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Les premiers pas conquérants de la présidence Macron

MACRON GOUVERNEMENT
PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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La semaine a été marquée en France par la constitution du premier gouvernement de La République en Marche et par le premier conseil des ministres présidé par Emmanuel Macron.

Le nouveau gouvernement est resserré, relève Le Parisien : « Sous l’ère Cazeneuve, c’était un gouvernement de 36 membres (…) Ce jeudi, seuls 23 ministres et secrétaires d’État étaient rassemblées autour du président de la République, Emmanuel Macron. » Dans son « Contrepoint » du Figaro (17 mai), Guillaume Tabard salue l’habileté d’Emmanuel Macron qui a constitué autour du LR (juppéiste) Édouard Philippe une équipe qui « tourne radicalement la page Hollande » en n’intégrant que deux sortants du précédent gouvernement, Jean-Yves Le Drian (qui devient ministre des Affaires étrangères) et Annick Girardin (ministre des Outre-mer). Sinon, venant du Parti socialiste (PS), on ne relève que des figures réputées consensuelles, tel le nouveau ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, aux côtés d’autres « pionniers de l’aventure En marche ! (Richard Ferrand, Christophe Castaner) ». Du coup, à gauche, la cause est entendue : « Aux législatives, le PS fera une campagne d’opposition. »

« Priver d’espace la droite parlementaire »

En fait, c’est surtout la droite que vise Emmanuel Macron : « Le choix d’Édouard Philippe a exprimé spectaculairement sa volonté de priver d’espace la droite parlementaire », relève encore l’éditorialiste du Figaro, volonté confirmée par le choix de Bruno Le Maire comme ministre de l’Économie. Mais il y a aussi l’Éducation confiée à Jean-Michel Blanquer, qui dirigeait l’Essec (l’une des grandes écoles de management françaises, après avoir été directeur général de l’enseignement scolaire de 2009 à 2012. « Jean-Michel Blanquer reste, aux yeux des enseignants, celui qui a fait appliquer la politique éducative sous le quinquennat de Sarkozy », rappelait Le Monde mercredi 17 mai. C’est lui qui a notamment inspiré les évaluations en maternelle largement fustigées en 2011. » (À ce propos, Europe 1 s’est amusée à relever la grimace expressive de Najat Vallaud-Belkacem filmée au moment où elle découvrait à la télévision le nom de son successeur).

Au premier rang sur la photo officielle, parmi les ministres d’État, la « prise » la plus médiatique d’Emmanuel Macron : Nicolas Hulot, en charge de la Transition écologique et solidaire, au sein du gouvernement d’Edouard Philippe. « Son nom a été annoncé en deuxième position dans l’ordre protocolaire, signifiant l’importance que le président de la République, Emmanuel Macron, entend accorder à l’écologie pendant son quinquennat » souligne HuffPost. « Cette nomination répond en partie aux inquiétudes des ONG et responsables politiques écologistes qui redoutaient une politique pro-nucléaire et anti-écolo après la nomination du premier ministre Édouard Philippe, ancien maire du Havre, peu connu pour ses préoccupations environnementales. » Le nouveau ministre de l’Écologie hérite notamment de l’épineux dossier du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) – auquel il s’est toujours opposé alors que le Premier ministre, Édouard Philippe, y est favorable. « Un dossier test pour Nicolas Hulot » annonce France info.

Un gouvernement « bâti pour durer » ?

La composition du gouvernement sera-t-elle remaniée après les législatives, voire bouleversée en cas de cohabitation ? À trois semaines du premier tour des élections législatives, Emmanuel Macron semblait en passe d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale selon le sondage OpinionWay-ORPI réalisé pour Les Echos (18 mai) et Radio classique : la République en marche (LREM) est créditée de 27 % des intentions de vote, contre 20 % pour la droite comme pour le FN, loin devant La France insoumise (14 %) et le PS (11 %). Soit entre 280 à 300 députés (la majorité absolue est à 289 sièges). Il n’empêche que « les jours du premier gouvernement de Macron sont comptés » affirme La Dépêche (19 mai) : « Parmi les 22 ministres du nouvel exécutif, six joueront directement leur avenir au gouvernement à l’occasion des élections législatives pour lesquelles ils sont candidats sous les couleurs de La République en marche. Édouard Philippe l’a rappelé jeudi : les perdants seront priés de renoncer à leurs fonctions ministérielles. (…) À ce premier motif théorique de remaniement s’en ajoutent d’autres, liés eux aussi au résultat du scrutin qui désignera les 577 nouveaux députés. Si, comme le suggèrent les sondages, Emmanuel Macron obtient la majorité absolue à l’Assemblée, le président de la République s’attend à une vague de ralliements venus de droite. (…) Il y a tout lieu de penser que ceux qui, parmi les plus emblématiques ou les plus influents élus de droite, décideront de franchir le pas, seront récompensés par une promotion ministérielle. »

« Évidemment que c’est un gouvernement bâti pour durer », a toutefois assuré le Premier ministre sur France Inter au matin du jeudi 18 mai. Interrogé sur la nomination à Bercy de Bruno Le Maire dont le programme économique lors de la primaire de la droite divergeait sur de nombreux points avec celui d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe a répondu : « Le président de la République c’est Emmanuel Macron. (…) Donc les choses sont parfaitement claires. (…) Le cœur c’est évidemment son programme, le cœur ce sont évidemment ses engagements ». C’est ce programme que devront défendre tous les candidats de LREM aux législatives, et naturellement, les ministres, d’où qu’ils viennent : « Par définition, lorsqu’on accepte l’offre qui est faite par le président de la République, comme je l’ai fait il y a quelques jours, on rentre dans une logique nouvelle. Et on essaie de donner au président de la République et au gouvernement que je dirige une majorité pour faire avancer le pays. »

