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La belle histoire qui se cache derrière la fin tragique de Richard Cœur de Lion

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Marc-Antoine Mouterde - publié le 06/04/17

Le 6 avril 1199 succombait à Châlus le roi Richard Ier d'Angleterre, dit "Coeur de Lion", fils préféré d’Aliénor d'Aquitaine.

Nous sommes à la fin du XIIe siècle. La scène se déroule non loin de Limoges, au château de Châlus, où la légende raconte qu’un trésor fabuleux serait enfoui. C’est à cette fable que les chroniqueurs de l’époque attribuent la campagne militaire engagée par le roi d’Angleterre Richard Ier sur le continent. Il semble plus probable que, affaibli politiquement par les déboires accumulés depuis son retour de la troisième croisade, il ait été nécessaire pour lui de réaffirmer son pouvoir sur les différentes provinces de son vaste et tumultueux royaume au moyen d’une victoire présumée facile.

Richard est le fils de la très sage Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt. Troisième des cinq fils du couple royal, il n’est pas destiné à régner sur l’Angleterre. La couronne est promise à son frère, Henri le jeune. Richard, pour sa part, reçoit donc le comté de Poitiers et le duché d’Aquitaine. Il vit à la cour de sa mère et ne parle même pas l’anglais ! L’aîné de la fratrie meurt en bas âge. Henri le suit dans la tombe en 1183, suivi de leur père, en 1189. Les deux frères ainés rappelés à Dieu avant lui, Richard devient, contre toute attente, roi d’Angleterre.

Peu après son accession au trône, il se joint en 1190 à la troisième croisade pour la Terre Sainte, honorant ainsi le vœu de se « croiser » qu’il a prononcé peu avant son couronnement. Le départ se fait dans la précipitation car Saladin a repris Jérusalem aux Francs depuis peu et les grands princes d’Occident sont appelés à la rescousse de l’autre côté de la Méditerranée. Richard s’empare d’Acre – le principal port de Terre Sainte – puis arrache la ville d’Arsour à Saladin. En dépit de ses talents de stratège, il ne sera jamais en mesure de reprendre Jérusalem. Richard négocie maladroitement avec Saladin et rembarque pour l’Angleterre le 9 octobre 1192.

Sur la route du retour, le roi d’Angleterre est contraint de traverser les terres du duc d’Autriche qu’il a publiquement insulté pendant la croisade. Malgré son déguisement de marchand, il est reconnu, arrêté à Vienne, et livré à l’empereur d’Allemagne Henri VI. La captivité et la colossale rançon réclamée pour sa libération – 100 000 marcs d’argent payée par Aliénor d’Aquitaine – affaiblissent considérablement le Cœur de Lion. Ses principaux rivaux : son propre frère Jean sans Terre et le roi de France Philippe Auguste, profitent de l’occasion pour étendre leurs pouvoirs respectifs sur les possessions anglaises. Libéré en 1194, Richard n’aura de cesse de guerroyer pour récupérer les terres perdues pendant sa captivité.

Ainsi nous revoilà en 1199. Richard assiège la forteresse de Châlus-Chabrol. Mal défendue, cette dernière résiste pourtant mieux que prévu et le siège s’éternise. Le 26 mars du haut des remparts, un homme – dans lequel les historiens ont reconnu le chevalier Pierre Basile – tire un carreau d’arbalète et touche le roi à la base du cou. Sérieusement blessé mais de robuste constitution, Richard arrache lui-même le projectile de son épaule. Malheureusement le fer de la flèche reste fiché dans la plaie. Une longue agonie s’ensuit. Elle durera onze longs jours qui permettront à Aliénor d’Aquitaine de se rendre de l’abbaye de Fontevraud à Châlus recueillir les dernières volontés de son fils tant aimé et de le soutenir jusqu’à son dernier souffle.

Pendant que le roi se meurt, l’armée finit par prendre la place forte et les soldats s’emparent de Pierre Basile. Sur le point de le mettre à mort sur le champ, ils se ravisent et le présentent au roi qui, dans un geste d’ultime miséricorde, lui pardonne le geste qui lui coute la vie. Le 6 avril 1199, Richard rend son dernier soupir. Jean, son frère, monte sur le trône.

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