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Qu’attendez-vous pour sauver le monde ?

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Quelques clefs pour comprendre la responsabilité qu’a chacun, comme homme et comme chrétien, dans le salut de la nature et de l’Univers.

De sainte Hildegarde à Paul Claudel, du père catholique Maurice Zundel au père orthodoxe Serge Boulgakov, du converti Albert Frank-Duquesne au protestant Jacques Ellul, nombreux sont les chrétiens qui se sont inquiétés du sort que l’homme réservait à la nature.

Mais pour les chrétiens, la nature n’est pas à déifier, et saint François d’Assises vise juste, quand dans son Cantique des Créatures il nomme la Terre sa « sœur ». Elle fait partie, comme chacun d’entre nous, de la Création.

Or, Jésus dit : « Évangéliser non seulement les hommes, mais évangéliser toute la Création ! » (Mc 16, 14). Et celle-ci comprend aussi bien la nature, au sens de l’environnement (bêtes, plantes, minéraux) que les astres, c’est-à-dire l’Univers que les progrès scientifiques nous permettent de connaître chaque jour un peu plus. Comme le souligne également le paragraphes 76 de l’encyclique Laudato si’, le terme de Création réserve sa part de mystère, tandis que celui de nature sous-entend l’idée « d’un système qui s’analyse, se comprend et se gère ».

La nature est l’environnement dans lequel on vit, mais elle s’intègre à l’Univers dont l’homme tente de percer le mystère, et à la Création que l’on sait soumise à la Chute. C’est une distinction fondamentale. L’apôtre Paul affirme que « Toute la Création gémit dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8, 21-22). La Création, et à travers elle la nature, subit les conséquences du péché originel : corruption, douleur, mort, etc. Rappelons à ce propos que dans le Jardin d’Éden, tous les animaux, ainsi qu’Adam et Ève, sont herbivores. Après la Chute, certaines bêtes deviennent carnivores, et l’homme se met à manger celles d’entre elles qui conservent l’ancien régime. Puis, l’homme est autorisé à manger toutes les bêtes. De ce point de vue, la dégénérescence est progressive, et les désastres écologiques récents ne sont qu’une accélération de la Chute.

Ce qui change tout, en réalité, c’est l’ampleur des désastres et leur irréversibilité. Nous pouvons avoir, aujourd’hui, en raison de nos capacités techniques et de notre nombre, une influence irrémédiable sur la nature, et demain, sur l’Univers.

Seul l’homme peut changer les choses

Car il faut se le dire sans arrogance, au contraire : l’homme contient, par sa seule pensée, et bientôt par ses capacités, l’Univers tout entier. Pascal ne dit rien d’autre : « Par l’espace, l’univers me contient et m’engloutit comme un point. Par la pensée, je le contiens », et Maurice Zundel s’en inspirant : « Cette immensité du monde, c’est nous qui la calculons. Par là, nous sommes plus grands que le monde ». D’où un sentiment d’honneur et de responsabilité qui doivent en découler, et non de toute-puissance auto-destructrice. Sans prise de conscience, responsabilité et limitation, c’est la nature et l’homme, liés, qui courent à leur perte. Seul l’homme peut changer les choses, mais il dépend de la nature puisqu’il vit en son sein, selon ses normes (même les villes ne sont pas exemptes des risques sismiques ou climatiques, par exemple). Comme le fait remarquer justement Maurice Zundel encore, les cosmonautes eux-mêmes sont obligés de reproduire, dans l’espace, des conditions de vie similaires aux conditions terrestres : notre dépendance est bien réciproque.

Notre responsabilité vis-à-vis de la nature n’est donc pas celle d’un adulte sur un enfant. Nos destins sont liés. Pécher contre la nature c’est, indirectement, pécher contre soi-même. Et c’est pécher par omission : n’oublions pas l’ordre de Jésus ! La Création n’attend que nous pour être sauvée.

D’un point de vue concret, on ne peut que constater que lorsque l’homme se laisse aller sans limitation ni régulation, les catastrophes environnementales ne tardent pas. Voracité économique, compétition acharnée, obsolescence, surproduction… là où la volonté de domination règne, le péché engendre bien vite des dégâts sur l’environnement : ne prenons que les exemples, récents mais alarmant, de la disparition progressive du sable qui participe à la montée des eaux, et de la chasse aux icebergs, qui empêche les océans de se refroidir à leur contact.

Une nécessaire « conversion du cœur »

De sorte que l’on peut dire, finalement, que l’Univers dépend de notre propre rédemption : sans la « conversion du cœur » (metanoia) chère à l’écologiste chrétien Jean Bastaire, notre rapport au monde restera inchangé, et les désordres naturels seront de plus en plus nombreux et violents.

La première nature qu’il faut domestiquer, c’est peut-être la nôtre : notre liberté nous rend capable du meilleur comme du pire, et selon le côté où l’on tombe, l’environnement en subit les conséquences. Ce n’est pas un hasard si des poètes comme Paul Claudel ou Charles Baudelaire ont vu, dans les exhalaisons et l’immoralité anarchique d’une nature qui ne rechigne pas à la lutte à mort, le reflet de nos propres péchés. Comme si, de façon absolument simultanée, elle nous renvoyait notre image. Cadavres, plastique et boue rouge dans la Méditerranée, berceau de la civilisation et mer la plus polluée du monde… Terrible révélateur parmi mille de notre âme !

Il s’agit, en somme, de commencer à balayer devant la porte de son âme. Serge Boulgakov l’exprime magnifiquement dans L’Orthodoxie, lorsqu’il compare l’Univers à notre corps, et dit qu’on commence à régénérer le monde en évangélisant chaque partie de son être. Tel est notre immense charge, mais aussi notre immense honneur. : résoudre le problème en amont, en travaillant aux recoins de soi.

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