Railleries sur les ralliés et doutes sur « la moralisation de la vie publique »

À propos des ralliés de la droite et du centre entrés au gouvernement, Le Point rappelle les virulentes critiques que Bruno Le Maire avait formulées à l’encontre du candidat d’En marche ! : « “Emmanuel Macron, c’est l’homme sans projet parce que c’est l’homme sans conviction”, avait souligné le député LR, qui avait proposé durant la primaire la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, là où Emmanuel Macron veut en supprimer 120 000, ainsi qu’une baisse de la CSG, que le président souhaite augmenter. » — une mesure que le nouveau ministre de l’Économie qui a assuré jeudi se reconnaître « totalement » dans le projet d’Emmanuel Macron, va devoir désormais mettre en œuvre… François Bayrou, le nouveau garde des Sceaux, et Gérald Darmanin, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, n’avaient pas, eux non plus, été avares en critiques contre le programme d’En Marche ! pendant la campagne présidentielle.

Parmi les ministres d’État, la nomination de François Bayrou comme ministre de la Justice a suscité des commentaires avant même d’être annoncée : l’intéressé l’avait dénoncée comme « totalement erronée » le matin même à Sud-Ouest… D’autres commentaires ont suivi, concernant cette fois la mise en examen de François Bayrou en tant que président du Conseil communautaire de Pau-Pyrénées pour diffamation publique en 2015 contre l’association El Sistema France, qui aide les enfants défavorisés en leur apprenant la musique classique, rapporte Europe 1. Le nouveau ministre de la Justice va porter une loi de moralisation de la vie publique qu’il avait présentée comme la principale condition de son ralliement à la candidature d’Emmanuel Macron. Ce sera l’occasion pour les médias de s’intéresser à sa déclaration de situation d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique en tant que maire de Pau, ou encore à celle de la vice-présidente du Modem, Marielle de Sarnez, nommée ministre chargée des Affaires européennes.

En s’appuyant notamment sur des enquêtes de Mediapart, Libération relève en effet de « petits couacs », pas forcément illégaux mais gênants, dans la situation de plusieurs nouveaux ministres. Il y a ceux, qui tels le nouveau ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le nouveau ministre de l’Agriculture Jacques Mézard, « ont employé leur femme » comme assistante parlementaire. Il y a « ceux qui ont cumulé une activité privée et un mandat parlementaire » tel le nouveau ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand ou l’eurodéputée Sylvie Goulard, nommée ministre des Armées. Quant au Premier ministre Edouard Philippe , toujours selon Médiapart et Libération, il aurait rempli « avec une certaine nonchalance ses déclarations de patrimoine et d’intérêts, indiquant ici ou là “aucune idée” aux questions sur la valeur de ses biens. »

Citant le Canard Enchaîné du 8 mars, Libération pointe encore Muriel Pénicaud , la nouvelle ministre du travail, ancienne directrice général de Business France, chargée de promouvoir l’entreprise France à l’international. Cette société serait en effet « au cœur d’une enquête préliminaire pour favoritisme, ouverte en mars dernier par le parquet de Paris. En cause : l’organisation par Business France, à la demande de l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron, d’une big fiesta pour la french tech night, à Las Vegas, en janvier 2016, dans le cadre du salon annuel CES (Consumer Electonics show). Une petite sauterie à 380 000 euros et 500 invités, confiée, sans appel d’offres, à l’agence de com Havas. »

Euthanasie, PMA, famille… La République En Marche dans la continuité

S’il affiche sa volonté de se démarquer de l’ère Hollande sur le plan du « régalien », de l’économie ou de l’éducation, le nouveau gouvernement paraît décider à poursuivre dans la voie libérale — ou libertaire — concernant la fin de vie, l’eugénisme, la procréation et la famille. Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer en France (INCa) devenue la nouvelle ministre de la Santé, est « favorable à l’euthanasie » rapporte Famille Chrétienne (17 mai) : « Agnès Buzyn s’était déclarée personnellement favorable à l’euthanasie, lors d’un colloque au Grand Orient de France en 2015 », sur la « fin de vie des enfants », vantant « l’espace de liberté belge ». À ses côtés, « intervenait le député du Rhône Jean-Louis Touraine, alors membre du Parti socialiste, qui plaidait sans relâche pour l’euthanasie des adultes et des enfants. Conseiller d’Emmanuel Macron pendant la campagne, il brigue un nouveau mandat législatif à Lyon, cette fois sous l’étiquette La République En Marche (LREM). » Agnès Buzyn est également artisane de nouveaux tests de dépistage de la trisomie 21 dénoncée comme un renforcement de la « traque des enfants trisomiques » par la fondation Jérôme Lejeune. Un autre dossier sensible est celui de la Procréation médicalement assistée (PMA) : « Le jour même de l’annonce du nouveau gouvernement, Benjamin Grivaux, porte-parole de LREM et candidat aux législatives dans la 5e circonscription de Paris, rappelait sur Twitter que son mouvement se donnait pour mission d’ouvrir “la PMA à toutes les femmes” » relève encore Famille Chrétienne.

Quant à l’absence d’un ministère de la famille dans le nouveau gouvernement, « ce n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle, mais ce n’est pas sûr que ce soit une bonne nouvelle », réagit Jean-Marie Andrès, président des Association familiales catholiques (AFC). « L’expérience que nous avons d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a commencé à s’intéresser à la thématique familiale qu’entre les deux tours ».

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