Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mardi 21 septembre |
Saint Matthieu
home iconSpiritualité
line break icon

Les premiers carêmes d’un jeune converti

© Smikey Mikey1/Shutterstock

Alexis Bétemps - Publié le 28/03/17

"La première fois que j’entrepris de jeûner à l’occasion du Carême, rien ne m’y avait préparé".

Je suis un jeune Parisien de bientôt 25 ans que rien ne destinait à se tourner un jour vers cette chose indistincte et que j’appelais jusqu’à récemment encore « la religion ». Pourtant, depuis bientôt deux ans, je me considère comme catholique – et je serai très prochainement baptisé.

Je dois dire que mon entreprise fut avant tout guidée par la volonté d’imiter un ami dans sa démarche. Un peu maladroitement, je décidai de me priver de toute nourriture sucrée, dont je raffole. Après deux jours passés avec succès à l’écart de tout gâteau et de tout dessert, je succombai sans même m’en apercevoir. À vrai dire, j’avais oublié que j’étais supposer jeûner. Je ne m’en rendis d’ailleurs compte que quelques jours plus tard en engloutissant un biscuit.

La seconde tentative fut plus heureuse. J’étais dans une ville étrangère, loin de ma famille et de la plupart de mes amis, au cœur d’un hiver rigoureux comme en connaissent les pays d’Europe continentale. Je pris la décision de renoncer à toute consommation d’alcool. Sans dire que celle-ci égalait en fréquence ma consommation de gâteaux, elle l’égalait au moins en plaisir, et il me semblait donc qu’il s’agissait là d’un sacrifice important.

Une amie avait, cet hiver-là, avantageusement décidé de se priver, pendant tout le Carême, de fromage. Choix étrange, qui lui permettait ainsi de « faire d’une pierre de coup », en entamant un régime à l’approche de l’été tout en faisant de ses repas des repas « maigres ». Sans juger de la pertinence d’un tel choix, il apparut bien rapidement que ni elle ni moi ne pûmes tenir nos engagements. L’appel du chèvre et de la vigne fut trop fort pour les deux Français que nous étions, exilés en terre étrangère.

Cet échec, néanmoins, me causa du souci. Car j’avais dans l’ensemble plutôt bien réussi mon jeûne. Mis à part quelques écarts, je n’avais pas le sentiment de m’être laissé emporter. Mais je n’avais pas non plus le sentiment d’avoir réellement fait Carême. Quelque chose d’étrange avait dépourvu ma démarche de profondeur. J’avais évidemment cru qu’un simple régime alimentaire modifié suffirait à donner un sens au Carême, sans réaliser que si l’esprit n’est pas dans une disposition favorable, aucun jeûne n’y peut rien changer.

Cette expérience ne fut pas inutile, et me permit d’entamer, la troisième année venue, un jeûne différent. Cette fois, ni aliment interdit, ni privation de biscuits. Je décidai de refuser toute invitation à déjeuner ou à dîner, de réduire tous mes repas à de brefs moments uniquement destinés à m’alimenter – et non à tirer un quelconque plaisir. De cette manière, le jeûne s’appliquerait certes à mon corps, mais surtout à mon esprit, qui se trouverait plongé dans une forme d’austérité saine et propice à la prière et à la méditation.

C’est à cette occasion que je ressentis certains effets positifs de ces privations sur l’esprit. Je me trouvai étrangement disponible, plus souvent absorbé dans des pensées qui me tournaient vers les autres. Il serait bien prétentieux d’en vouloir tirer quelque conclusion quant aux liens qu’entretiennent la chair et l’âme – la plupart des chrétiens les ont déjà ressentis. Et même si je dus céder une ou deux fois, jamais je n’eus à ce point l’impression d’être parvenu à l’approfondissement et au détachement que j’avais vainement recherchés les années précédentes en ne pensant au jeûne que sous son aspect formel.

« Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ». (Matt 6, 6)




Lire aussi :
Conversion d’un enfant du siècle. Épisode 7

Tags:
conversion
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
I.Media
Mariage homosexuel, pilule, suicide assisté : un texte inédit de ...
2
Cerith Gardiner
Douze dévotions mariales pour douze circonstances de la vie
3
Raphaëlle Coquebert
« Marguerite-Marie Alacoque était une personnalité hors-norme et ...
4
Jeanne Larghero
Contraception : si c’est gratuit, c’est toi le produit !
5
Erick et Sylvie Pétard
Timothée Dhellemmes
[VIDEO] Attentats du 13 novembre : « Nos filles sont avec Dieu et...
6
Laurent Ottavi
Guillaume Cuchet : « Le catholicisme aura l’avenir qu’on voudra b...
7
Père Christian Lancrey-Javal
Esquiver, encaisser, répondre. La leçon de bo...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement