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Ce prêtre exceptionnel a été plus puissant que le Ku Klux Klan

© Msgr. Paul Jervis
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Menacé de mort à maintes reprises, il ne se découragea jamais et continua sa mission.

Dans l’Amérique des années 20, l’orphelinat du père Quinn, accueillant des enfants noirs, fut brûlé par le Ku Klux Klan. Le bâtiment fut reconstruit pierre par pierre par ce prêtre exceptionnel inspiré par sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Peu après son ordination en 1912, le père Bernard J. Quinn demande à l’archevêque du diocèse de Brooklyn, Charles Edward McDonnell, la permission d’ouvrir une paroisse pour les personnes d’origine afro-américaine qu’il estime délaissées par l’Église au profit des migrants européens. L’évêque McDonnell refuse sa requête, trop absorbé par le recrutement de prêtres destinés à partir en Europe sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, dans laquelle les États-Unis se sont engagés en 1917.

La rencontre boulversante avec sainte Thérèse de Lisieux

Le père Quinn met provisoirement son idée de côté et décide lui aussi de s’impliquer dans la guerre. Il se porte volontaire et rejoint le front au sein d’un régiment d’infanterie. C’est en France, près d’Alençon, qu’il fait une découverte bouleversante. Il lit Histoire d’une âme, l’autobiographie de sainte Thérèse de Lisieux, qui le bouleverse.

Le père Bernard J. Quinn, qui reste en France après l’armistice pour accompagner les soldats malades ou blessés, profite d’une journée de libre pour visiter Alençon où sainte Thérèse est née et a grandi. Il a même l’occasion d’y célébrer une messe le 2 janvier 1919, le jour anniversaire de sainte Thérèse. C’est pour lui « un véritable honneur. »

Ouverture d’une communauté Afro-Américaine

De retour aux États-Unis, il obtient enfin de la part de l’archevêque l’autorisation d’ouvrir une nouvelle paroisse pour la communauté Afro-Américaine de Brooklyn. Il achète alors une ancienne église protestante. Le 26 février 1922,  il la fait bénir et la consacre à saint Pierre Claver, patron universel des missions auprès des Noirs,.

Quelques années plus tard, en 1930, le prêtre fonde The Little Flower House of Providence, un orphelinat pour les enfants noirs. En parallèle, il organise tous les lundis à la paroisse une neuvaine en l’honneur de sainte Thérèse de Lisieux. Environs 10 000 fidèles y assistent. On raconte que des miracles, aussi bien spirituels que physiques, s’y produisent…

Les menaces de mort du Ku Klux Klan 

Mais le Ku Klux Klan ne tarde par à remarquer les efforts de Quinn au service de la communauté Afro-Américaine. L’orphelinat brûle deux fois dans la même année. Le père Quinn ne se décourage pas : il reconstruit l’orphelinat de ses mains, manipulant ciment et briques. Le père Quinn reçoit des menaces de mort à plusieurs reprises. Il ne se laisse pas impressionner et déclare devant ses paroissiens : « Je serai capable de donner ma dernière goutte de sang pour chacun d’entre vous. »

Mère Katharine Drexel, canonisée par Jean Paul II en 2000, fondatrice d’une congrégation religieuse pour les femmes noires et indiennes, lui apporte un précieux soutien. Le succès de la première paroisse lui permis d’en fonder une deuxième en 1932 dans le quartier du Queens : St. Benedict The Moor Mission.

Le père Quinn meurt d’un cancer de la peau le 7 avril 1940. Des centaines de personnes assistent à son enterrement. Son héritage demeure immense. Son orphelinat abrite encore aujourd’hui le programme public Little Flower Children and Family Services, qui propose de nombreux services aux familles en difficultés dans les quartiers du Queens, de Brooklyn et de Long Island.

Bientôt canonisé ?

Le 24 juin 2010, l’archevêque du diocèse de Brooklyn Nicholas DiMarzio a exprimé la volonté de canoniser père Bernard J. Quinn. Son dossier est en cours d’instruction. Cela n’empêche qu’on peut déjà l’invoquer pour prier pour la fraternité et l’unité des nations.

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