Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 29 septembre |
Saints Laurent Ruiz et 15 compagnons
home iconBelles Histoires
line break icon

Un jeune chrétien syrien présentera un court-métrage au festival de Cannes

©Mher Sarkissian

©Mher Sarkissian

©Mher Sarkissian

Jala Kebbe - Publié le 12/03/17

Découvrez l'incroyable parcours de Mher Sarkissian depuis Alep jusqu'à la Riviera.

Mher Sarkissian est un jeune photographe et producteur syrien de 26 ans, né à Alep et d’origine arménienne. Diplômé de Design Graphique, passionné de photographie et production cinématographique, le jeune Aleppin a commencé sa carrière artistique dès sa première année de licence.
Lors du Festival des Jeunes auteurs de courts-métrages en Syrie en 2014, Mher a reçu le prix du meilleur film pour « Peace » (à retrouver au bas de cet article en intégralité) et le prix de la meilleure réalisation pour son film « Le retour ».
Après avoir frôlé la mort deux fois, Mher Sarkissian a fait ses valises pour aller s’installer au Liban. Il présentera son dernier court-métrage « A message from above » lors du prochain festival de Cannes. Aleteia l’a rencontré.

Aleteia : Comment avez-vous vécu la nouvelle de votre participation au Festival de Cannes dans la catégorie court-métrage ?
Mher Sarkissian: C’est une nouvelle très importante pour moi. J’ai enfin la possibilité de transmettre mes idées dans le cadre d’un festival international, le Festival de Cannes par dessus le marché, ce dont je rêve depuis tout petit.

Parlez-nous de votre film, de son histoire.
Le film a commencé par une idée… qui a failli ne jamais aboutir. À plusieurs reprise, je me suis retrouvé à deux doigts d’abandonner ce film vus les problèmes que nous avons rencontrés. Mais j’ai prié et reçu toute la force nécessaire pour continuer de plus belle.
L’histoire est très simple : une petite fille fait sa rentrée à l’école mais elle y arrive plus tard que ses camarades. Installée dans sa nouvelle classe, la maîtresse lui demande de se présenter. La petite raconte alors sa propre histoire et celle de ses parents, qui se sont rencontrés, sont tombés amoureux et avaient décidé de se marier quand la guerre a éclaté. Ils doivent se séparer. Le père de la petite perd la vie. De retour dans la classe, le spectateur remarque que cette petite fille n’existe pas. La guerre a séparé ses parents et personne ne pourra plus continuer son histoire.

Comment avez-vous imaginé ce récit ?
En partant des événements liés à la guerre en Syrie, de mes amis victimes de cette guerre. Nous vivons une période assez difficile, les gens sont devenus des bombes à retardement. Il se détestent. Chacun croit avoir raison, oublie d’aimer, oublie que l’on peut tout faire avec la paix et la foi. Les gens ont besoin de la paix et de l’amour. À chaque attentat terroriste, partout dans le monde, on compte le nombre de victimes, mais jamais combien de générations seront touchées.
À supposer que dix personnes soient mortes lors d’un attentant, où que ce soit dans le monde et pas que dans mon pays, il y a de très fortes chances pour que, parmi ces victimes, figure un ou une futur(e) marié(e), qui aurait pu engendrer un enfant qui aurait peut-être été essentiel à toute l’humanité. Un enfant qui aurait pu être médecin et nous soigner, ou créer un médicament permettant de lutter contre une maladie, changeant ainsi la vie de tous ! Un enfant qui aurait pu devenir ingénieur et bâtir nos maisons, ou bien un scientifique qui bouleverserait notre vie. Alors quand une personne ne meurt pas de mort naturelle, nous faisons du mal à l’humanité et nous faisons du mal à Dieu, car c’est Lui qui devrait décider et non pas les hommes.

D’origines syrienne et arménienne, vous avez vécu la guerre à Alep comme vos ancêtre ont vécu le génocide. Quel fut l’impact de ces deux évènements sur vous ?
J’ai été énormément touché par le témoignage des autres, ceux qui, comme moi, ressentent en eux ce que fut la vie de leurs ancêtres, ceux qui souffrent la même souffrance. Mais nous autres Arméniens, sommes connus pour être paisibles. Nous ne faisons du mal à personne. Nous sommes un peuple qui travaille, là où il se trouve, pour construire et ne jamais détruire.

Comment votre passion pour la photo s’est-elle transformée en réalisation de film de cinéma ?
Je considère la photographie et le design graphique comme deux langues avec lesquelles j’exprime mes idées et mes sentiments, tout comme certains s’expriment avec leur musique ou leurs peintures. Mais il y a des idées que nous ne pouvons pas glisser dans une simple photo ou dans un dessin graphique. Nous avons besoin de plus de temps pour que le message passe. C’est pourquoi je suis passé à la réalisation de films. Puisque l’un de mes rêves est de finir à Hollywood, je vous promets que je continuerai à travailler dur afin d’y parvenir… et de rendre tout le monde fier de mon travail !

Découvrez le court-métrage Peace, lauréat du prix syrien du Court-Métrage :

Tags:
festival de cannes
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Caroline Moulinet
Ce geste tout simple à faire lorsque tout va de travers
2
Dressing Club
Marzena Devoud
Le Dressing Club, la meilleure adresse pour dénicher sa robe de m...
3
184833616
Marzena Devoud
Que dire à un proche en fin de vie ? Sept pistes pour vivre ce te...
4
Cecilia Pigg
Les astuces des grands saints pour bien dormir
5
Anna Ashkova
Prière à saint Côme et saint Damien pour demander une guérison
6
WEB2-AD LIMINA-VISIT-AFP-000_9MK7MX.jpg
Agnès Pinard Legry
Ce qu’a dit le pape François aux évêques français
7
MATTHEW CARAVAGGIO
Abbé Gaëtan de Bodard
Comment le Seigneur veut la première place dans nos vies
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement