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Le peuple palestinien pleure son « père-militant », Mgr Hilarion Capucci

©FAYEZ NURELDINE / AFP
Palestinian Archbishop Hilarion Capucci, with both Algerian (R) and Palestinian (L) flags on his outfit, smiles during an international Arab conference in support of Palestinian prisoners in Israeli jails on December 5, 2010 in Algiers. The conference, organized by the Algerian National Liberation Front (FLN) will address, through thematic sessions, the various aspects of Palestinian prisoners' situation in Israeli penitentiaries. AFP PHOTO/FAYEZ NURELDINE / AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE
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Les obsèques au Liban de l'ancien archevêque grec-catholique de Césarée et vicaire patriarcal de Jérusalem ont eu lieu sous une pluie d’hommages.

Il était un grand ami du peuple palestinien qui pleure aujourd’hui son décès, après plus de quarante ans de soutien inconditionnel à sa cause, qui lui vaudront une réputation de « héraut » dans une grande partie du monde arabe, comme l’attestent des timbres frappés à son effigie par la Syrie, la Lybie, l’Irak, l’Egypte, le Koweït et le Soudan. L’ancien archevêque grec-catholique de Césarée et vicaire patriarcal de Jérusalem, Mgr Hilarion Capucci, est mort en exil à Rome, le 1er janvier dernier, à l’âge de 94 ans.

Connu pour son patriotisme et son militantisme pro-palestinienne, Mgr Capucci a été arrêté par l’armée israélienne, dans les années 70, pour possession d’armes destinées à l’OLP. Condamné à douze ans de prison, il n’en fera que quatre, grâce à l’intervention du Vatican. Ses obsèques ont été célébrées lundi 9 janvier, à 11h30, en l’église Notre-Dame de l’Annonciation, à Raboué, au Liban.

D’Alep à Jérusalem

Né à Alep, en Syrie, le 2 mars 1922, Mgr Capucci était membre de l’Église catholique syrienne. Son expulsion de Palestine remonte à 1978, l’année de sa sortie de prison où il a passé quatre ans de sa vie, après une condamnation pour « contacts avec un agent étranger portant atteinte à la sécurité de l’État, transport et détention d’armes sous le couvert de l’immunité diplomatique », et autres charges portées contre lui au moment de son arrestation, en 1974. Mais son exil et ces accusations n’ont pas arrêté l’ancien évêque, que tout le monde appelle désormais « le père-militant ». Malgré son engagement de cesser toute activité politique, celui-ci multiplia ses actions en faveur du peuple palestinien, comme en 2009 et 2010, où il participa au transport d’aides humanitaires et autres matériels qui leur étaient destinés. La presse internationale se souvient de l’expédition de la « flottille Free Gaza » : l’un des bateaux du convoi fut attaqué par l’armée israélienne, faisant neuf morts et 28 blessés.

Hommages massifs

Selon un compte-rendu du quotidien libanais, L’Orient Le Jour, la dépouille de Mgr Capucci a eu droit à un accueil officiel. Dans le salon d’honneur, autour du patriarche Grégoire III, les autorités civiles libanaises dont le ministre d’État Pierre Raffoul, représentant le chef de l’État et le Premier ministre, le député Hani Kobeïssi, représentant le président de la Chambre, ainsi que les ambassadeurs de Palestine, de Syrie et d’Iran, lui ont rendu « un grand hommage ». Hommage à un homme qui représentait pour elles « un symbole vivant » de l’esprit de résistance du peuple palestinien et de son aspiration à la justice.

Dans ses condoléances, le président palestinien Mahmoud Abbas a salué un grand « combattant de la liberté, connu pour ses positions patriotiques et sa défense des droits du peuple palestinien ».

Le patriarche grec-melkite catholique d’Antioche, qui avait succédé à Mgr Capucci à Jérusalem après son emprisonnement, lui a également rendu hommage, le décrivant comme un « héraut » de la cause palestinienne. Pour le Hezbollah, sa disparition « est une grande perte pour les chrétiens comme pour les musulmans ».

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