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Les Quatre-temps : une belle tradition liturgique à ne pas oublier

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Ces jours particuliers de jeûne constituent une très ancienne tradition de l’Église et sont observés au début de chaque saison.

Dans l’Église catholique romaine, il existe une ancienne tradition liturgique propre à chaque changement de saison et qui consiste en trois jours de jeûne et de prière. En latin, ces jours sont appelés Jejunia quatuor tempora (le jeûne des quatre saisons). Ces journées ont été instaurées dès les débuts de l’Église. Il s’agit des mercredis, vendredis et samedis qui entament chaque saison (printemps, été, automne et hiver). Cette année, les journées des Quatre-temps de printemps étaient fixées au 8, 10 et 11 mars.

Une petite phrase latine permet de se rappeler des occurrences de ces journées :

Sant Crux, Lucia, Cineres, Charismata Dia
Ut sit in angaria quarta sequens feria.

Sainte-Croix, Lucie, Mercredi des Cendres, Pentecôte,
Voici que vont suivre les jours des Quatre-temps.

D’après l’Encyclopédie catholique [en anglais], ces journées ont été instituées afin de « remercier Dieu pour les dons de la nature, pour apprendre aux hommes à en faire usage avec modération, et pour prêter assistance aux personnes dans le besoin ». Historiquement, les anciennes cultures étaient attachées à la terre, et les adeptes des religions païennes avaient coutume d’invoquer les dieux pour qu’ils protègent leurs récoltes. C’était notamment le cas à Rome. De ce fait, quand les premiers chrétiens se mirent à convertir les païens, ils décidèrent de sanctifier ces rituels agricoles afin de permettre aux païens de tourner leurs cœurs vers le seul et vrai Dieu.

La tradition de jeûner quatre fois par an trouve également ses origines dans l’Ancien Testament : « Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, du septième et du dixième mois deviendront pour la maison de Juda allégresse, réjouissance et belles fêtes. Aimez la vérité et la paix ! » (Za 8, 19)

On avait pour habitude d’ordonner les prêtres et les diacres lors de ces jours particuliers, et on demandait aux fidèles d’offrir leur jeûne et leurs prières pour ceux qui allaient être ordonnés.

Plus officiellement dans le calendrier liturgique 

Jusqu’au concile Vatican II, il était demandé aux catholiques de marquer ces jours par le jeûne et l’abstinence, comme pour le mercredi des Cendres et le Vendredi saint (un repas principal et deux repas plus légers, dépourvus de viande le vendredi et pouvant en contenir un peu le mercredi et le samedi). Cependant, la Congrégation pour le culte divin a émis en 1969 les Normes universelles de l’année liturgique et le calendrier, qui donnent aux évêques du lieu l’autorité pour adapter cet usage à leur région.

Aux Rogations et aux Quatre-temps, l’Église a coutume de prier le Seigneur pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes, et de lui rendre grâce publiquement.

Afin que les Rogations et les Quatre-temps puissent être adaptés aux divers besoins des lieux et des fidèles, il incombe aux Conférences des Évêques de régler leur ordonnance pour ce qui concerne le temps et la manière de les célébrer.

Aujourd’hui, les Quatre-temps n’apparaissent plus officiellement dans le calendrier liturgique, mais ils existent encore dans la forme extraordinaire du rite romain ainsi que dans l’ordinariat anglican et sont toujours célébrés. Les prêtres peuvent cependant dire une messe pour des « intentions et circonstances diverses » : le missel romain comprend des messes spécifiques pour « le temps des semailles », « le travail des hommes », « après les récoltes » et « pour demander le beau temps ».

Les Quatre-temps permettent de rendre grâce à Dieu, qui veille inlassablement et providentiellement sur la nature. À une époque où nous essayons de renouer avec la nature, il peut être fructueux de se réapproprier cet ancien usage et de le célébrer à notre manière en signe de gratitude pour le Créateur de toutes choses.

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