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Avortement : et le couple dans tout ça ?

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Quand on évoque l'IVG, seule la femme est généralement mentionnée. Pourtant le lien conjugal en pâtit également...

Dimanche ils seront des milliers en marche pour la vie au départ de la place Denfert Rochereau. Parmi les marcheurs, Marie, thérapeute de couple, qui se désole du tsunami conjugal que provoque la possibilité d’un IVG. « Le couple qui est surpris de l’annonce d’une grossesse se trouve face à un questionnement vertigineux : il a le droit de vie ou de mort sur son enfant et doit choisir, sans réelle information sur les aides pour vivre au mieux une grossesse. Et pourtant en France nous avons tellement d’associations qui aident les jeunes filles en détresse qui voudraient garder leur bébé. De plus le père n’a pas de place dans la loi, il n’a que celle que le femme veut bien lui donner, ou qu’il prend parfois de force, en faisant clairement pression. » Samir, lui, n’a pas pu en parler avec sa compagne, et vient chercher du réconfort sur un forum : « J’ai dit à Alma que je n’étais pas prêt à être père, et 4 jours après elle avait avorté, sans m’en parler. Aujourd’hui elle ne me parle même plus au téléphone, je regrette et je l’aime toujours, que faire ? »

Accueillir sans jugement les émotions de son conjoint demande beaucoup d’amour 

Jules va bien, merci. Le test de diagnostic de trisomie qu’a accepté sa mère il y a quelques années a été négatif. Et son impact tragique. Un chromosome surnuméraire hypothétique, un choix impossible à faire sans déchirement qui a fêlé irrémédiablement l’entente de ses parents. Jeunes trentenaires, ils sont mariés depuis quelques années et attendent leur premier enfant. Lucie accepte la proposition de son gynécologue de faire un dépistage de trisomie, une simple piqûre. Que faire si on leur annonce que leur bébé est porteur d’un handicap ? Ils ont passé des nuits d’insomnie pour se parler en attendant les résultats, des heures à avoir peur, à pleurer dans les bras l’un de l’autre, à ne pas se comprendre. Pour la jeune femme, au-delà de l’immense inquiétude, il y avait le désir de poursuivre sa grossesse. Pour son mari ce n’était pas possible, il ne s’en sentait pas capable. Il était submergé par la peur de l’avenir, de ne pas savoir faire face, comme envahi par des émotions de rejet qu’il n’arrivait pas à contrôler. À qui se confier ? Que c’est difficile, quand soi-même on est bouleversé, d’accueillir sans jugement les émotions de l’autre ! Et pourtant, seule la parole qui libère aurait pu permettre de mieux comprendre ce que vivait cet homme, et de l’accompagner, de le rassurer. Une fêlure mal ressoudée, un couple de plus qui se sépare, banale victime collatérale.

« Toute annonce de grossesse provoque un mélange d’émotions. Et ce temps devrait se vivre sans pressions, avec l’aide d’un tiers bienveillant pour que le père et la mère puissent s’accueillir l’un l’autre dans leurs réactions différentes » explique Marie, qui a déjà accompagné un couple se questionnant en début de grossesse. Ils en sont ressortis « apaisés, ayant juste eu besoin de cette heure pour communiquer en vérité dans un cadre sécurisant ».

