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Présidentielle : le crescendo des « affaires » occulte la campagne

François Hollande et François Fillon
© CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP
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À peine lancée par le premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats, la campagne a été éclipsée par de nouveaux coups de théâtre jusqu’à la mise en cause de Hollande par Fillon.

« Dense et animé mais sans réel coup d’éclat, le premier débat télévisé entre candidats à la présidentielle française n’a pas, semble-t-il, permis de bouger les lignes » analysait France 24 à l’issue de cette très longue soirée de débats sur TF1 (près de trois heures et demie !), lundi 20 mars, entre Fillon, Macron, Le Pen, Hamon et Mélenchon. De toute façon, cette séquence a été aussitôt éclipsée par le tohu-bohu des « affaires ».

Dès le lendemain, de nouvelles fuites relayées par Le Monde et France Info révélaient que l’enquête sur les époux Fillon était élargie à des faits « d’escroquerie aggravée », « de faux et usage de faux ». « Lors d’une perquisition, les enquêteurs auraient saisi des feuilles de calcul d’heures, signées par Penelope Fillon, qui auraient pu servir à justifier ses salaires à posteriori » résume France Bleu. Accusation à laquelle les avocats des Fillon opposent un démenti formel.

« L’exemplarité » de Bruno Le Roux

Mais cette information était elle-même déjà recouverte par l’affaire Bruno Le Roux : l’émission Quotidien de Yann Barthès, diffusée sur la chaîne TMC, avait révélé lundi soir, 20 mars, que le ministre de l’Intérieur, quand il était député PS de Seine-Saint-Denis, avait employé ses deux filles alors qu’elles étaient encore lycéennes (respectivement 15 et 16 ans au début de leur collaboration). « Elles ont cumulé chacune 14 et 10 CDD, effectués pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016, et ce, pour une somme totale d’environ 55 000 euros » précise Le JDD. Tout cela peut être légal (la définition d’assistant parlementaire étant des plus floues) mais l’affaire se complique avec cette précision que «  la fille aînée de Bruno Le Roux a effectué l’un de ses CDD du 10 juin au 9 septembre 2013… période pendant laquelle elle a effectué un stage dans un magasin Yves Rocher à Tournai en Belgique. » Quant à la cadette, elle est supposée avoir travaillé un mois à temps plein alors qu’elle était en période de cours en classe préparatoire. Bref le soupçon d’emplois fictifs est élevé.

« En pleine campagne présidentielle, l’opposition n’a pas tardé à s’emparer de révélations qui font écho à l’affaire Fillon. Plusieurs personnalités politiques ont sommé l’ex-chef de file des socialistes à l’Assemblée nationale de s’expliquer » rapporte Le Monde. L’occasion semblait belle, d’autant qu’au début de l’affaire Fillon, Bruno Le Roux avait dénoncé  « les turpitudes de François Fillon », rappelle François François Ernenwein dans La Croix. Mais la réplique ne s’est pas fait attendre : mardi 21 mars, lendemain de l’émission, le ministre de l’intérieur était convoqué par le premier ministre, Bernard Cazeneuve, tandis que le Parquet national financier se saisissait de l’affaire. Et à 18 heures, Bruno Le Roux annonçait sa démission. 

La démission éclair du très effacé ministre de l’Intérieur a aussitôt été opposée par la gauche et le chef de l’État lui-même au maintien de la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle. « Le Parti socialiste n’a pas manqué l’occasion qui lui était offerte de souligner cette différence d’attitude, relève Europe 1. Mercredi, dans un communiqué, il a demandé “expressément” à François Fillon de retirer sa candidature. “L’exemplarité et la célérité avec lesquelles Bruno Le Roux a présenté sa démission ne font que souligner l’absurdité et la dangerosité avec laquelle vous vous entêtez, sans aucunement vous soucier des effets délétères de votre obstination sur la démocratie ” ». Organisée ou improvisée, l’opération Le Roux a pris l’allure d’une attaque kamikaze contre Fillon.

Macron engrange des ralliements tous azimuts

Au cours du premier débat de la présidentielle, lundi soir sur TF1, Emmanuel Macron s’était singularisé en disant à quinze reprises qu’il était d’accord avec l’un des candidats, observe Le Parisien : « Désireux d’incarner (peut-être trop?) le dépassement des clivages, le candidat d’En marche ! a ainsi distribué des bons points à chacun des autres candidats, de Marine Le Pen, sur l’autisme, à Jean-Luc Mélenchon sur la sécurité, en passant par Benoît Hamon sur les déserts médicaux… et surtout François Fillon, sur l’apprentissage, les institutions, l’économie ou encore le Brexit ! S’il voulait s’adresser aux électeurs de droite déçus par leur candidat, fragilisé par les affaires, il n’aurait pas fait autre chose… »

