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Jésus et la Samaritaine : ce que nous dit cette rencontre

Angelica Kauffmann : Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, Munich, Neue Pinakothek © Wikipedia
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Saint Jean est le seul à relater cette rencontre personnelle de deux regards, de deux désirs, de deux soifs.

Nous connaissons l’entretien de Jésus avec la Samaritaine. L’Église nous a proposé ce récit ce dimanche 19 mars pour le 3e dimanche de Carême A. Saint Jean est le seul à relater cette rencontre personnelle de deux regards, de deux désirs, de deux soifs. Le récit se développe en trois étapes : le puits, le mari de la Samaritaine et les croyances des Samaritains. Je m’attarderai au puits et à la soif de Jésus.

Donne-moi à boire

En plein midi, Jésus, fatigué et assoiffé, brave les interdits de l’époque en s’adressant à une Samaritaine qui est venue puiser de l’eau au puits de Jacob. « Donne-moi à boire » (Jean 4, 7). Il a peut-être formulé ce désir profond du cœur à son Père dans ses oraisons de nuit. Il reprendra ce cri sur la croix : « J’ai soif » (Jean 19, 28).

Jésus demande à boire, mais seule la foi de la Samaritaine pourra étancher sa soif. Relisez bien le récit et vous verrez que Jésus ne sera pas altéré physiquement. Sa soif est ailleurs, ce qu’évoque la Préface de la prière eucharistique de ce dimanche : « En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus faisait à cette femme le don de la foi. Il avait un si grand désir d’éveiller la foi dans son cœur, qu’il fit naître en elle l’amour même de Dieu ».

Jésus révèle à la Samaritaine la vérité profonde qui l’habite : sa dignité d’enfant de Dieu. L’amour inconditionnel de Jésus la fait exister aux yeux d’elle-même, des autres et de Dieu. Son regard change; elle se voit comme Jésus la voit. Elle reçoit le « don de Dieu », l’eau vive de la Parole et de l’Esprit qui fait renaître. « Laissant là sa cruche » (Jean 4, 28), elle désaltère Jésus en annonçant aux gens du village son identité profonde de Messie.

Nous étanchons aussi la soif de Jésus quand nous adorons le Père en esprit et en vérité, quand nous pratiquons les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde envers les plus petits. Sainte Teresa de Calcutta affirmait que pour entendre Jésus dire « j’ai soif » dans le cœur des pauvres, il fallait d’abord l’écouter dans le silence de notre cœur.

De la petite Thérèse à Mère Teresa

En écrivant le livre J’ai soif, où je montre les liens qui existent entre Thérèse de Lisieux et Mère Teresa, j’ai découvert à quel point Jésus a soif de nous, de notre amour. Il se cherche des amis qui s’ouvrent aux flots de tendresse qui sont réprimés dans son cœur parce que cet amour n’est pas accueilli comme il le devrait. « L’Amour n’est pas aimé », disait François d’Assise.

Mère Teresa dévoile à notre époque la soif de Jésus pour chacun et chacune de nous. Les paroles « J’ai soif » sont écrites sur le mur de toutes les chapelles des Missionnaires de la Charité. À l’exemple de la Samaritaine, Mère Teresa a étanché la soif de Jésus par sa foi aimante et contagieuse. La religieuse a compris, à la suite de son modèle Thérèse de Lisieux, que Jésus désire aimer et être aimé par nous. La soif d’amour et des âmes explique la vocation et la mission de la sainte de Calcutta.

Le récit de la Samaritaine nous invite à accueillir Jésus qui vient à notre rencontre dans l’exclu, qui veut être désaltéré dans le plus faible, qui désire se donner à nous dans la prière et l’adoration. En éprouvant de l’intérieur la soif que nous avons pour Jésus, nous pouvons mieux saisir la soif que Jésus a pour nous. Une soif infinie, à la mesure sans mesure de son amour miséricordieux.

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier. 

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