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À quoi sert le Carême ? Est-il vraiment indispensable ?

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Top chrono : 40 jours pour offrir des petits sacrifices à Dieu.

« Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. »

À Fatima en 1917, la Vierge demandait aux enfants : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? ». La Mère de Dieu leur disait plus tard : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

Par ailleurs dans le Rosaire, le 5e mystère douloureux est la mort de Jésus sur la Croix et la grâce demandée est : un plus grand amour de Dieu et la participation à l’oeuvre de la Rédemption. Mais comment participer à l’oeuvre de la Rédemption, comment faire des sacrifices quand on est esclave de son corps ? Saint Paul lui-même se lamentait : « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. » (Romains 7, 19.)

Se séparer de son petit lapin blanc

Le petit lapin blanc est l’image de la petite peluche à laquelle un enfant tient tant, et qui vaut crises de larmes et de nerfs si on la lui confisque, si on l’empêche de l’emporter à l’école, ou si on a le malheur de la mettre à la machine à laver. À l’âge adulte le petit lapin blanc est parfois le café du matin, la cigarette après le déjeuner, la musique dans les oreilles quand on prend le métro, l’ajout de sel à tous les plats, le carré chocolat-orange à 16h00, la grasse matinée le samedi… rien qui en soi ne relève du péché. Et pourtant, à quel point sommes-nous attachés à ces habitudes ? Qui ne dit jamais : « Je ne peux pas sortir de chez moi tant que je n’ai pas bu mon café ! », ou encore : « Impossible de prendre les transports en commun sans la musique à fond dans mes oreilles ! »… Imagine-t-on la Sainte Vierge ou Saint Joseph tenir de pareils propos ?

Un saint n’est « accro » à rien. Un saint, certes, a le droit de dormir le samedi matin, de manger du chocolat, de boire un café au petit-déjeuner. D’ailleurs, saint François de Sales disait que l’excès de jeûne est mauvais s’il tourmente l’âme. Mais si Dieu Lui-même dit qu’il est plus aisé pour un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux, (Matthieu 19, 24) le matérialisme et l’attachement à nos petits lapins blancs y est sûrement pour quelque chose. En effet, « L’esprit est prompt mais la chair est faible » (Matthieu 26, 41). Les apôtres n’auraient-ils pas voulu veiller avec Jésus au jardin des oliviers  sans s’assoupir ? Saint Pierre n’était-il pas accablé d’avoir renié 3 fois le Christ ? N’aimerions-nous pas jeûner plus souvent pour la paix dans le monde, pour le salut des âmes du Purgatoire, pour la guérison d’un proche, pour la conversion de notre ami ou de notre frère athée ? Mais zélés et pleins de bonne volonté que nous sommes, à peine le jeûne commencé, à 15h00 nous courons manger quelque chose nous sentant déjà en hypoglycémie…

Le Carême est l’occasion de nous séparer pendant 40 jours de nos attaches terrestres, de nous libérer des chaînes de la sensualité, de la gourmandise, de l’égoïsme, de la paresse. Dresser son âme, et laisser notre nouvel homme prendre le dessus sur notre vieil homme, est le but ultime du Carême. Apprendre à laisser notre âme gouverner notre vie, et non notre corps. Le problème n’étant pas en soi nos péchés mignons, mais ce qu’ils génèrent. Par exemple la gourmandise : n’arrive-t-il pas qu’elle nous empêche de faire les jeûnes d’obligation ou de résister à une tranche de saucisson le vendredi. Ou encore la paresse : qui n’est jamais tenté de louper la Messe pour dormir encore un peu le dimanche, ou pour rester au chaud à la maison les soirs de semaine ? L’égoïsme : n’a-t-on jamais ignoré sans le vouloir une personne qui nous parlait dans le bus, parce que nous avions les écouteurs dans les oreilles, centrés sur nous-même ? Et la jalousie et l’orgueil : sait-on toujours tenir sa langue et ne pas médire sur nos collègues de travail ou certains membres de notre famille ?

Le Carême est l’entrée au désert avec le Christ, et la purification de notre corps, parce que certains démons, particulièrement ceux de l’orgueil, de l’argent, et de l’impureté, ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne (Matthieu 17, 21). N’est-il pas plus aisé de passer ces 40 jours en compagnie du Christ, plutôt que de faire l’exercice tout seul pendant l’année, sans la merveilleuse récompense de Pâques au bout du chemin ?

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Carême
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