« On peut mettre toutes ces amabilités sur le compte d’une louable urbanité ou, plus sûrement, considérer que le candidat d’En marche ! met ses pas dans ceux de son ancien et calculateur mentor » pointe Paul-Henri du Limbert dans son éditorial du Figaro. Pour lui, Macron c’est « Hollande taille XL » s’agissant de « l’art du syncrétisme ». Ce n’est pas de bon augure : « La France se trouve dans un état tel qu’elle n’a vraiment pas besoin de demi-mesures, fruit de laborieux compromis au sein de cette majorité improbable qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux »

Ne nous étonnons pas d’assister à des ralliements en cascade dans les rangs du PS et du gouvernement, avertit Denis Tillinac dans un entretien (audio) à Boulevard Voltaire. Si Macron était élu, on aurait « un gouvernement faussement rénové ». De fait, après Barbara Pompili, secrétaire d’État chargé de la biodiversité, après Thierry Braillard, secrétaire d’État aux Sports, après Bernard Poignant, conseiller intime de François Hollande, après Richard Ferrand, député PS du Finistère, c’est un poids lourd du gouvernement, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui annonçait le 23 mars son soutien au candidat d’En Marche !, tout en assurant qu’il restait socialiste. Michel Urvoy dans Ouest-France y voit « le résultat d’une cohérence et d’un positionnement politiques. » Mais, ajoute-t-il, « ce soutien, qui vient après et avant d’autres, n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour Benoît Hamon. Doublé depuis une semaine, dans les sondages, par Jean-Luc Mélenchon, le candidat socialiste connaît une très mauvaise passe. » Dans une Lettre ouverte à Jean-Yves Le Drian, Bernard Poignant et Richard Ferrand que publie Le Télégramme, les Jeunes socialistes du Finistère fustigent « cette décision [qui] foule au pied nos valeurs, notre engagement. Elle insulte les centaines de milliers de citoyens qui se sont déplacés lors des primaires de la gauche et ont exprimé leur désir d’une gauche vivante. »

Tout aussi prévisible que celui de Le Drian, mais venu du centre, « Douste-Blazy annonce son soutien à Macron et égratigne Fillon » souligne Le Point. « Le cofondateur de l’UMP [devenue Les Républicains] estime que le candidat d’En marche ! est porteur d’un “message universel français” » Plutôt qu’il égratigne Fillon, Douste-Blazy l’enfonce sans retenue : « Il n’a pas été à la hauteur des responsabilités qui étaient les siennes. Il est des moments où il faut faire passer son pays et ses idées avant sa propre personne. Cette élection était imperdable. Je ne veux rien ajouter, le ridicule étant atteint depuis trop longtemps ».

Fillon accuse Hollande et son « cabinet noir »

François Fillon continue de faire front. « Non seulement j’ai la force de mener cette campagne, mais je serai au second tour de l’élection présidentielle » a-t-il assuré au terme de son deuxième passage, jeudi 23 mars, dans L’Émission Politique de France 2. Au cours de cette soirée, où lui a été notamment opposée la romancière Christine Angot, particulièrement agressive, François Fillon a mis en cause nommément François Hollande comme étant à la manœuvre pour couler sa candidature avec un « cabinet noir ». Il s’est appuyé sur les bonnes feuilles du livre (à paraître) Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat révélant, a-t-il dit, que « François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l’intéressent à son bureau, ce qui est d’une illégalité totale ». «Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’État n’est jamais aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Moi, ce soir, solennellement, je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’État ». Dans un communiqué transmis à l’AFP, François Hollande « condamne avec la plus grande fermeté les allégations mensongères » de François Fillon, qui apportent « un trouble insupportable » à la campagne présidentielle.

« Malgré la réfutation des propos de François Fillon par Didier Hassoux, l’un des auteurs du livre sur lequel le candidat appuie ses accusations, certains passages de Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat laissent penser que ce genre de cabinet noir existe » admet BFMTV en citant des extraits de ce livre. « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit » écrivent notamment les trois auteurs.

Le bilan sociétal du quinquennat

Avec ou sans « cabinet noir », François Hollande laisse une situation particulièrement sombre en matière sociétale, accuse Alliance Vita dans un document présenté le 23 mars à la presse. C’est un dossier intitulé « Bilan occulté du quinquennat Hollande » qui recense 36 mesures anti-sociétales qui ont fragilisé les repères structurant la société : famille, filiation, conception de la vie, de son commencement à sa fin. En exergue de ce dossier, cette « petite blague » cynique du président de la République faite le 11 mars 2017 à la basilique Saint-Denis, alors qu’il gravait ses initiales sur une pierre, lors d’une cérémonie de lancement de travaux de reconstruction : « Je suis dans un travail de démolition que je mène depuis cinq ans avec obstination… Laissez-moi faire ! ».

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