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"La formation des religieux et des prêtres doit s'adapter à notre époque"

© Piotr Tumidajski / KAI

Frère Silencieux, moine - Publié le 02/02/17

À l'occasion de la Journée mondiale des consacrés, fêtée tous les ans le 2 février, Aleteia vous propose de réfléchir à la question de la vocation des jeunes du XXIe siècle.

Deux puissances se partagent le cœur de l’homme : une soif d’aimer et d’être d’aimé qui ne peut trouver d’accomplissement en plénitude par soi-même ; et le péché, refus de l’offre de Dieu qui offre ce don. C’est sur ce terrain que Dieu, en Jésus-Christ, vient à notre rencontre.

La formation des religieux comme celle des prêtres, ou l’éducation familiale et scolaire, traverse une crise profonde, écho d’une crise de société qui exerce des pressions inadmissibles sur les jeunes (théorie du genre, sexualité, absence de toutes contraintes, effacement de la paternité, instrumentalisation de la maternité, perte des références stables, etc.). Pour s’adapter à la « génération smartphone », la formation doit et devra donc de plus en plus tenir compte des conditions dans lesquelles vivent les jeunes. Nous appartenons à une époque et à l’Église. Nous recevons de l’extérieur des influences et, même sans le chercher, nous exerçons une influence autour de nous.

Au point de départ de toute formation, se trouve d’abord une réalité à transmettre, douée d’une valeur authentique ; ensuite des personnes capables de transmettre, ayant une expérience ; enfin d’autres, avides de la recevoir. Pour atteindre son but, la formation doit donc unir deux préoccupations : rejoindre les jeunes qui se présentent tels qu’ils sont et leur permettre progressivement de mener la vie à laquelle Dieu les appelle.

Or, les jeunes du XXIe siècle ont bien des traits différents de ceux qu’avaient, à leur âge, ceux qui les accueillent et qui les forment.  Quels repères donner aux jeunes pour qu’ils répondent à leur vocation et aux religieux déjà engagés pour qu’ils persévèrent ? Comment les accompagner pour assumer silence et solitude, et pour unifier leur personnalité dans ses composantes spirituelle et sensible ? Comment gérer les rapports, aujourd’hui compliqués, avec les familles ? Sexualité, mixité, homosexualité, réseaux sociaux, comment s’y retrouver ?

Des personnes plus fragiles, une société plus agressive

Des relations cordiales qui soutiennent l’union au Seigneur Jésus sont appelées à jouer un rôle déterminant. L’interférence de l’amour théologal, de l’amour fraternel et de l’amour de soi trouve son fondement dans l’Évangile : « Vous êtes mes amis… ».

Aujourd’hui, les personnes sont plus fragiles qu’autrefois, la société plus agressive contre l’enseignement de l’Église. Nous croyons néanmoins – et l’expérience le prouve, partout où l’Évangile est entendu – qu’une communauté vivante, qu’une autorité paternelle ferme et pondérée et que des finalités surnaturelles claires sont capables, avec des relations humaines équilibrées, d’apporter à la génération contemporaine, telle qu’elle est, les instruments dont elle a besoin pour tenir sa place dans l’Église, et l’Église dans le monde. Chacun assume sa vocation, s’efforce de vivre en présence du Seigneur par une prière fréquente, portant le joug de ses limites humaines et de son péché passé ou actuel. La fécondité de cette vie ne fait aucun doute. Mais sa mise en œuvre, sa réalisation ?

Dans les pays occidentaux, la plupart des communautés vieillissent. Le monde change à une vitesse vertigineuse, cela également ne fait aucun doute. « Je crois que les vocations existent, mais il faut savoir comment elles sont proposées et quelles attentions elles reçoivent » a récemment déclaré le pape François. C’est une crise de la formation que nous traversons, plus qu’une crise des vocations, ou qu’une crise de la foi. Or, cette crise ne vient pas d’abord de la culture contemporaine. L’essoufflement des vocations ne vient pas de cette crise de société ou d’une crise dans l’Église. Son origine est avant tout dans une crise de la connaissance de Dieu.

Citons le Pape émérite : « La foi n’est pas un produit de la réflexion, ni même une tentative de pénétrer dans les profondeurs de mon être. Les deux choses peuvent être présentes, mais celles-ci resteront insuffisantes sans l’écoute par laquelle Dieu, de l’extérieur, à partir de l’histoire créée par lui-même, m’interpelle. Afin que je puisse croire, j’ai besoin de témoins qui ont rencontré Dieu et me le rendent accessible. » Et Benoît XVI conclut par une remarque auquel tout moine sera sensible : « On n’est pas chrétien, pour ainsi dire, pour soi-même, mais avec le Christ, pour les autres. […] Il est important pour l’humanité qu’il y ait une vérité en elle, qu’on y croie et qu’elle soit pratiquée. Que l’on souffre pour elle, qu’on l’aime. Ces réalités pénètrent à l’intérieur du monde en tant que tel, et le soutienne. […] Ce que le Seigneur a dit à Abraham devient toujours plus clair et compréhensible, c’est-à-dire que dix justes auraient été suffisants à faire survivre une cité, mais que celle-ci se détruit elle-même si ce petit nombre n’est pas atteint. » (La foi n’est pas une idée mais une vie, Osservatore Romano, version française du jeudi 24 mars 2016)

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vocation
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