« Je suis enceinte », un guide pour connaître toutes les aides

Léa, 19 ans, et Yvon, 18 ans, ont passé des heures à se disputer sur les mérites respectifs de la nourriture « vegan » ou de la côte de bœuf, et ils étaient persuadés de tout savoir l’un de l’autre : jamais ils n’auraient pensé à évoquer leur position sur l’accueil de la vie. Quand Léa, en deuxième année d’études, a eu un retard de règles, ça a été le désastre : comment faire un choix serein en plein mélange d’émotions, bouleversement hormonal ? Comment se former, s’informer quand tout est si soudain et imprévu ? N’osant pas affronter ses parents elle s’est confiée à une amie qui lui a procuré le guide Je suis enceinte, un site créé par l’association Alliance Vita. Elle y a trouvé tous les dispositifs d’aide (hébergements, bourses, aide contre le décrochage scolaire, etc.) dont elle avait besoin pour être rassurée et en parler plus sereinement à sa famille. Sa fille a aujourd’hui 6 ans. Le papa et elle ont choisi de ne pas fonder de foyer, ayant discerné qu’ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre, mais ils ont su se soutenir pour prendre la décision la plus importante de leur vie, celle de permettre à leur petite fille de voir le jour. Pour une Léa, Combien de jeunes femmes savent-elles qu’elles auraient pu mener à terme leur grossesse, trouver le soutien auquel elles ont un droit légitime ?

Où, seule ou en couple, trouver de l’aide pour apaiser une culpabilité ou un conflit après un avortement ? Les femmes peinent à trouver des lieux ou se confier puisque le discours ambiant voudrait nier la souffrance post-IVG. Son compagnon a poussé Carla à avorter il y a dix ans. Elle ne lui a toujours pas pardonné, mais ils sont encore ensemble. Ce qui apaise peu à peu sa douleur, c’est l’écoute qu’elle a reçu à l’association SOS bébé, et qui peu à peu l’aide à se reconstruire, avant d’envisager une nouvelle maternité.

« Accueillir notre enfant avec beaucoup de sérénité et de joie »

Kate a découvert à bientôt 41 ans qu’elle était enceinte… d’un sixième enfant.

Son couple est sorti encore plus soudé d’avoir eu à refuser une IVG. Leur secret ? Ils expliquent que l’avortement, bien que conseillé de manière insistante, aurait pu les mettre en déroute s’ils n’avaient pas été « en phase » tous les deux. Un récit à leur image : confiant en la vie et chaleureux comme leur appartement plein de rires où nous les avons rencontrés.

Kate et Xavier
Kate et Xavier
Kate et Xavier

Kate raconte leur histoire : « Dès la première échographie, à deux mois et demi de grossesse, le risque de trisomie est évoqué. Nous informons notre médecin que notre décision de garder notre enfant était prise mais que nous désirions être fixés de façon certaine sur le diagnostic et voulons faire une amiosynthèse. (…) Quelques semaines plus tard, je me rends seule au rendez-vous, mon mari étant en déplacement professionnel, et les résultats sont là. Nous attendons un petit garçon porteur de trisomie 21. Je reste étonnamment très calme : ce diagnostic ferme confirme mes inquiétudes et je suis soulagée finalement d’avoir une certitude… l’incertitude étant beaucoup plus stressante et déstabilisante. Je suis à quatre mois et demi de grossesse et mon bébé bouge. En m’annonçant les résultats le médecin me dit qu’il est dans ce cas un farouche défenseur de l’interruption de grossesse et que l’intervention pouvait se faire au plus vite. Je lui redis que notre décision était prise avec une sérénité qui m’étonne encore ».

Selon Kate et son mari, Xavier, ce sont une bonne préparation et la solidité de leur relation qui les ont aidés à traverser cette épreuve.

Xavier et Côme
Xavier et Côme
Xavier et Côme

« Pour notre couple, c’est la double surprise qui a été un mini-tsunami dans notre vie et il a fallu 9 mois pour “encaisser” la nouvelle (à des rythmes différents, avec des réactions différentes et dans un sens il y en avait toujours un pour rattraper l’autre !) ce qui nous a permis d’accueillir Côme avec beaucoup de sérénité et de joie au bout de 9 mois. Fort heureusement la décision de garder notre enfant était une évidence et ne nous a pas séparée. »

Kate et Côme
Kate et Côme
Kate et Côme

Merci à Kate, Léa et tant d’autres de nous rappeler que l’avortement n’est pas un sujet de débat dogmatique, ni un prétexte de jugement, mais l’occasion de nous mettre face à notre responsabilité : que fais-je pour avoir une vie amoureuse responsable et accueillir la vie ?

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