canadienne. Le Saint-Père ne serait également pas contre l’idée de collaborer avec le Premier ministre et des évêques canadiens pour trouver une façon d’aller de l’avant avec ces excuses, comme le recommandait la Commission de vérité et réconciliation, mise en place en 2007. La dite commission est chargée de faire toute la lumière sur les préjudices subis par les autochtones — Indiens, Métis et Inuits — scolarisés de force dans ces pensionnats confiés à des catholiques ou protestants.

Le pape François a reçu en audience, ce lundi 29 mai au matin, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a ensuite rencontré le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin et Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Rapports avec les États. Parmi les thèmes abordés durant cette visite : la vie sociale au Canada, les problèmes d’intégration et de réconciliation, la liberté religieuse, des problématiques d’ordre éthique et la situation conflictuelle au Moyen-Orient et en d’autres régions du monde, selon un communiqué du Saint-Siège, paru dans l’après-midi.

L’entretien entre le Pape et Justin Trudeau a duré une trentaine de minutes. Le Premier ministre a remis au Pape un ouvrage rare sur la présence des premiers jésuites au Canada, intitulé Relations des jésuites, une source importante sur les origines du Canada, ainsi qu’un dictionnaire montagnais-français compilé par un jésuite français au XVIIe siècle. De son côté le Pape a remis au Premier ministre canadien, qui était accompagné de son épouse, une médaille commémorant le quatrième anniversaire de son pontificat, un exemplaire dédicacé de son message lors de la Journée mondiale de la paix et ses écrits les plus récents : Laudato Si’, Evangelii Gaudium et Amoris Laetitia.

M. Trudeau, qui est catholique, est sorti de l’audience visiblement ému par sa rencontre avec le souverain pontife : « Ça a été un moment très touchant pour moi de pouvoir avoir une conversation réfléchie sur bien des enjeux avec la personne qui est à la tête de ma propre Église », a-t-il déclaré.

Une visite au Canada ?

Le Premier ministre canadien a invité le Saint-Père à venir au Canada. Le Pape a-t-il accepté ? Il ne le dit pas, et rien ne transparaît à ce sujet du compte-rendu de la rencontre. La dernière visite d’un souverain pontife dans le pays remonte à 2002, pour les Journées mondiales de la jeunesse de Toronto, avec Jean Paul II — Jean Paul II que Justin Trudeau avait rencontré en accompagnant son père, Pierre Eliott Trudeau, reçu en audience par le Saint-Père, en 1980 alors qu’il était déjà, lui-même, Premier ministre du Canada.

La question sensible des autochtones

Des excuses publiques du pape François seraient, selon la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), un symbole fort pour les peuples autochtones du Canada. Ces excuses, rapporte l’agence I-Media, font partie des 94 recommandations de la commission « Vérité et réconciliation », que le Premier ministre canadien s’est engagé à suivre, tout en soulignant qu’il ne pouvait obliger un autre gouvernement ou toute autre organisation » à le faire. M. Trudeau a néanmoins confié espérer « un engagement constructif de l’Église ». En 2009, Benoît XVI avait déjà reçu une délégation du peuple des Premières Nations du Canada, lui exprimant « sa lourde peine » face à « l’angoisse causée par la conduite déplorable de certains membres de l’Église ». Ces excuses, si le Pape les faisait, seraient les quatrièmes depuis son élection en 2013 : elles succéderaient à celles présentées, au nom de l’Église, aux victimes d’agressions sexuelles, aux peuples autochtones d’Amérique du Sud et aux protestants persécutés dans le nord de l’Italie. La question avait été discutée brièvement avec le pape François, en 2015, lors d’une audience avec le prédécesseur de Justin Trudeau, Stephen Harper, qui lui avait également fait parvenir une invitation à se rendre au Canada.

Fondée en 2007, la commission « Vérité et réconciliation » (2007) avait été chargée de faire toute la lumière sur les préjudices subis par les autochtones canadiens. La commission parle de « génocide culturel » pour ces enfants retirés de force à leurs familles, et contraints d’abandonner leur langue maternelle, leurs rites et leurs religions, et pour certains, victimes de violences sexuelles et de mauvais traitements. L’Église unie du Canada a déjà présenté des excuses officielles, sur recommandation de la commission en question. Pour l’instant, 33 700 victimes d’abus ont été indemnisés, et près de 4 300 dossiers sont en cours de traitement, d’après le chef des nations indiennes de la Saskatchewan, Bobby Cameron. L’Église catholique a apporté sa contribution aux indemnisations, en 2015, à hauteur de 79 millions de dollars canadiens (alors 47 millions d’euros). En six ans, la commission a entendu les témoignages de près de 7 000 anciens élèves.

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